Ne vous servez donc pas de ce terme élevé d'idéal quand nous avons pour cela, dans le langage usuel l'excellente expression de mensonge.
Il n'y a pas d'autre moyen de se prémunir contre la flatterie qu'en faisant comprendre aux hommes que vous dire la vérité ne vous offensera pas.
Sous le couvert d'un langage qu'on prend soin d'épurer de manière qu'il n'y soit plus nommé directement, le sexe est pris en charge, et comme traqué, par un discours qui prétend ne lui laisser ni obscurité ni répit.
La mort chrétienne présentée comme une fausse mort constitue peut-être la dernière tromperie d'une existence fertile en canulars et semée de contrevérités.
Un idéal n'est souvent qu'une vision flamboyante de la réalité.
Tout langage devient ancien dès qu'il est répété.
Le silence est l'aboutissement suprême du langage et de la conscience.
Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l'autre. C'est comme si j'avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout des mots.
Il n'existe pas de bouclier contre le mensonge. Ni la crainte des dieux ni la damnation n'ont jamais empêché le mensonge ou le parjure.
La photographie n'est jamais qu'un chant alterné de "Voyez", "Vois", "Voici" ; elle pointe du doigt un certain vis-à-vis, et ne peut sortir de ce pur langage déïctique.
La performance physique n'est tant pas une métaphore de la puissance sexuelle qu'une représentation du désespoir triomphal des hommes, du bond qu'il leur faudrait faire pour n'être plus mortel.
Nous devrions garder le silence sur ceux qui sont au pouvoir ; en dire du bien implique presque de la flatterie ; dire du mal d'eux de leur vivant est dangereux, et quand ils sont morts, c'est lâche.
Le ver se recroqueville quand on marche dessus. C'est plein de sagesse. Par là il amoindrit la chance de se faire de nouveau marcher dessus. Dans le langage de la morale : l'humilité.
L'autorité n'est peut-être que de faire de ses buts un idéal pour les autres.
La politique n'étant qu'un enchaînement de conséquences, toute vérité isolée devient un mensonge dans l'ordre social.
Le lecteur idéal lit toute la littérature comme si elle était anonyme.
La flatterie est une arme précieuse quand on a affaire à des jeunes...
Un grand amour, c'est un mensonge réussi et constamment renouvelé. Une amitié, c'est une vérité qui s'impose. L'amitié est nue, l'amour fardé.
Ce qui unit les humains et les chats, au-delà des caresses, c'est le sommeil. Où qu'ils soient, les petits félins vous invitent à l'assoupissement, dans la chaleur de leur fourrure soyeuse. Pouvoir dormir côte à côte, des heures durant, sans bouger est une forme d'intimité plus profonde que le langage ou les jeux.
J'admire comme on peut mentir en mettant la raison de son côté.
J'ai eu longtemps une incapacité à mentir qui était une infirmité véritable. En vieillissant, cela s'améliore.
Le langage poétique est fait pour communiquer des états ; les mots y sont des vases ou des clefs.
Les passions détruisent plus de préjugés que la philosophie. Et comment le mensonge leurs résisterait-il ? Elles ébranlent quelquefois la vérité.
Il est impossible à la femme de discerner le mensonge de la vérité.
Mieux vaut une vérité qui fait mal qu'un mensonge qui réjouit.
Faut-il trahir son idéal parce qu'on s'aperçoit qu'on ne peut pas en vivre ?
Imposer la démocratie à tous les pays du monde est une idée noble, mais qui dit qu'elle est le système idéal pour tous les pays ?
L'homme est à la recherche d'un nouveau langage auquel la grammaire d'aucune langue n'aura rien à dire.
Flambeau du langage et de tous les arts, la Métaphysique éclaire, indique et ne fait pas.
On est accessible à la flatterie dans la mesure où soi-même on se flatte.
Avoir un idéal c'est le seul moyen de faire quelque chose et d'être quelqu'un.