L'ennui n'engraisse que les sots.
Les sots parlent beaucoup du passé, les sages du présent et les fous de l'avenir.
Les sots mettent du temps pour comprendre. Les intelligents pour ne pas comprendre.
L'homo consumens vit dans l'illusion du bonheur, tout en souffrant inconsciemment de son ennui et de sa passivité. Plus il détient de pouvoir sur les machines, et plus il devient impuissant en tant qu'être humain ; plus il consomme et plus il devient l'esclave de ses besoins croissants créés et manipulés par le système industriel.
Les sots souhaitent vivre, car ils ne craignent que la mort, au lieu de craindre la vieillesse.
Les gens qui pensent qu'ils savent tout sont d'un grand ennui pour ceux d'entre nous qui savent.
D'autant plus dommage que les sots ne disent pas sagement ce que les sages font follement.
Le plus grand ennui c'est d'exister sans vivre.
Les sots donnent des festins, les sages s'y nourrissent.
Le propre des sots est de toujours juger.
Les jeunes gens disent ce qu'il font, les vieillards, ce qu'ils ont fait, et les sots ce qu'ils ont envie de faire.
Il n'y a pas de sots métiers. Mais que d'absurdes !
Les sots ont cette supériorité qu'ils n'ont pas peur d'être bêtes.
Comme dans toute société, il y a chez les jésuites quelques sujets intelligents et une majorité de sots qui, lorsqu'ils ne sont pas effarés, font les prétentieux et les vindicatifs.
Il n'y a que les sots et les morts qui ne changent pas d'opinion.
En voulant éviter un défaut, les sots se jettent dans le défaut contraire.
Les sages portent leurs cornes dans leur coeur, et les sots sur leur front.
Les sots silencieux sont des armoires vides fermées à clef.
Il n'y a pas de sots métiers, c'est entendu... Mais il y a ceux qu'on laisse aux autres.
Avons-nous une destinée ? Sommes-nous libres ? Quel ennui de ne pas savoir ! Quels ennuis si l'on savait !
Il n'y a pas d'enfants sots : il n'y a que de sots parents.
L'imagination des sots n'atteint pas à l'esprit, celle des sages n'atteint pas au génie.
Les sots sont ici-bas pour nos menus plaisirs.
Les sots croient que plaisanter c'est ne pas être sérieux et qu'un jeu de mots n'est pas une réponse.
Il n'y a pas de sots métiers, il n'y a que des sottes gens.
Le châtiment des sots est la sottise.
Rien n'est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l'on échoue.
La raison pourquoi les sots réussissent ordinairement dans leurs entreprises, c'est que ne sachant et ne voyant jamais quand ils sont importuns, ils ne s'arrêtent jamais. Or, il n'y a pas d'homme assez sot pour ne savoir pas dire : "donnez-moi cela".
On attrape les lièvres avec des chiens, les femmes avec de l'argent et les sots avec des louanges.
C'est une constatation que sont obligés de faire quelquefois certains hommes : que de sots ont facilement ce qu'ils n'ont pas.
La vie ressemble à un livre, les sots le feuillettent, le sage le lit avec attention, car il sait qu'il ne le lira qu'une fois.