La poésie n'attend que notre regard.
On vit... comme des cons. On mange, on dort, on baise, on sort. Encore et encore. Et encore... chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent : on mange autre chose, on dort mieux, ou moins bien, on baise quelqu'un d'autre, on [...] â–º Lire la suite
Ce n'est qu'au prix d'une ardente patience que nous pourrons conquérir la cité splendide qui donnera la lumière, la justice et la dignité à tous les hommes. Ainsi la poésie n'aura pas chanté en vain.
C'est en descendant dans le coeur le plus secret, le plus profond de soi et en faisant partager aux autres sa descente que l'on perçoit, que l'on transmet le mieux le chant du collectif.
Comment arrêter son regard sur la première à laquelle on a juré fidélité éternelle quand il y en a des milliers qui nous obligent à renier sans cesse nos premières paroles ?
Chaque mauvaise situation est une chanson de blues qui attend son heure.
La poésie rend la vie ce que les lumières et la musique font de la scène.
La Marseillaise est le chant qui fait bouillir le sang dans les veines, qu'on chante avec des pleurs et du feu dans les yeux, avec un coeur bravant la mort.
La poésie est le journal d'un animal marin qui vit sur terre et qui voudrait voler.
La poésie est aussi réflexion sur le sens puisque c'est l'écoute des intuitions, des pensées, des valeurs qui affleure le poème.
La poésie introduit juste ce qu'il faut de silence pour troubler le vacarme.
La poésie est une salve contre l'habitude.
Nous sommes tous étrangers à nous-mêmes, et si nous avons le moindre sens de qui nous sommes, c'est seulement parce que nous vivons à l'intérieur du regard d'autrui.
Celui qui ajourne le moment de bien vivre, attend comme les paysans que la rivière ait fini de couler.
La poésie est une insurrection contre la société.
Quand le citoyen ordinaire craint le regard de la police, le policier, de son côté, craint le regard de l'IGPN.
De qui ? : "Un seul regard déclenche une passion, un assassinat, une guerre".
Prends garde au regard de Mary Shaw, elle n'avait pas d'enfants, que des poupées, et si un jour tu la vois dans tes rêves, prends garde à ne jamais, jamais crier !
Quoi de plus lucide que la peur ?
Quand la fin d'un couple est décrétée par consentement mutuel, le regard des deux partenaires se met instinctivement à balayer d'autres horizons.
Ce n'est pas la lumière qui manque à notre regard, c'est notre regard qui manque de lumière.
La femme, ayant dressé son regard et sa voix au mensonge - c'est une nécessité de sa condition vis-à-vis du mâle -, ne se livre guère que dans son allure et dans son rire.
Qui parle à besoin du regard des autres pour être sûr qu'on l'entend.
Mais où commence l'adultère ? Au premier regard ? Au premier baiser ? A la première caresse ? L'adultère commence au premier regard, en effet : celui que votre mari ne vous accorde plus
Nous ne sommes nous qu'aux yeux des autres et c'est à partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous-mêmes.
La poésie doit être faite par tous. Non par un.
Toute écriture est fictive, même et peut-être surtout lorsqu'on s'efforce de raconter une vie. Il y a entre les mots et la réalité un décalage sans lequel écrire ne serait pas possible.
C'est beaucoup de choses l'image : une belle gueule, un beau parler, une poignée de main ferme, un regard droit, du linge bien repassé, l'air d'avoir toujours envie de se trouver là où on est et de penser profondément ce que l'on dit.
Il suffit de chanter un chant de paix avec gesticulations et grimaces pour qu'il devienne un chant de guerre.
La beauté potentielle de la vie humaine est constamment aggravée par le chant toujours récurrent de représailles de l'homme.
On n'écoute plus ce que les gens disent. On se contente de regarder comment ils le disent, quel regard ils ont en le disant, et si leur cravate est assortie à leur pochette.