Réplique American History X sur Travail, Liberté et Gens

Bon écoutez, il faut regarder la réalité en face : y'a plus de deux millions d'immigrés clandestins qui dorment peinard dans cet état ce soir. Cet état a dépensé trois milliards de dollars l'année dernière sur les fonds publiques pour ces gens qui n'ont absolument aucun droit d'être dans ce pays. Trois milliards de dollars ! Au moins 400 millions de dollars rien que pour foutre en prison toute une flopée d'immigrés, de criminels ! Qui sont seulement entrés dans ce pays parce que ces enfoirés de l'immigration ont décidé que c'était pas la peine de se fatiguer à filtrer tous les condamnés qui allaient en taule ! Tout le monde s'en fout, notre gouvernement n'en a rien à secouer... Notre politique des frontières c'est du flan... Et y'en a qui s'étonnent qu'au sud de la frontière ils continuent à se foutre de nous ? Qu'y se foutent de nos lois ! Chaque nuit c'est par milliers que ces parasites sont en train de pulluler à la frontière comme si on avait shooté dans une fourmilière ! [rires] Y'a pas de quoi rire ! C'est pas drôle ce qui est en train de se jouer ici ! J'vous parle de votre avenir et du mien ! Je vous parle d'honnêtes, d'authentiques travailleurs américains qui ne trouvent aucun travail et qui sont à la dérive parce que le gouvernement se préoccupe d'avantage des droits constitutionnels d'un ramassis d'individus même pas citoyens de ce pays ! Sur la statue de la liberté on lit « à moi les réprouvés, les affamés, les pauvres » Mais c'est les américains qui sont réprouvés, affamés et pauvres ! Et je dis tant que tout ça n'est pas réglé, il faut leur fermer le robinet ! Parce que c'est nous les perdants ! On perd notre droit à accomplir notre destinée... C'est notre liberté qu'on perd ! Pour qu'une bande d'enfoirés d'étrangers viennent parasiter et exploiter notre pays ! Et ce n'est pas quelque chose qui est en train de se passer loin d'ici nan ! C'est pas en train de se passer dans un endroit où nous ne pouvons rien ! Ça se passe chez nous ici ! En plein dans notre quartier juste dans le bâtiment derrière vous ! Archie Miller tenait cette épicerie quand on était encore gosses. Dave y a travaillé, Mike y a travaillé. Il a coulé et un enfoiré de coréen a tout racheté et il a viré tous nos gars ! Et il a fait un carton parce qu'il a engagé quarante enfoirés d'immigrés clandestins ! Chaque jour on s'enfonce un peu plus dans la merde et personne ne fait rien pour empêcher ça et ça commence sérieusement à me gonfler ! Alors regardez autour de vous... C'est plus notre quartier c'est un champs de bataille ! On est au coeur d'un champ de bataille ce soir ! Décidez-vous ! Vous allez rester à glander sur la ligne de touche ? Sagement à attendre en regardant notre patrie se faire violer ? Est-ce qu'on va relever le défi et se décider à agir ? Alors en avant c'est parti !

Explications

Sens littéral de la réplique

  • Le discours est une diatribe véhémente contre l'immigration clandestine aux États-Unis, présentée comme une menace immédiate et coûteuse pour l'État et ses citoyens.
  • Derek Vinyard, le personnage, affirme que plus de deux millions d'immigrés clandestins résident dans l'État, coûtant des milliards de dollars en fonds publics (trois milliards l'année dernière, dont 400 millions pour les incarcérer) et prenant le travail des "authentiques travailleurs américains".
  • Il dénonce un laxisme des autorités ("ces enfoirés de l'immigration") qui laisserait entrer des criminels, et critique une politique des frontières qu'il qualifie de "flan".
  • Il localise le problème en citant l'exemple d'une épicerie de quartier rachetée par un "enfoiré de coréen" qui aurait viré les employés locaux pour engager des immigrés clandestins.
  • L'orateur appelle à une mobilisation immédiate pour reprendre le contrôle de leur quartier et de leur "patrie", transformée en "champ de bataille".

Sens symbolique ou profond

  • Ce discours symbolise l'idéologie de la haine et du ressentiment qui alimente l'extrémisme de droite et le suprémacisme blanc.
  • L'immigré n'est plus un individu mais un "parasite", une "flopée", un "ramassis d'individus" qui "pululent", utilisant une rhétorique de déshumanisation pour justifier l'hostilité et l'exclusion.
  • La "patrie" est présentée comme étant "violée" et la liberté des citoyens est en train d'être perdue, mobilisant des thèmes de victimisation et de défense territoriale chez les auditeurs.
  • La référence détournée à la Statue de la Liberté ("à moi les réprouvés, les affamés, les pauvres") est un symbole fort de l'inversion des valeurs : selon Derek, ce sont désormais les Américains blancs qui sont les véritables démunis, tandis que les immigrés profitent du système.
  • L'exemple de l'épicerie du quartier est une métaphore de la "prise de contrôle" et du remplacement culturel/économique ressenti au niveau local par ces communautés.

