Le plus souvent la poésie traduit soumission, défaite, veulerie, désarroi.
Pas plus que le roman ne peut se borner à la fiction, il ne peut se passer d'elle.
Les cimetières sont les témoins flagrants de la défaite de l'homme face au temps et à lui-même.
La défaite est orpheline.
La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
Le roman est l'apprentissage de la liberté de penser.
La fidélité n'est souvent qu'une question d'habitude.
La chanson n'est pas une fille indigne de la littérature. On dit souvent plus dans une chanson de trois minutes que dans un roman de cinq cents pages.
L'endettement est le moyen le plus efficace de prendre un lien de subordination violente et de faire sentir aux victimes que c'est de leur faute.
L'histoire est un roman qui a été ; le roman est de l'histoire qui aurait pu être.
Un scénario ou un roman devraient, si l'on s'approchait un peu d'en réussir la structure, obéir aux mêmes lois : emmener le lecteur-spectateur avec sûreté vers un but, un sens, sans qu'il s'en rende compte, en épousant les lignes sinueuses [...] â–º Lire la suite
Il n'y a pas de terrain d'entente à Hollywood; vous êtes un échec ou vous êtes un succès. Cette mentalité est sauvage.
Le chef-d'oeuvre littéraire de la France est peut-être sa prose abstraite, dont la pareille ne se trouve nulle part.
Le premier baiser est le mot prononcé de concert par quatre lèvres, qui fait du coeur un trône, de l'amour un roi et de la fidélité une couronne.
Il y a une hypocrisie considérable dans le formalisme. Toute personne qui pense est consciente de ce paradoxe, mais dans nos rapports avec les gens conventionnels il est avantageux de les traiter comme s'ils n'étaient pas des hypocrites. Ce n'est [...] â–º Lire la suite
Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
Il se passe, entre un roman et son lecteur, un phénomène analogue à celui du développement des photos, tel qu'on le pratiquait avant l'ère du numérique.
Et jamais le tourment ne trouvera un ciel, et jamais le désir ne trouvera une terre. C'est pourquoi la poésie existe.
Champagne ! Dans la victoire, on le mérite ; dans la défaite on en a besoin.
La littérature est une machine à fabriquer des souvenirs et de la mort, une manufacture de testaments. Aucun roman n'a jamais fait de projet d'avenir.
La science décrit la nature, la poésie la peint et l'embellit.
Le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.
Le roman ce n'est jamais qu'une maquette d'après laquelle il nous est proposé d'imaginer la même chose grandeur nature.
Je n'en suis pas moins arrivé à l'âge où la vie, pour chaque homme, est une défaite acceptée. Dire que mes jours sont comptés ne signifie rien ; il en fut toujours ainsi ; il en est ainsi pour nous tous.
L'université est un lieu d'étude important, mais pas une école pour écrivains. L'apprentissage littéraire se passe entre soi et soi, ou entre soi et les êtres dont l'âme provient de la même racine.
Le paradoxe, ou la clé, ou l'attrape-nigaud, c'est que l'affirmation de notre volonté est le fondement de notre esclavage, tandis que notre soumission est la condition de notre liberté.
Excepté pour la passion du héros, un roman doit être un miroir.
Un échec est un succès si on en retient quelque chose.
J'ai dit un jour qu'écrire un roman c'est un peu comme construire les montagnes d'Edom avec des Lego. Ou comme édifier entièrement Paris, avec ses monuments, ses places, ses boulevards, ses tours, ses banlieues et jusqu'au dernier banc public, à l'aide d'allumettes.
Si loin que je recule dans mes souvenirs, j'entends mon père me raconter l'épouvante que ce fut dans Colmar quand on sonna le tocsin pour la défaite de Woerth. Tout petit, j'avais l'impression d'avoir souffert pour la France.
Ce que certains découvrent dans la poésie et les musées, je le ressens dans un bon coup de départ.