Les mots qu'on reçoit, c'est comme des parfums qu'on respire.
En quelques mots, je définis la Poésie des mots comme Création rythmique de la Beauté. Son seul juge est le Goût.
Adieu poète ! Il faut que les mots enterrent les mots.
La poésie, ce sont des mots avec de la musique à l'intérieur mais qui en sortent.
Toute phrase doit être en soi un monument bien coordonné, l'ensemble de tous ces monuments formant la ville qui est le Livre.
Dans une langue seconde, les mots sont simplement plus éloignés de la réalité que dans la langue maternelle.
Le livre est un maître qui ne se lasse point ; il est à la disposition du lecteur, pour se répéter, puisque celui-ci n'a qu'à relire la phrase mal comprise.
Une description qui dépasse dix mots n'est plus visible.
Quand les mots sont rares, ils sont rarement dépensés en vain.
Il n'y a pas que les mots pour la compréhension, mais un mot juste parfois peut tout changer.
Tout est illusion. La phrase précédente aussi, bien entendu.
Ce qui n'a jamais été articulé en mots finit par devenir trop nébuleux pour s'inscrire dans la mémoire.
La musique nous touche émotionnellement, là où les mots seuls ne le peuvent pas.
Ce qui nous trahit aujourd'hui, c'est la petite phrase sortie de son contexte.
Je voulais te dire des mots solaires, te baigner de parfums doux comme des songes.
Les mots sont nos esclaves.
Dans la phrase « Elle ne souffre plus », à quoi, à qui renvoie « elle » ? Que veut dire ce présent ?
Dites à une femme deux ou trois mots qu'elle ne comprenne pas, d'aspect profond. Ils la déroutent, l'inquiètent, la rendent anxieuse, la forcent à réfléchir et vous la ramènent consciente de son infériorité, sans défense. Car le reste est un jeu d'enfant.
Pour l'expérimentateur physiologiste, il ne saurait y avoir ni spiritualisme ni matérialisme. Ces mots appartiennent à une philosophie naturelle qui a vieilli, ils tomberont en désuétude par le progrès même de la science.
On ne «flirte » pas à l'Opéra; on crie très fort des mots incompréhensibles ; si l'on y échange des serments, c'est avec l'assentiment des trombones : logiquement, les nuances changeantes d'un sentiment doivent s'y perdre parmi tant de clameur obligée.
Le calembour représente l'unique point de jonction entre un imbécile et un génie.
L'absurdité de la douleur. On ne trouve jamais les paroles opportunes, les mots sont des masques cachant les blessures.
Les mots sont des pistolets chargés.
Un écrivain n'a pas plus de légitimité que quiconque à analyser à chaud les drames qui laissent la société sidérée. Il peut en revanche s'intéresser au sens des mots qui prétendent dire les événements.
Les mots parviennent toujours à faire taire ce que les regards ne savent pas cacher.
Autre bizarrerie dont nous nous accommodons sans trop de peine : dans une famille, un chien reçoit tous les soins de base qui lui permettent de rester en bonne santé. Là encore, la loi l'impose. Pourtant, si ce même chien, [...] ► Lire la suite
Les mots sont une vie indépendante de notre raison. Jouer avec eux nous révèle un monde étrange qui pourtant est le nôtre.
On ne doit pas plus exhiber sa culture que ses biceps. Il faut qu'elle saille sous la phrase comme les muscles sous le vêtement.
Avant de mâcher les mots je mange les idées.
L'ivresse permet d'élaborer de nouvelles formes, de révoquer les mots usés de la tribu, bibelots abolis incapables de dire l'éternelle beauté du Monde.
Les mots ont un pouvoir magique. Ils peuvent soit apporter le plus grand bonheur, soit le plus profond désespoir.