Ce sont les épreuves qui nous révèlent. Elles nous mettent au défi de nous dépasser et de nous voir dans notre propre réalité.
La nuit fait voir de belles choses à qui sait voir les paupières closes. Le rêve élève l'élève qui sait écouter la leçon de ses songes.
Lorsque le kabyle revient dans sa montagne après une longue absence le temps qu'il a passé ailleurs ne lui apparaît plus que comme un rêve. Le rêve peut être beau ou mauvais, mais la réalité ne la retrouve que chez lui, dans sa maison, dans son village.
Quand vous lisez une page et, quand tout à coup, vous fermez les yeux et prolongez cette page par quelques images qui sont en vous, le romancier a fait office d'accoucheur de votre propre imaginaire.
Les Parisiens sont si «blasés», ou font si bien semblant de l'être, que même lorsqu'ils me reconnaissent dans la rue, ils feignent de ne pas me voir !
Après un certain âge, la lecture détourne trop l'esprit de ses activités créatrices. Tout homme qui lit trop et utilise trop son propre cerveau tombe dans des habitudes de réflexion paresseuses.
Il y a toujours une raison de vivre pour laquelle on meurt à petit feu. C'est même le seul but logique dans le monde que de mourir pour ce qu'on a vécu. C'est ça, le mérite des hommes.
Il est incroyable de voir comme le peuple, dès qu'il est assujetti, tombe soudain dans un oubli si profond de sa liberté qu'il lui est impossible de se réveiller pour la reconquérir : il sert si bien, et si volontiers, [...] â–º Lire la suite
Je ne crois pas qu'il y aura de sursaut. Une civilisation, elle a sa logique de développement. Elle grandit puis elle meurt. Vous n'arrêtez pas la mort d'une civilisation.
Il est rare de voir la sagesse alliée à la beauté.
Des qualités trop supérieures rendent souvent un homme moins propre à la société. On ne va pas au marché avec des lingots ; on y va avec de l'argent ou de la petite monnaie.
La recherche du bonheur est la recherche de nous-mêmes. Le bonheur est différent pour chacun de nous ; il est différent comme les vocations : identique et uniforme, il serait sa propre négation.
L'artiste qui renonce à une heure de travail pour une heure de causerie avec un ami sait qu'il sacrifie une réalité pour quelque chose qui n'existe pas.
Il y a deux sortes d'abus : ceux qui naissent de la logique d'un régime, et ceux qui naissent de son incohérence.
L'art doit être une expression d'amour ou ce n'est rien.
Notre époque détermine chaque jour son propre style. Nos yeux, malheureusement, ne peuvent pas encore discerner cela.
A lui voir tant de prudence, n'allez pas croire au moins que Tartarin eût peur... Non! seulement il se gardait.
Il est tout de même curieux que l'écrivain se délivre d'une réalité en créant une autre réalité.
Orbán utilise un vocabulaire et une rhétorique nationalistes, il mobilise la haine contre l'étranger, mais cela n'a rien à voir avec le populisme...
Ce que nous disons que nous faisons est modifié par notre propre compréhension et les limites de notre compréhension.
Quand on arrive à exprimer quelque chose avec un regard et la musique au lieu de le dire avec des mots ou de faire parler le personnage, je pense que c'est un travail plus complet.
Il n'y a qu'un secret pour mener le monde, c'est d'être fort, parce qu'il n'y a dans la force ni erreur, ni illusion ; c'est le vrai, mis à nu.
Le propre de l'homme, est d'aimer même ceux qui l'offensent.
Les mots sont comme les monnaies : ils ont une valeur propre avant d'exprimer tous les genres de valeur.
L'une des joies de la littérature, c'est qu'elle porte en elle-même sa propre justification. Elle n'est pas là pour donner des leçons.
L'amour ne peut pas vous sauver de votre propre destin.
Je suis assez belle alors, et prête pour lui. Mais dès l'instant où son regard s'abaisse sur moi, je m'aperçois qu'il ne remarque rien, ni lèvres ni sourcils. Ses pensés voguent ailleurs, par terre et par mer, partout où je ne suis pas à l'attendre.
Les gens comme nous, qui croient en la physique, savent que la distinction entre passé, présent et futur n'est qu'une illusion obstinément persistante.
Il est toujours aisé d'être logique. Il est presque impossible d'être logique jusqu'au bout.
Si les portes de la perception étaient purifiées,Toutes les choses apparaîtraient à l'homme telles qu'elles sont, infinies.Car l'homme s'est enfermé, jusqu'à voir toutes chosesAu travers des étroites fentes de sa caverne.
Mais où commence l'adultère ? Au premier regard ? Au premier baiser ? A la première caresse ? Ne l'étais je pas déjà ? L'adultère commence au premier regard, en effet : celui que votre mari ne vous accorde plus.