Revenons à la question des droits de l'homme, du concept de crime contre l'humanité, mais aussi de la souveraineté. Plus que jamais, ces trois motifs sont liés dans l'espace public et dans le discours politique. Bien que souvent une certaine notion de la souveraineté soit positivement associée au droit de la personne, au droit à l'autodétermination, à l'idéal d'émancipation, en vérité à l'idée même de liberté, au principe des droits de l'homme, c'est souvent au nom des droits de l'homme et pour punir ou prévenir des crimes contre l'humanité qu'on en vient à limiter, à envisager au moins, par des interventions internationales, de limiter la souveraineté de certains États-nations.
L'ancien libéralisme s'opposait à l'état en tant qu'il était l'instance privilégiée du politique. Le néolibéralisme, exploitant la crise que traverse aujourd'hui l'État-nation, vise plutôt à achever la dépolitisation de l'État pour en faire un instrument au service de l'économie. Il [...] â–º Lire la suite