Et si la mort n'était qu'un mot ?
Comprendre l'amour du mal est impossible à qui a l'amour du bien.
Le monsieur qui fait un bon mot et doit ensuite l'expliquer ressemble à un chasseur qui n'aurait pas de chien et serait obligé d'aller chercher son gibier lui même.
Toutes les déceptions de pensée et d'espérance, tout cela est secondaire. Le seul malheur irréparable, c'est la mort de ceux qu'on aime.
Il y a dans ce mot mariage un étrange pouvoir dissolvant.
Des bruits couraient que le ballet La mort du cygne avait été commandité par des bookmakers du nord de l'État de New York et que l'on pariait gros sur la survie de l'oiseau.
Si la justice était bien observée, on se passerait de protection.
Le psychologue se nourrit exclusivement dans la conscience : moi, je ne veux qu'une inconscience impossible à acclimater.
Si la connerie était de l'essence, on pourrait se passer des Arabes.
Une Vénus est bien difficile à peindre puisqu'elle porte toutes les perfections, il est à peu près impossible de la rendre véritablement séduisante.
Si le monde était vraiment gouverné par le hasard, il n'y aurait pas autant d'injustices. Car le hasard est juste.
Ne regarde pas à la blancheur du turban, peut-être le savon était pris à crédit.
Toute mort est secrète.
La peur d'être seul n'est bien souvent que l'horreur du vide, et il se pourrait que la solitude fût la véritable épreuve des êtres.
Rien n'est impossible à l'homme, ce qu'il ne peut faire, il le laisse.
Il vaut mieux que certains soient malheureux plutôt que personne ne soit heureux, ce qui serait le cas si l'égalité était générale.
Mystère. Mot dont nous nous servons pour tromper les autres, pour leur faire croire que nous sommes plus profonds qu'eux.
Lire, c'est regarder la mort sans la voir, sans y croire, les yeux béants, les yeux béats.
Le mot de révolution est un mot pour lequel on tue, pour lequel on meurt, pour lequel on envoie les masses populaires à la mort, mais qui n'a aucun contenu.
L'avenir est inconnu et source d'inquiétude : seuls les condamnés à mort sont rassurés.
Chaque mot qu'on garde Chaque geste qu'on n'a fait Sont autant de larmes Qui invitent au regret.
On peut déclamer sa maladie ou réciter la mort des autres, mais sa mort propre, on la meurt toujours avec naturel.
La bureaucratie est la mort de l'initiative.
Nos sages et doctes aïeux ont brûlé religieusement des gens dont le crime était d'avoir eu des illusions, et de le dire.
Quelle que soit la chose qu'on veut dire, il n'y a qu'un mot pour l'exprimer, qu'un verbe pour l'animer et qu'un adjectif pour la qualifier.
Il est impossible de croire que cet univers immense et merveilleux est le résultat d'un hasard aveugle ou d'une nécessité.
Au commencement était l'émotion.
Chaque mot poétique est ainsi un objet inattendu, une boite de Pandore d'où s'envolent toues les virtualités du langage; il est donc produit et consommé avec une curiosité particulière, une sorte de gourmandise sacrée. Cette Faim du mot, commune à toute la poésie moderne, fait de la parole poétique une parole terrible et inhumaine.
- Est-ce qu'ils sont mort ? - Quelle importance ?
Au milieu du voyage de notre vie, je revins à moi dans un bois sombre où le droit chemin était perdu.
Le succès fut toujours un enfant de l'audace.