La réplique utilise une image filée, celle du train et du rail, pour exprimer un sentiment. Littéralement, elle signifie que les injures (les insultes, les propos blessants) que vous recevez sont comparées à un train en mouvement. Ce train circule sur le rail de l'indifférence de la personne qui reçoit ces injures. En d'autres termes, les insultes, bien que lancées avec force, n'ont absolument aucun impact sur la personne visée ; elles glissent sans l'atteindre.
Le sens symbolique est celui du mépris poli ou du détachement absolu face à l'agressivité verbale.
Vous pouvez interpréter cette phrase de plusieurs manières :
Cette phrase est devenue une expression culte et est souvent utilisée pour :
L'idée principale à retenir est que votre paix intérieure ne dépend pas de l'opinion ou des paroles négatives des autres. L'indifférence est ici présentée comme un bouclier efficace. Si les paroles ne trouvent pas d'écho ou de réaction, elles perdent toute leur puissance.
La réplique provient du (télé)film français de 1993, La Classe américaine : Le Grand Détournement, réalisé par Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette. Le film est un détournement : il est entièrement composé d'extraits de films de la Warner Bros. (principalement des années 50 à 70) montés et doublés pour créer une histoire et des dialogues totalement nouveaux et absurdes.
Dans cette œuvre, la réplique est prononcée par le personnage de Georges Abitbol (dont le visage est composé d'extraits de films avec John Wayne, Robert Redford, etc.) à l'encontre d'un interlocuteur (John Wayne) qui vient de lui adresser une remarque acerbe. L'échange complet est souvent : « Tu n'es vraiment pas très sympa. Mais le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence. Je préfère partir plutôt que d'entendre ça plutôt que d'être sourd. ». Cette tirade arrive très tôt dans le film et établit d'emblée le ton grandiloquent et absurde des dialogues.
Georges Abitbol est surnommé « l'homme le plus classe du monde ». Cette réplique est parfaitement en accord avec ce titre. Elle exprime une forme d'élégance ultime face à l'adversité : Abitbol ne s'abaisse pas à répondre directement à l'insulte. Il l'écrase par une formule poétique et théâtrale, renforçant son statut de personnage mystérieux, supérieur et profondément décalé.
Le film est une parodie et une œuvre sur l'absurdité du langage. L'histoire tourne autour de l'enquête sur les derniers mots d'Abitbol, « Monde de merde ». La réplique participe à la création d'un dialogue totalement décousu et emphatique qui est la marque de fabrique du « grand détournement ». Elle souligne l'inadéquation burlesque entre les images d'icônes hollywoodiennes et les dialogues français saugrenus.
L'impact de cette réplique est majeur dans la culture populaire française. La Classe américaine est devenu un film culte, circulant sous le manteau pendant des années.