L'imagination n'est pas un état ; c'est l'existence humaine toute entière.
La justice humaine cause peut-être plus de maux qu'elle n'en compense, probablement plus qu'elle n'en prévient, certainement plus qu'elle n'en répare.
La théologie n'est pas autre chose que la poésie de Dieu.
La folie est un détour, comme le crime, vers l'amour.
Il y a quelque part une poésie de la bêtise.
La poésie mène au théâtre quand elle cesse d'être lyrique.
Telle est donc la condition humaine que souhaiter la grandeur de son pays, c'est souhaiter du mal à ses voisins.
Ne laissez pas votre imagination vous prendre par surprise.
Le roman procède par combinaisons aléatoires d'éléments réels, le poème par exploration exacte et complète d'éléments virtuels.
Il y a tellement de poésie autour de l'ivresse. Je crois que c'est parce que ça à voir avec la liberté.
Cette nuit me plaisait. Les choses grandissent la nuit, mon imagination ouvre ses portes, les idées préconçues s'évanouissent. On cherche parfois le paradis aux mauvais endroits. Alors qu'on l'a à ses pieds. Ou dans son lit.
Ce que certains découvrent dans la poésie et les musées, je le ressens dans un bon coup de départ.
La mer touche au plus profond de l'homme. Dans la lumière du soleil, n'est-elle pas le miroir de l'âme humaine ?
La plupart des hommes jugent inconsciemment le monde d'après eux-mêmes, et on trouvera très généralement que ceux qui se moquent habituellement de la nature humaine et affectent de la mépriser sont parmi ses pires et les moins agréables échantillons.
Ce qu'il y a de plus impressionnant chez l'homme, probablement la seule chose qui excuse sa folie ou sa brutalité, est le fait qu'il ait inventé le concept de ce qui n'existe pas.
La superstition est un peu plus humaine que la religion, parce qu'elle manque de morale.
Et la légende court, se répand, s'enjolive, un vrai roman de George Sand.
Je n'ai jamais eu le temps de lire, mais rien, jamais, n'a pu m'empêcher de finir un roman que j'aimais.
La poésie est semblable à l'amandier : ses fleurs sont parfumées et ses fruits sont amers.
La nature du roman est l'infini.
La littérature est une machine à fabriquer des souvenirs et de la mort, une manufacture de testaments. Aucun roman n'a jamais fait de projet d'avenir.
On peut m'objecter que vivre la nuit, c'est compenser une solitude en s'entourant artificiellement d'autres solitudes. Je pense plutôt que c'est vouloir vivre plus intensément, grignoter des minutes éveillées sur la petite mort du sommeil, tenter d'avoir des journées de vingt-quatre heures, pousser la machine humaine à son maximum.
La poésie littéraire chez un peintre est quelque chose de spécial, et n'est ni une illustration, ni une traduction de l'écriture par la forme.
L'art du roman est de savoir mentir.
Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin.
La bêtise humaine consiste à avoir beaucoup d'idées, mais des idées bêtes.
Le théâtre a toujours placé en exergue du monde ce qui le déchirait. Il n'existe que dans le rapport à la blessure dont le terme le plus commun est la psychose, la folie : l'histoire du théâtre est une longue histoire de fous, de possédés.
L'inviolabilité de la vie humaine est le droit des droits.
La vraie puissance est dans la capacité d'une communauté humaine à se contenter de peu mais à produire de la joie.
La maison de la poésie n'aura jamais de portes.
La nature humaine a, elle aussi, d'étranges raisons biscornues que le coeur ignore certainement.