Citation de Judith Lewis Herman sur Violence, Reste et Doit

La garantie de sécurité dans une relation violente ne peut jamais être basée sur une promesse de l'auteur de la violence, même si elle est sincère. Elle doit plutôt être basée sur la capacité d'autoprotection de la victime. Tant que la victime n'a pas élaboré un plan d'urgence détaillé et réaliste et n'a pas démontré sa capacité à le mettre en oeuvre, elle reste en danger de subir des violences répétées.

Explications

Sens de la citation

Cette citation de Judith Lewis Herman souligne que la sécurité d'une victime dans une relation abusive ne doit jamais reposer sur les simples promesses de changement de l'agresseur, même si elles sont faites de bonne foi. La véritable garantie de sécurité réside dans la capacité de la victime à se protéger elle-même. La victime est considérée comme étant toujours en danger de violences répétées tant qu'elle n'a pas établi et démontré sa capacité à exécuter un plan de sécurité d'urgence précis et réalisable.

Interprétations possibles

  • Responsabilisation de la sécurité : La sécurité est une responsabilité active de la personne menacée, qui doit prendre des mesures concrètes, plutôt qu'une attente passive que l'agresseur change.
  • Scepticisme face aux promesses : Cela met en garde contre la tendance des victimes à croire l'agresseur, une dynamique souvent renforcée par le cycle de la violence (tension, crise, lune de miel).
  • Nécessité d'un plan structuré : Le simple désir de partir ou d'être en sécurité n'est pas suffisant ; il faut une stratégie bien élaborée et la preuve de sa propre autonomie d'action.

Application dans la vie quotidienne

Pour les personnes subissant des violences, l'application concrète de cette pensée implique :

  1. Élaborer un plan d'urgence détaillé : Définir où aller, comment partir rapidement (sac d'urgence, papiers essentiels), qui contacter.
  2. Développer l'autonomie et les ressources : Travailler sur les moyens financiers, le réseau de soutien social et l'accès à l'aide professionnelle (associations, forces de l'ordre).
  3. Évaluer objectivement la sécurité : Ne pas se fier aux émotions ou aux promesses, mais évaluer la sécurité uniquement sur la base des mesures de protection personnelles mises en place et de l'éloignement physique ou légal de l'agresseur.

Critiques ou limites

  • Charge de la preuve sur la victime : Une critique possible est que cette pensée place une lourde responsabilité sur la victime pour garantir sa propre sécurité, ce qui peut minimiser la responsabilité de l'agresseur et des systèmes de soutien.
  • Difficulté de l'autoprotection : Dans les cas de violence extrême ou de contrôle coercitif, il est souvent très difficile, voire dangereux, pour la victime d'élaborer et de mettre en Å“uvre un plan d'urgence sans soutien extérieur.
  • Ressources limitées : Toutes les victimes n'ont pas les ressources (financières, sociales, psychologiques) nécessaires pour créer et exécuter un plan d'autoprotection détaillé.

Morale ou résumé à retenir

La leçon essentielle est que la véritable sécurité est une construction active de la victime et non un cadeau ou une promesse de l'agresseur. La sécurité requiert une stratégie de sortie et d'éloignement concrète, basée sur la capacité d'action de la victime, car la sincérité des promesses n'est jamais une garantie suffisante contre la répétition des violences.

Analyse du vocabulaire et du style

  • Vocabulaire fort et direct : Des termes comme "garantie de sécurité", "relation violente", "autoprotection" et "danger de violences répétées" confèrent un ton très sérieux et une urgence au propos.
  • Structure logique et démonstrative : La citation est construite sur une opposition claire ("ne peut jamais être basée sur... Elle doit plutôt être basée sur..."), ce qui renforce la thèse de l'auteure. La phrase finale agit comme une condition nécessaire et suffisante ("Tant que... elle reste en danger...").
  • Rigueur clinique : L'auteure utilise un langage précis ("plan d'urgence détaillé et réaliste", "démontré sa capacité à le mettre en oeuvre") qui reflète son arrière-plan de clinicienne et d'experte en traumatologie.

Lien avec d’autres pensées

Cette pensée est étroitement liée à la psychologie du trauma et aux travaux sur l'abus. Elle fait écho aux concepts :

  • Le Cycle de la Violence (mis en évidence par Lenore Walker), qui montre que les agresseurs alternent entre violence et repentir. La citation rejette la phase de "lune de miel".
  • L'autonomie de la victime et le concept d'empowerment (autonomisation), qui est un pilier de l'aide aux victimes, visant à leur redonner le contrôle de leur vie et de leur sécurité.
  • Le travail sur le stress post-traumatique complexe, où la sécurité physique et émotionnelle est la première phase essentielle du rétablissement.

Origine de la citation

La citation est très probablement tirée de l'ouvrage majeur de Judith Lewis Herman, "Trauma and Recovery" (publié en français sous le titre "Trauma et Rétablissement"), qui est une œuvre fondatrice dans le domaine de la psychologie du trauma.

Auteur de la citation

L'auteure est Judith Lewis Herman. Elle est une psychiatre, chercheuse et professeure d'université américaine, reconnue mondialement pour ses travaux novateurs sur les conséquences psychologiques des abus et des traumatismes, en particulier l'identification et la théorisation du syndrome de stress post-traumatique complexe (SSPT-C).

Contexte historique ou culturel

Cette citation s'inscrit dans le contexte des mouvements féministes et du développement de la psychologie du trauma des dernières décennies. À une époque où l'on commençait à reconnaître l'ampleur des violences domestiques et des abus, cette pensée a permis de professionnaliser l'approche de la sécurité des victimes. Elle est devenue un principe fondamental pour les refuges, les lignes d'assistance et les professionnels de la santé mentale, marquant un passage d'une approche centrée sur l'agresseur à une approche centrée sur la sécurité et la capacité d'action de la victime.

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