Sous l'orage, faut-il se soucier de son fardeau quand on en porte un, ou de celui de son compagnon ?
Si, au point du jour, l'écureuil se met à crier partout que le caïman, parce qu'il avait mal aux yeux, a passé une nuit blanche, qui faut-il interroger ? L'iguane, car il vit sur terre et dans l'eau !
Après avoir têté sa mère, un homme doit têter l'oreille de sa femme : il ne doit jamais prendre de décision sans la consulter.
On peut terrasser son ennemi et le battre, mais il faut se garder de poser son pied sur sa poitrine pendant qu'il est à terre et fumer sa pipe.
La connaissance n'est pas réservée aux seuls vieillards : un enfant qui sait interroger peut l'acquérir.
La parole est comme un fil, il ne faut pas la couper par des propos sans intérêt.
L'homme qui ne peut s'empêcher de dire la vérité doit toujours avoir à sa portée un bon coursier pour s'en aller au loin après avoir parlé.
Retourne l'honneur à celui qui veut t'en vêtir, car il n'appartient à personne en bien propre. Seul l'insensé le désire pour lui-seul.
Le beurre ne peut venir au secours de la cire quand ils sont tous deux sur le feu.
Raisonner un homme amoureux est aussi vain qu'essayer d'atteindre le soleil au moyen d'un lance-pierres.
Etre grand, c'est revenir sur ses erreurs.
Si celui dont l'autorité est incontestée, dit "igname" personne n'osera répondre "manioc", à moins qu'il n'aille faire cuire son manioc ailleurs.
Toi qui souffres, ne mets pas fin à tes jours pour échapper à la misère. Pourquoi se tuer pour avoir souffert ? Sait-on jamais ce qui succède au malheur ?
La colère, même juste, déforme les choses et il ne faut rien aborder avec un gros coeur, un coeur déraisonnablement irrigué.
Quand Dieu veut se détourner définitivement d'un serpent, il le prive de la vue.
Quand le vent souffle, chacun se soucie de la charge qu'il porte.
Dieu est transcendant et immatériel, on ne peut le réaliser sinon en esprit. Or, les esprits des hommes diffèrent et chaque homme conçoit Dieu selon ses facultés, à sa manière, à son image.
La dette est une corde qui sépare le veau de sa mère.
Celui qui a peur du pubis caresse le nombril.
Si le poisson est dans la nasse, le menu fretin s'en est échappé.
On calomnie la mort tandis que la vieillesse suffit pour disqualifier un homme.
Parole, qu'est-ce-qui te rend belle ? La façon de me dire. Parole, qu'est-ce-qui te rend laide ? La façon de me dire.
On n'a jamais vu une chèvre mordre un chien.
Ton chien est méchant ? Garde-le ainsi ! Si tu le tuais, celui d'un autre te mordrait.
L'hyène et le chien sont de mauvais compagnons de route.
Tant que Dieu résidera dans le septième ciel, le charognard ne mangera jamais de l'herbe.
S'instruire, c'est jeter de l'argent et le récupérer plus tard.
On se demande, si en matière de bonté, le Diable n'est pas plus généreux que le bon Dieu.
Il ne faut pas lâcher le poisson que l'on a dans la main pour capturer celui qui nous chatouille l'oeil.
L'amoureux sur le chemin qui conduit à la case de la femme aimée n'entend pas le grondement du tonnerre.
L'ancien doit-il s'effacer et donner du champ au nouveau ? Le nouveau se nourrit de l'ancien comme l'enfant du sein de sa mère.
On juge quelqu'un par le bruit de ses pas : seul résonne le pas de celui qui est suivi.
La pintade étale ses coloris sur son plumage et l'homme garde les siens dans son coeur.
L'anus ne sait pas ce qui se passe en haut.
La bouche prononce des mots, et ce sont les mains qui leur donnent tout le poids de l'émotion et de la vérité.
Pour bien s'entendre, il faut avoir les mêmes défauts et des qualités différentes.
La joie partagée grandit.
Tous les chiens mangent de la crotte et l'on ne chasse que celui qui s'en met sur le museau.
On suit l'éléphant dans la brousse pour ne pas être mouillé par la rosée.
Evitez de vous laisser trop aller aux soupçons. Il est des soupçons qui sont de vrais péchés.
Quand on va à la chasse aux lions, on ne convie que les vrais hommes.
Rien n'est plus durable que la vie car le présent n'a jamais épuisé l'avenir.
Une femme seule est toujours une femme qui appelle un homme.
La parole, c'est comme un festin et quand un festin est servi, chacun doit y prendre sa part.
Vus de face, le lièvre et l'âne se ressemblent, cependant ils n'ont aucun lien de parenté.
Doit-on, en bonne justice, en vouloir à l'endroit qui nous a reçu dans notre chute ou bien à la souche contre laquelle nous avons butté ?
Le chien qui n'a plus de crocs se contente de lécher l'os qu'on lui jette.
On a beau détester la hyène, il faut reconnaître qu'elle court vite.
Un mets bien assaisonné, c'est comme une belle femme. C'est un contentement pour tout le corps.
On ne peut traverser à gué un fleuve aux courants dangereux. Mais il est toujours possible d'y puiser pour étancher la soif.