Cette frontière extrême du langage, où la parole est la demeure de l'être.
Ceux qui ont le péché dans le coeur, mais la parole séduisante, ressemblent à la cruche enduite de nectar, mais pleine de poison.
Sans langage commun les affaires ne peuvent être conclues.
Il faut avoir l'humilité d'écouter la voix des autres et plutôt que d'en comparer le timbre et la mélodie avec la nôtre, il faut l'entendre par ce qu'elle dit.
On n'est pas des porteurs de messages. On est simplement des clowns, des saltimbanques (...). L'humour est un langage que j'ai toujours aimé. Notre ressort est de dénoncer la bêtise en faisant rire.
La lumière de l'été est plus rasante qu'un discours électoral.
La conscience est cette voix intérieure qui nous avertit qu'il y a peut-être quelqu'un en train de nous regarder.
Les exigences d'une stricte prosodie sont l'artifice qui confère au langage naturel les qualités d'une matière résistante, étrangère à notre âme, et comme sourde à nos désirs.
La poésie en dit long et c'est vite fait. La prose ne va pas très loin et prend du temps.
Aucune parole ne précède les vrais départs.
Dès qu'on parle une langue étrangère, les expressions du visage, des mains, le langage du corps changent. On est déjà quelqu'un d'autre.
L'écriture qui ne prend pas de près contact avec la parole se dessèche comme la plante sans eau.
Le problème du langage est dans le cerveau et non dans la mandibule.
S'il me répugne de dire tout haut ce que je pense tout bas, c'est uniquement parce que je n'ai pas la voix assez forte.
La parole des griots traditionnalistes a droit à autre chose que du mépris.
Là où le discours en reste aux mots, la parole engage le corps.
Ceux qui se taisent, les seuls dont la parole compte.
Il est difficile pour une femme de définir ses sentiments dans un langage principalement fait par les hommes pour exprimer les leurs.
Il est rare quand on ment que tout s'accorde : le regard, la voix et l'attitude.
Les habitants des fleuves connaissent la vie des poissons. Les montagnards connaissent le chant des oiseaux. Les habitants des fleuves vivent du fleuve. Les montagnards vivent de la montagne.
Au chagrin si profond la langue doit remuer en vain ; le langage de nos sens et de notre mémoire manque du vocabulaire d'une telle douleur.
L'homme sage n'attire pas l'attention. Il a des manières tranquilles, un discours sombre ; il réfléchit avant d'agir.
Croire en Dieu, c'est vivre par quelque chose qui n'existe d'aucune manière dans le monde, sinon dans le langage ambigu de ces phénomènes que nous appelons chiffres ou symboles de la transcendance.
La parole est une denrée périssable, éphémère. Elle se teinte de toutes les circonstances de son apparition. Les mêmes mots, prononcés dans des lieux différents, ne sont pas les mêmes mots.
Réfuter le discours de l'autre sous prétexte de la citation, c'est priver l'autre de ses icônes.
Malheur aux faiseurs de traductions littérales, qui en traduisant chaque parole énervent le sens ! C'est bien là qu'on peut dire que la lettre tue, et que l'esprit vivifie.
L'art est le langage des sensations, qu'il passe par les mots, les couleurs, les sons ou les pierres.
C'est la vraie voix féminine de l'orchestre, voix passionnée et chaste en même temps, déchirante et douce, qui pleure et crie et se lamente, ou chante et prie et rêve, ou éclate en accents joyeux, comme nulle autre pourrait le faire.
Si la parole que tu vas dire n'est pas plus belle que le silence, ne la dis pas.
Vous qui avez le doigt sur la puissance armée et sur les codes du feu nucléaire, vous qui, d'une simple parole pouvez faire pleuvoir un déluge de fer et de sang sur des milliers d'innocents pour neutraliser quelques dizaines de criminels, m'accorderiez-vous quelques minutes avant de lâcher vos projectiles ?
Dans l'histoire, les « droits » n'ont été que trop souvent ce que les maîtres de l'idéologie dominante avaient décidé de définir ainsi. Associé à l'expansion des marchés, le discours des droits de l'homme constitue l'armature idéologique de la globalisation. Il est avant tout un instrument de domination, et doit être regardé comme tel.