Dans ce pays, il faut d'abord faire le fric ; et quand tu as le pognon, tu as le pouvoir ; et quand tu as le pouvoir, tu as toute les bonnes femmes.
Cette célèbre tirade de Tony Montana est une déclaration brute et directe sur sa vision du succès aux États-Unis, le pays qu'il appelle, dans le film, le pays de l'opportunité. Elle expose une séquence de priorités : il faut d'abord et avant tout obtenir l'argent (le fric, le pognon). Une fois cette richesse acquise, elle confère automatiquement le pouvoir. Et enfin, le pouvoir permet d'obtenir tout ce qui est désiré, symbolisé ici par "toutes les bonnes femmes". C'est une formule simple, cynique, et sans détour du triomphe matériel.
Symboliquement, cette phrase va bien au-delà d'une simple énumération de biens. Elle est l'incarnation du rêve américain perverti. L'argent n'est pas vu comme une récompense du travail, mais comme l'unique clé ouvrant toutes les portes, y compris celle du pouvoir et de la satisfaction des désirs les plus primaires. Elle exprime la conviction que, dans la société matérialiste dépeinte, l'être est subordonné à l'avoir, et que la richesse est la source ultime de l'autorité et du prestige social.
Dans la vie courante, cette réplique est souvent citée pour illustrer, de manière ironique ou sérieuse, l'attrait et la corruption du pouvoir et de la richesse. Elle est particulièrement populaire dans :
La "morale" de cette réplique, dans le contexte du film, est paradoxale. Bien qu'elle décrive une voie vers le succès, le destin tragique de Tony Montana suggère que cette philosophie mène inéluctablement à la destruction. L'idée à retenir est que l'accumulation de l'argent et du pouvoir par tous les moyens engendre une avidité et une aliénation qui finissent par vous isoler et vous consumer. C'est une mise en garde contre l'excès et la confusion entre le succès matériel et le bonheur véritable.
La réplique est prononcée par le personnage d'Antonio "Tony" Montana, interprété par l'acteur Al Pacino, dans le film Scarface, sorti en 1983 et réalisé par Brian De Palma. Le scénario a été écrit par Oliver Stone. Il est important de noter que Scarface est un remake d'un film de 1932, mais cette version de 1983 est celle qui a popularisé cette citation, devenue emblématique.
Tony Montana prononce ces mots lors d'une scène mémorable où il est en train de déjeuner dans un restaurant chic de Miami, après avoir commencé son ascension. Il les adresse à Manny Ray, son ami et partenaire. La scène est cruciale car elle énonce le crédo et l'ambition démesurée de Tony devant le monde, montrant qu'il ne se contentera pas d'un succès modeste mais vise le sommet absolu, sans se soucier des moyens.
Cette phrase est la synthèse parfaite de la mentalité de Tony Montana. Il est un réfugié cubain (un Marielito) arrivé aux États-Unis avec rien et qui voit ce nouveau pays uniquement sous l'angle de la conquête matérielle. La réplique illustre son amoralité, son ambition illimitée, et sa croyance que le seul langage universel est celui de l'argent et de la force. C'est le mantra d'un parvenu qui cherche à valider son existence par l'accumulation de signes extérieurs de richesse et de puissance.
Le thème principal de Scarface est l'ascension et la chute (rise and fall) d'un baron de la drogue. Cette réplique capture le moment de l'ascension, la période où tout semble possible. Elle est intimement liée aux thèmes du film :
L'impact de cette citation est immense. Émotionnellement, elle est souvent perçue comme un cri de rébellion ou une affirmation de la volonté de puissance. Culturellement, elle est devenue un symbole culte :
Tant que le pouvoir centralisé, obsédé de lui-même, sécrétera des contre-pouvoirs, qui ne peuvent l'équilibrer, mais réussissent à l'entraver ; tant que n'aura pas été allégée la responsabilité qui pèse sur le pouvoir central, bouc émissaire unique - l'art de [...] â–º Lire la suite