Vivre en poésie, ce n'est pas renoncer ; c'est se garder à la lisière de l'apparent et du réel, sachant qu'on ne pourra jamais réconcilier, ni circonscrire.
Visible, nous le verrions le poète ; voyant, il nous verrait ; et nous pâlirions dans nos pauvres ombres, nous lui en voudrions d'être si réel, nous les malingres, nous les gênés, nous les tout-chose.
Un écrivain peut finir par devenir un simple jongleur de mots plus ou moins adroit. Il peut en arriver à oublier l'essentiel : cette source qui coule au fond de nous et qui est le véritable lieu de rencontre des êtres.
La télévision doit pouvoir, à l'occasion, renoncer à ses oripeaux institutionnels pour se frotter d'égal à égal au jaillissement de faits, d'idées et d'opinions qui agitent, secouent, bousculent le corps social.
Ce qui est important, ce n'est pas de finir une oeuvre, mais d'entrevoir qu'elle permette un jour de commencer quelque chose.
L'amour est la poésie des sens.
La poésie de la terre ne meurt jamais.
Est-ce ainsi que j'ai toujours été conçu pour finir ? Seul, mal aimé à attendre l'arrivée de la police ?
Ne faut-il pas croire dans la vie pour réciter de la poésie ?
Réaliser dans l'âge d'homme les rêves de la jeunesse, c'est ainsi qu'un poète a défini le bonheur.
En amour, il est plus facile de renoncer à un sentiment que de perdre une habitude.
Peut-être que je ne me considère vraiment comme un homme intelligent que parce que, de toute ma vie, je n'ai jamais pu commencer ni finir quoi que ce soit.
L'impossible ne semble pas exister en amour, seul existe des possibles quand nous avons traversé nos peurs et nos résistances, ou renoncer à des projections erronées sur l'autre.
Un speech, c'est comme un adultère. N'importe quel imbécile peut le commencer. Le finir exige une autre habileté
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot.
Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton.
L'invention picturale ou la fantasmagorie littéraire permettent de supporter le réel désolé en apportant des compensations magiques.
Tout porte à croire qu'il existe un point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et l'avenir, le haut et le bas, le communicable et l'incommunicable cesseront d'être perçus contradictoirement.
Le poème de la création ne s'arrête jamais ; mais rares sont les oreilles capables de le capter.
La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même.
Le réel me donne de l'asthme.
Ma première priorité est de finir au-dessus plutôt que sous terre.
On naît bicyclette ou vélo, c'est presque politique. Mais les vélos doivent renoncer à cette part d'eux-mêmes pour aimer - car on n'est amoureux qu'à bicyclette.
Je fais un effort réel pour essayer de vivre dans le monde réel et pas seulement dans le monde des rêves.
Il faut, si l'on veut vivre, renoncer à avoir une idée nette de quoi que ce soit. L'humanité est ainsi, il ne s'agit pas de la changer, mais de la connaître.
Lacan a énoncé une profonde loi d'après laquelle ce qui est aboli symboliquement resurgit dans le réel sous forme hallucinatoire.
La poésie est aux sentiments ce que la philosophie est aux pensées.
Dans la vie, il est des rencontres stimulantes qui nous incitent à donner le meilleur de nous-même, il est aussi des rencontres qui nous minent et qui peuvent finir par nous briser.
Un écrivain, un poète en particulier, est quelqu'un qui travaille toute sa vie à faire de soi un être sans défense.
Le langage populaire, avec son radotage obsessionnel, sa pauvreté de vocabulaire, sa manie fastidieuse d'énumérer des détails superflus, sa dépendance du concret, voilà d'où surgit soudain la poésie sans crier gare.