Vivre en poésie, ce n'est pas renoncer ; c'est se garder à la lisière de l'apparent et du réel, sachant qu'on ne pourra jamais réconcilier, ni circonscrire.
Le sacrifice de nous-mêmes nous permet de sacrifier les autres sans honte.
La poésie est cette musique que tout homme porte en soi.
En quelques mots, je définis la Poésie des mots comme Création rythmique de la Beauté. Son seul juge est le Goût.
Ce monde nous rendra libres, enfin. Libres de devenir qui nous sommes, sans devoir sacrifier notre âme pour un boulot pitoyable. Libres de ne plus subir la loi d'un supérieur incompétent et vicieux comme le sont presque tous les supérieurs hiérarchiques qui ont hérité d'un titre comme autrefois les nobles de leur particule ridicule.
Point n'est besoin d'écrire pour avoir de la poésie dans ses poches.
Il faut, si l'on veut vivre, renoncer à avoir une idée nette de quoi que ce soit. L'humanité est ainsi, il ne s'agit pas de la changer, mais de la connaître.
Je ne vois pas comment un homme peut travailler aux frontières de la physique et écrire de la poésie en même temps. Elles sont dans l'opposition.
La poésie - par des voies inégales et feutrées - nous mène vers la pointe du jour au pays de la première fois.
N'est-il pas dans la nature de la poésie d'être et de rester souterraine ?
La poésie est le langage naturel de tous les cultes.
Car la vie, j'en suis convaincu, est faite de poésie. La poésie n'est pas étrangère à la vie.
Ici, que la poésie morte revienne à la vie.
C'est la poésie qui a adouci les hommes farouches.
Je dirais que dans ce monde, la plus grande source d'inégalité a été les privilèges spéciaux accordés par le gouvernement.
Il faut renoncer à savoir, mais il ne faut pas renoncer à juger.
La poésie vécue comme poésie, c'est le désir et l'agent de l'instauration démocratique, qui peut seule sauver le monde.
La poésie est une forme de violence.
La poésie a été inventée pour donner un visage honorable à la mort.
Un grain de poésie suffit à parfumer tout un siècle.
Contemplez hardiment tous ceux qui sont costumés De se sacrifier à l'autel des beautés Vous verrez que le vent de leur légèreté Leur éteint le brasier aussitôt qu'ils l'allument.
Nous avons la malchance de ne pas posséder la bonne religion. Pourquoi n'avons nous pas la religion des Japonais, pour qui se sacrifier à sa patrie est le bien suprême ? La religion musulmane aussi serait bien plus appropriée que ce christianisme, avec sa tolérance amollissante.
Sans le rêve, il n'y a pas de poésie possible. Et sans la poésie, il n'y a pas de vie supportable.
Ce que certains découvrent dans la poésie et les musées, je le ressens dans un bon coup de départ.
Personne n'a le droit de vous demander de renoncer à vous-même.
Amoureux : que de poésie dans ce mot ! Que de sentiments forts et puissants il exprime. Et comment ne pas se sentir ému quand on le prononce, soit qu'il parle d'un sentiment actuel, soit qu'il évoque le passé, soit qu'il ouvre l'avenir.
La dramaturgie est synonyme d'embellissement dramatique : c'est l'art de la réticence, celui de savoir faire une entrée, une sortie, c'est la poésie du théâtre.
L'un des privilèges de la vieillesse, c'est d'avoir, outre son âge, tous les âges.
La poésie en vers libres, c'est comme jouer au tennis sans filet.
Plus la poésie est vraie, plus elle est fausse ; et les amoureux sont fort adonnés à la poésie ; et ce qu'ils jurent en poésie, en tant qu'amoureux, c'est, on peut bien le dire, fausseté pure.
La poésie peut être l'envers du silence, son miroir.