Vivre en poésie, ce n'est pas renoncer ; c'est se garder à la lisière de l'apparent et du réel, sachant qu'on ne pourra jamais réconcilier, ni circonscrire.
La poésie est une forme de violence.
La poésie peut être l'envers du silence, son miroir.
Il faut, si l'on veut vivre, renoncer à avoir une idée nette de quoi que ce soit. L'humanité est ainsi, il ne s'agit pas de la changer, mais de la connaître.
La poésie - par des voies inégales et feutrées - nous mène vers la pointe du jour au pays de la première fois.
Plus la poésie est vraie, plus elle est fausse ; et les amoureux sont fort adonnés à la poésie ; et ce qu'ils jurent en poésie, en tant qu'amoureux, c'est, on peut bien le dire, fausseté pure.
Point n'est besoin d'écrire pour avoir de la poésie dans ses poches.
N'est-il pas dans la nature de la poésie d'être et de rester souterraine ?
Nous avons la malchance de ne pas posséder la bonne religion. Pourquoi n'avons nous pas la religion des Japonais, pour qui se sacrifier à sa patrie est le bien suprême ? La religion musulmane aussi serait bien plus appropriée que ce christianisme, avec sa tolérance amollissante.
Un grain de poésie suffit à parfumer tout un siècle.
En quelques mots, je définis la Poésie des mots comme Création rythmique de la Beauté. Son seul juge est le Goût.
La dramaturgie est synonyme d'embellissement dramatique : c'est l'art de la réticence, celui de savoir faire une entrée, une sortie, c'est la poésie du théâtre.
Je dirais que dans ce monde, la plus grande source d'inégalité a été les privilèges spéciaux accordés par le gouvernement.
Sans le rêve, il n'y a pas de poésie possible. Et sans la poésie, il n'y a pas de vie supportable.
C'est la poésie qui a adouci les hommes farouches.
Amoureux : que de poésie dans ce mot ! Que de sentiments forts et puissants il exprime. Et comment ne pas se sentir ému quand on le prononce, soit qu'il parle d'un sentiment actuel, soit qu'il évoque le passé, soit qu'il ouvre l'avenir.
La poésie en vers libres, c'est comme jouer au tennis sans filet.
La poésie est le langage naturel de tous les cultes.
Contemplez hardiment tous ceux qui sont costumés De se sacrifier à l'autel des beautés Vous verrez que le vent de leur légèreté Leur éteint le brasier aussitôt qu'ils l'allument.
La poésie a été inventée pour donner un visage honorable à la mort.
L'un des privilèges de la vieillesse, c'est d'avoir, outre son âge, tous les âges.
Ici, que la poésie morte revienne à la vie.
Car la vie, j'en suis convaincu, est faite de poésie. La poésie n'est pas étrangère à la vie.
Le sacrifice de nous-mêmes nous permet de sacrifier les autres sans honte.
Ce que certains découvrent dans la poésie et les musées, je le ressens dans un bon coup de départ.
Personne n'a le droit de vous demander de renoncer à vous-même.
Il faut renoncer à savoir, mais il ne faut pas renoncer à juger.
Ce monde nous rendra libres, enfin. Libres de devenir qui nous sommes, sans devoir sacrifier notre âme pour un boulot pitoyable. Libres de ne plus subir la loi d'un supérieur incompétent et vicieux comme le sont presque tous les supérieurs hiérarchiques qui ont hérité d'un titre comme autrefois les nobles de leur particule ridicule.
La poésie vécue comme poésie, c'est le désir et l'agent de l'instauration démocratique, qui peut seule sauver le monde.
La poésie est cette musique que tout homme porte en soi.
Je ne vois pas comment un homme peut travailler aux frontières de la physique et écrire de la poésie en même temps. Elles sont dans l'opposition.