Adieu poète ! Il faut que les mots enterrent les mots.
Dans le métier de philosophe il est essentiel de ne pas comprendre.
Le bonheur d'un ami nous enchante. Il nous ajoute. Il n'ôte rien. Si l'amitié s'en offense, elle n'est pas.
Cette frontière extrême du langage, où la parole est la demeure de l'être.
Un poète est plus proche de la mort que de la philosophie, plus près de la souffrance que de l'intellect, plus près du sang que de l'encre.
Il y a des mots qui, sans chercher à blesser, sont plus douloureux que des coups : ils meurtrissent l'âme et tuent l'espérance.
Il suffit parfois de rayer deux ou trois mots sur une page pour que tout change.
Mieux vaut maintenir en place un adversaire docile qu'installer un ami indocile.
Par malheur, il y a dans chaque philosophe un mauvais génie qui répond, et répond à tout.
Là où le discours en reste aux mots, la parole engage le corps.
Quelque chose meurt dans l'âme quand un ami s'en va.
Tant de conducteurs de peuples ont été, sont et seront des fanatiques, des frénétiques. La révolution chinoise s'est déroulée sous l'égide d'un homme doué d'une intuition et d'une puissance d'assimilation peu communes, méditant sans arrêt, lecteur infatigable, écrivain clair, poète sensible, élégant calligraphe, animé dans ses propos par le sens de l'équilibre et de l'humain.
Occupez-vous du sens et les mots s'occuperont d'eux-mêmes.
Oui, Dieu, c'est le mot le plus chargé de tous les mots humains. Pas un qui n'ait été aussi souillé, aussi lacéré.
Le style est autant sous les mots que dans les mots. C'est autant l'âme que la chair d'une oeuvre.
La gaieté se contente des premiers mots venus, mais à la tendresse il faut du style. Il y a des paroles sérieuses qui sonnent faux, de gaies aussi, mais on s'en aperçoit moins.
La parole dite en son temps est comme des pommes d'or sur un lit d'argent.
La parole a été donnée au commun des mortels pour communiquer leurs pensées, mais aux sages pour la déguiser.
les hommes qui exercent le ministère de la parole portent une responsabilité écrasante dans la dégringolade universelle.
Mieux vaut un ami avec sept péchés qu'un étranger.
Le lecteur, ce vieil ami, à qui nous promettons toujours du plaisir à notre première page, et auquel nous tenons parole tant bien que mal dans les suivantes.
Depuis des mois, je retarde le moment de fixer par écrit notre dernière nuit. De retourner dans la réalité physique de ce moment de grâce - je pèse mes mots - dont je ne conserve que l'élan, la densité, le mystère.
Quelle utilité peuvent avoir les mots si nous ne les utilisons pas avec précision ?
Gardons-nous de cette manie, d'aimer mieux perdre un ami qu'un bon mot.
Les mots d'un président pèsent. Au mieux, la parole d'un président peut apaiser, au pire elles peuvent inciter à commettre des actes délictueux.
Les écrivains posent un problème. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l'écrivain se dit qu'il [...] â–º Lire la suite
La vie ne devrait consister qu'à trouver les bons mots au bon moment.
Je n'ai jamais eu de meilleur ami que moi-même.
La parole est la première démonstration de la nécessité de l'autre.
Le meilleur usage que l'on puisse faire de la parole est de se taire.
Le poète est un mensonge qui dit toujours la vérité.