Les pas ne conduisent pas seulement vers le but ; chaque pas est un but.
Le bonheur n'est pas quelque chose que l'on poursuit, mais quelque chose que l'on a. Hors de cette possession il n'est qu'un mot.
Quelle chose merveilleuse serait la société des hommes, si chacun mettait de son bois au feu, au lieu de pleurnicher sur des cendres !
L'histoire est un grand présent, et pas seulement un passé.
On dit que les nouvelles générations sont difficiles à gouverner. Je l'espère bien.
À s'informer de tout, on ne sait jamais rien.
Une idée est fausse dès l'instant où l'on s'en contente.
La vraie méthode pour former la notion de philosophie, c'est de penser qu'il y eut des philosophes.
Chacun pense suivant la nature du siège sur lequel il est assis.
Les métiers sans ennuis sont les métiers qu'on ne fait pas.
Ce qui est difficile, c'est de n'être jamais dupe, et cependant de tout croire de l'homme.
La force des méchants, c'est qu'ils se croient bons, et victimes des caprices d'autrui.
Idéal : modèle qu'on se compose, en vue de l'admirer et de l'imiter. L'idéal est toujours nettoyé d'un peu de réalité qui ferait tache.
Un homme cultivé ressemble à une boîte à musique. Il a deux ou trois petites chansons dans le ventre.
Il n'y a guère que le sublime qui puisse nous aider dans l'ordinaire de la vie.
L'oisiveté est mère de tous les vices, mais de toutes les vertus aussi.
La mort est une maladie de l'imagination.
Une preuve de la liberté tuerait la liberté.
Tous les maux humains, sans excepter la guerre, viennent de ce que l'on croit trop vite et avec bonheur.
L'homme qui se sent réellement puissant ne veut rien devoir au costume ; il prétend être reconnu sans les insignes, et être acclamé tout nu.
Un fou qui dit par hasard le vrai n'a pas la vérité.
Le symbole est au sentiment ce que l'allégorie est à la pensée.
Penser, c'est dire "non".
La bonne humeur a quelque chose de généreux : elle donne plutôt qu'elle ne reçoit.
Savoir, et ne point faire usage de ce que l'on sait, c'est pire qu'ignorer.
Si la justice se présentait toujours sous l'apparence du courage, il y aurait plus de justice.
Il faut croire d'abord. Il faut croire avant toute preuve, car il n'y a point de preuve pour qui ne croit rien.
La grâce est un bonheur d'expression et de mouvement qui n'inquiète et ne blesse personne.
Il n'est pas difficile d'être malheureux ou mécontent ; il suffit de s'asseoir, comme fait un prince qui attend qu'on l'amuse.
Le théâtre est comme la messe ; pour en bien sentir les effets il faut y revenir souvent.
La fonction de penser ne se délègue pas.
Le courage nourrit les guerres, mais c'est la peur qui les fait naître.
Les plaisirs de l'amour font oublier l'amour du plaisir.
Un avare volé se plaint d'être volé ; il ne se plaint pas d'être avare.
Tout pouvoir pense continuellement à se conserver à s'affirmer, à s'étendre et que cette passion de gouverner est sans doute la source de tous les maux humains.
Le souvenir commence avec la cicatrice.
Si on ne suppose pas que les hommes ont tous la même intelligence, et l'ont toute, il n'y a plus ni vérité ni erreur.
Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme de volonté.
Il faut savoir que le pouvoir change profondément celui qui l'exerce... la raison en est dans les nécessités du commandement, qui sont inflexibles.
Vertu. C'est la puissance de vouloir et d'agir contre ce qui plaît ou déplaît.
Si l'esprit est libre, et si Dieu est esprit, il s'offre une grâce et un secours, qui n'est pas autre chose que la liberté même.
Dans la religion, tout est vrai, excepté le sermon ; tout est bon, excepté le prêtre.
C'est presque tout que de savoir lire.
J'aime mieux une pensée fausse qu'une routine vraie.
Il faut être heureux et y mettre du sien. Si l'on reste dans la position du spectateur impartial, laissant seulement entrée au bonheur et portes ouvertes, c'est la tristesse qui entrera.
C'est un grand art quelquefois de vouloir ce que l'on est assuré de désirer.
Le bonheur est une récompense qui vient à ceux qui ne l'ont pas cherchée.
Le mariage, depuis le moment où il est conclu et scellé, est une chose à faire, non une chose faite.
Ce qui console d'un travail difficile, c'est qu'il est "difficile".
Faire plaisir, n'est-ce pas être menteur, flatteur, courtisan ?