La pitié est un sentiment inutile.
La volonté de renoncer à son indépendance, de troquer le témoignage de ses sens contre le sentiment confortable mais déformant la réalité, d'être en harmonie avec un groupe, est l'aliment dont se nourrissent les démagogues.
La haine doit être mortelle, et l'amitié immortelle.
Bien que chacun estime avoir droit au bonheur, la plupart des gens entrent inconsciemment dans le malheur comme on entre en religion.
Heureux celui qui se soumet à la volonté de Dieu car le malheur ne l'atteint pas.
Le bonheur ça se crie, la tristesse ça s'écrit.
L'amitié ne supporte aucun arrangement, elle réclame l'entière sincérité des deux parties. Prendre une bière et faire trois blagues, on est toujours sûr d'y arriver. Mais rencontrer un interlocuteur avec qui on puisse vraiment discuter est quelque chose de rare.
Si un problème a une solution, alors il est inutile de s'en inquiéter ; s'il n'en a pas, s'inquiéter n'y changera rien.
Vous ne connaîtrez jamais le sentiment d'un pilote lorsqu'il gagne une course. Le casque cache des sentiments incompréhensibles.
C'est grand malheur que d'annoncer le premier les malheurs.
Le sourire de biais, la démarche dandinante, il se déplaçait avec la satisfaction d'un conservateur de musée montrant une collection.
Nous avons tous assez de force en nous pour supporter le malheur des autres, mais nous n'en avons peut-être pas autant pour supporter leur bonheur.
La haine grandit régulièrement entre deux groupes qui se sentent au pouvoir d'un troisième.
Le mépris est la maladie la plus dangereuse d'un état, et dont la contagion se répand le plus aisément et le plus promptement du chef dans les membres.
Sur les ailes du temps la tristesse s'envole ; le temps ramène les plaisirs.
Le malheur est à l'art ce que le fumier est à la culture maraîchère.
On dit que les chats noirs portent malheur ; en réalité, c'est un faux bruit que les blondes font courir.
Si tu persistes en tournant le dos à la réalité, le bonheur et le malheur glisseront sur ton coeur comme l'eau du torrent sur les galets. Or l'homme a besoin du bonheur et du malheur pour marcher en équilibre.
Une haine à soutenir est un plus grand fardeau qu'on ne pense.
Il y a moins de crainte dans la haine que dans l'amour ; moins de contrainte aussi.
L'homme est un mélange de raison et de folie qui le rend souvent plus digne de pitié que de mépris.
Le malheur des autres ne console de rien.
Toute passion meurt, tout amour s'épuise, mais la pitié survit à tout. Rien ne parvient à l'user. La vie la nourrit sans cesse.
Maladie terrible qui se saisit surtout des âmes jeunes, ardentes et toutes neuves à la vie. Ce mal, c'est la haine de la vie et l'amour de la mort ; c'est l'obstiné suicide.
Les femmes ont toujours pitié des blessures qu'elles n'ont pas faites elles-mêmes.
La seule utilité réelle de la cravate, c'est qu'on la retire, sitôt rentré chez soi, pour se donner l'impression d'être libéré de quelque chose, mais on ne sait pas de quoi.
Pour moi, la non-violence n'était pas un principe moral mais une stratégie ; il n'y a aucune bonté morale à utiliser une arme inefficace.
Un bon repas adoucit l'esprit et régénère le corps. De son abondance découle une bienveillance chaleureuse.
Si l'homme ne s'inquiète pas de ce qui est loin, le malheur est nécessairement près de lui.
On a plébiscité ce livre parce qu'il est agréable à lire, sans temps morts ni effets de style, se lit d'une traite. Peut-on faire compliment plus laid dans la littérature que 'ce que j'aime dans le livre, c'est que j'ai eu le sentiment de n'avoir pas eu besoin de le lire ?'
L'amour est juste le sentiment le plus beau et le plus joyeux. Cela peut venir de beaucoup d'endroits.