Interprétations possibles

  • Propagande nationaliste et xénophobe : Le discours peut être interprété comme un modèle de la manière dont la peur économique et le sentiment de dépossession sont exploités pour canaliser la frustration vers un bouc émissaire (l'immigré).
  • Critique sociale : Une autre lecture (bien que non intentionnelle par le personnage) pourrait y voir une critique indirecte de l'échec du système à soutenir les travailleurs nationaux, permettant à l'extrémisme de s'épanouir en proposant des solutions simplistes et violentes.
  • Analyse de la rhétorique populiste : Le discours utilise des techniques rhétoriques efficaces du populisme : chiffres alarmistes et souvent non vérifiés, langage familier et agressif, personnalisation du problème ("Archie Miller tenait cette épicerie"), et un appel direct à l'action.

Usage ou référence dans la vie quotidienne

  • Heureusement, la réplique n'est pas utilisée positivement ou comme une référence positive compte tenu de sa violence et de son caractère raciste.
  • Elle est citée le plus souvent dans le cadre d'analyses cinématographiques, d'études sur le cinéma engagé ou le suprémacisme blanc.
  • Elle peut être référencée pour illustrer un exemple de discours de haine ou pour analyser la performance de l'acteur Edward Norton.

Morale ou idée à retenir

  • La principale idée à retenir n'est pas le message du personnage, mais l'impact dévastateur de la haine et de l'idéologie extrémiste.
  • Le discours montre comment la frustration économique et le sentiment d'injustice peuvent être manipulés pour aboutir à la violence et au racisme.
  • La "morale" du film dans son ensemble est la possibilité de la rédemption et le danger du cycle de la haine, dont ce discours est le paroxysme.

Origine de la réplique

  • La réplique est tirée du film américain American History X (1998), réalisé par Tony Kaye et écrit par David McKenna.
  • Elle est prononcée par le personnage principal, Derek Vinyard, interprété par Edward Norton.

Contexte de la scène

  • Ce discours est prononcé par Derek Vinyard lors d'un rassemblement de suprémacistes blancs dans un quartier résidentiel de Venice Beach, Los Angeles.
  • La scène se déroule au début du film (dans la période avant l'incarcération de Derek), alors qu'il est le leader charismatique de son gang néonazi local.
  • Le discours vise à galvaniser ses partisans et les habitants du quartier pour affirmer leur domination et leur colère contre les minorités et les immigrés.
  • La tension est palpable, préparant l'escalade de la violence qui mènera Derek en prison.

Lien avec le personnage

  • La réplique est fondamentale pour comprendre la nature du personnage de Derek Vinyard à ce stade de sa vie.
  • Elle démontre son intelligence et son charisme, utilisés pour articuler de manière percutante et passionnée une idéologie haineuse, ce qui en fait un leader efficace et dangereux.
  • Elle est l'expression directe de la rage et du ressentiment qu'il a hérités en partie de son père et qui ont été amplifiés par l'influence du gourou néonazi Cameron Alexander.
  • Ce discours est l'apogée de sa chute idéologique avant la longue période de réflexion et de rédemption qu'il vivra en prison.

Lien avec le thème du film

  • Le thème central d'American History X est le racisme, la haine, la violence, et la possibilité de la rédemption.
  • Ce discours incarne le point de départ de cette exploration : la violence raciale dans les communautés blanches de la classe ouvrière, le recrutement par l'extrémisme, et la transformation d'une frustration sociale en idéologie de haine.
  • Le film cherche à montrer non seulement l'horreur du néonazisme, mais aussi comment il se construit. La réplique fournit la "raison" et la "justification" derrière les actions futures du groupe.

Impact émotionnel ou culturel

  • Le discours est célèbre pour son intensité émotionnelle brute et la performance terrifiante d'Edward Norton, qui a valu à l'acteur une nomination à l'Oscar.
  • Il a un impact perturbant car il met l'auditeur face à la rhétorique du fanatisme, forçant à confronter la manière dont les arguments de haine peuvent être construits pour être persuasifs.
  • Culturellement, la scène est devenue une référence majeure dans l'étude de la propagande d'extrême-droite et est souvent utilisée pour illustrer la manière dont les films peuvent dépeindre sans complaisance les idéologies toxiques.

Autres citations

Louis Aragon
Artiste, écrivain, Poète, Romancier (1897 - 1982)
Yann Moix
Artiste, Cinéaste, écrivain (1968 - )
Robert Sabatier
Artiste, écrivain, Poète (1923 - 2012)
Victor Hugo
Artiste, écrivain, Poète, Romancier (1802 - 1885)
Amos Oz
Artiste, écrivain, Enseignant, Essayiste, Nouvelliste, Poète, Professeur de littérature, Romancier (1939 - 2018)

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