Dieu a voulu que le temps qui coule dans la mémoire des hommes use lentement les souvenirs ; et c'est la raison pour laquelle les hommes perdent la mémoire.
C'est plus facile d'avoir chacun son dieu, ça permet d'être Dieu soi-même.
L'humanité serait depuis longtemps heureuse si les hommes mettaient tout leur génie non à réparer leurs bêtises, mais à ne pas les commettre.
L'idole se différencie de Dieu en ce qu'elle est quelque chose alors que Dieu est tout.
Quand on se propose un but, le temps au lieu d'augmenter diminue.
Dans les bistrots, on ne buvait pas avec le patron, c'était la loi. On savait mépriser le chef. Tout cela a disparu, en même temps que l'amour du travail bien fait. Il n'y a plus de conscience ouvrière. Tout ce qui les intéresse, les gars d'aujourd'hui, c'est ressembler au chef.
Le valet du diable fait plus qu'on ne lui demande.
Que veut Dieu ? Le Bien ? Ou que l'on choisisse le Bien ? L'homme qui choisit le Mal est-il peut-être, en un sens, meilleur que celui à qui on impose le Bien ? Question ardues et qui vont loin.
On conduit les enfants par la raison de l'autorité et les hommes par l'autorité de la raison : c'est au fond, la même chose, car la raison est la première autorité, et l'autorité la dernière raison.
L'homme est de toutes les espèces, celle où l'individu met le plus de temps à se construire : quinze ans pour achever une construction du cerveau et qui restera toute la vie l'objet de réaménagements permanents.
Les hommes ne font jamais le bien que si la nécessité les y pousse; mais quand ils sont libres de choisir et peuvent faire tout ce qu'ils veulent, la confusion et le désordre deviennent endémiques.
L'homme propose et Dieu dispose ; et Dieu, qui sait le mieux, sait ce qui convient bien à chacun ; tel le temps, telle la conduite...
Les hommes se déchirent non par ce qu'ils ont de différent, mais par ce qu'ils ont de faux en commun.
Les femmes se soucient toujours des choses que les hommes oublient. les hommes se soucient toujours des choses dont les femmes se souviennent.
La religion catholique est une méthode pour obtenir le ciel en mendiant. Mais comme il est trop difficile à obtenir, les prêtes servent d'entremetteurs.
Le lieu de Dieu est le monde, mais le monde n'est pas le lieu de Dieu.
Chez l'homme, il y a une pensée de type réflexe, mais en même temps une pensée autre, liée à l'adaptation de l'individu.
Si Dieu existe, à quoi sert-il ?
Les moulins du Bon Dieu tournent lentement.
La pratique d'un art demande un homme tout entier; c'est un devoir de s'y consacrer pour celui qui en est véritablement épris.
Les hommes sont différents dans la vie, semblables dans la mort.
L'homme vaut-il la peine de déranger un Dieu pour le "créer" ?
Les hommes sont tellement disposés à respecter tout ce qui les ennuie.
Que peu de temps suffit pour changer toutes choses ! Nature au front serein, comme vous oubliez !
Les hommes ont mépris pour la religion. Ils en ont haine et peur qu'elle soit vraie.
Oui, seul le temps présent est réel, les autres sont virtuels : le futur n'existe pas encore, le passé n'existe plus.
Il est un temps de se moquer, et un temps qu'on puisse se moquer de vous.
Le temps et l'espace sont infinis, et pourtant on n'en a jamais assez.
Dire qu'on aime, n'est-ce pas vouloir soumettre l'autre, en même temps que soi-même ? Un forme d'esclavage, somme toute, entretenue par les mots ?
Les mots se nourrissent du temps qu'on passe à les lire.
Un peuple éclairé confie ses intérêts à des hommes instruits, mais un peuple ignorant devient nécessairement la dupe des fourbes qui, soit qu'ils le flattent, soit qu'ils l'oppriment, le rendent l'instrument de leurs projets et la victime de leurs intérêts personnels.