Un livre prêté ne se rend jamais : il est plus facile de retenir le livre que ce qu'il y a dedans.
Il y a tellement de gens qui trouvent à travers le monde la seule femme qu'ils puissent aimer, que l'énorme fréquence de ces rencontres me rend sceptique, moi qui ai un certain respect du calcul des probabilités.
Il est plus facile d'ouvrir une huître sans couteau que la bouche d'un avocat sans avance.
Pour donner la vraie science du mouvement des oiseaux dans l'air, il est nécessaire d'établir d'abord la science des vents, laquelle explique les mouvements de l'eau et elle-même. Et cette science fera échelle pour venir à la connaissance des volatiles dans l'air et le vent.
L'Internet représente une menace pour ceux qui savent et qui décident. Parce qu'il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique.
La conversation de deux amis rend leurs biens et leurs maux communs. Elle augmente leur plaisir et diminue leurs peines, rien ne soulage tant la douleur que la liberté de se plaindre.
Le vrai malheur rend le vrai bonheur presque inimaginable.
Le charme c'est ce qui rend les jolies femmes intelligentes et les moins belles attirantes.
Ce qui n'est pas moral, c'est de tromper quelqu'un de facile à tromper. Quand l'adversaire prend toutes ses garanties, alors c'est le plus malin qui gagnera.
Il est facile de se montrer fort avec les faibles.
Il est plus facile de renoncer à l'avenir qu'au passé. De là, la puissance indomptable du moi.
Sourire trois fois tous les jours rend inutile tout médicament.
J'ai choisi le nom Rolex parce qu'il est facile à prononcer dans toutes les langues et qu'il sonne comme une montre qui se remonte.
Je ne crois pas que les gens acceptent le fait que la vie n'a pas de sens, ça les rend mal à l'aise.
Bébés : facile à faire, difficile d'en accoucher.
Une lecture m'émeut plus qu'un malheur réel.
Lorsqu'on désire, on se rend à discrétion à celui de qui on espère.
Le choix d'un bon livre n'est pas moins difficile que la lecture en est agréable.
La connaissance scientifique possède en quelque sorte des propriétés fractales : nous aurons beau accroître notre savoir, le reste -- si infime soit-il -- sera toujours aussi infiniment complexe que l'ensemble de départ.
Le seul vrai lecteur, c'est le lecteur pensif. C'est à lui que ce livre est adressé.
C'est facile d'être humble quand on est nul.
Toute connaissance dégénère en probabilité.
La connaissance progresse en intégrant en elle l'incertitude, non en l'exorcisant.
Quelle chose étonnante que la lecture qui abolit le temps, transvase l'espace vertigineux sans pour cela suspendre le souffle, ni ravir la vie au lecteur ! On est emporté sur un tapis volant.
On provoque nous même ce qui nous arrive, et ensuite on appelle ça, le destin. Quoi de plus facile quand on choisit un chemin glissant que de prétendre qu'on y était destiné ?
Je crois juste que c'est mal, quand un garçon regarde une fille et s'imagine que sa façon de la regarder la rend plus belle qu'elle ne l'est déjà.
C'est dans la connaissance des conditions authentiques de notre vie qu'il nous faut puiser la force de vivre et des raisons d'agir.
C'est l'abus de nos facultés qui nous rend malheureux et méchants.
[ Quel est mon livre préféré ? ] Cela change tout le temps.
On a tort de craindre la supériorité de l'esprit et de l'âme ; elle est très morale cette supériorité, car tout comprendre rend très indulgent, et sentir profondément inspire une grande bonté.
Lire est une forme de paresse dans la mesure où on laisse le livre penser à la place du lecteur. Le lecteur lit et se figure qu'il pense ; de là ce plaisir qui flatte l'amour-propre d'une illusion délicate.