L'histoire de l'art moderne est aussi l'histoire de la perte progressive de l'audience de l'art. L'art est devenu de plus en plus le souci de l'artiste et la perplexité du public.
La poésie ne rythmera plus l'action, elle sera en avant.
Réservant au peintre la tâche sévère et contrôlable de commencer les tableaux, attribuons au spectateur le rôle avantageux, commode et gentiment comique de les achever par sa méditation ou son rêve.
La source d'inspiration, à condition de ne pas mener au plagiat, est essentielle. Par ailleurs, T.S. Eliot a très bien dit que la poésie et l'écriture, ce ne sont pas l'expression des émotions mais précisément la fuite des émotions.
Plus grande est la réussite, plus elle frise le ratage (comme un chef-d'oeuvre de peinture frise le chromo).
Il y a en Art une catégorie de joies supérieures, si profondes et si hautes que l'on est à jamais l'obligé de celle ou de celui qui vous les ont données.
Plus la poésie est vraie, plus elle est fausse ; et les amoureux sont fort adonnés à la poésie ; et ce qu'ils jurent en poésie, en tant qu'amoureux, c'est, on peut bien le dire, fausseté pure.
La vie sans poésie et la vie sans infini, c'est comme un paysage sans ciel : on y étouffe.
Bien reformuler l'idée d'un auteur ou auteure et un art en soi.
Un physicien moderne étudie la physique quantique les lundis, mercredis et vendredis et médite sur la théorie de la relativité gravitationnelle les mardis, jeudis et samedis. Le dimanche, il prie... pour que quelqu'un trouve la corrélation entre les deux.
Le Peintre ne doit pas faire ce qu'il voit, mais ce qui sera vu.
Le cinéma, c'est l'écriture moderne dont l'encre est la lumière.
Ce que nous montre le peintre ou le sculpteur n'est pas ce qu'on voit autour de nous. Ce que nous voyons voile la profondeur qui est à l'origine de la forme.
Le contact avec la scène pour un artiste est très important.
Chercher le bonheur dans son travail, c'est comme creuser une galerie dans la roche dure, à la recherche de l'or. On a besoin de toute son énergie, de toute la force et de l'ardeur de sa nature pour y parvenir.
La poésie de Verlaine est simple, humaine et chantante, ce qui explique son succès.
Admettre l'art de vivre des autres n'est pas donné à tous les peuples, ou en tout cas à tous les chefs que les peuples se donnent. Savoir l'admettre, le reconnaitre, décider parfois de s'en inspirer, c'est déjà tout un art de vivre.
Comment réagiraient nos ancêtres si on leur présentait un ordinateur moderne ? Ils parviendraient probablement à le dompter à coups de pierres. Ils étaient beaucoup plus futés que nous le pensons.
Il m'a fallu 40 ans pour découvrir que la peinture n'est pas une sculpture.
La poésie est une religion sans espoir.
La poésie vit d'insomnie perpétuelle.
La peinture vient de l'endroit où les mots ne peuvent plus s'exprimer.
C'est dans l'exercice de son art que l'artiste trouve un heureux compromis avec tout ce qui l'a blessé ou vaincu dans la vie quotidienne, par l'imagination, non pour échapper à son destin comme fait l'homme ordinaire, mais pour l'accomplir le plus totalement et le plus adéquatement possible.
La dramaturgie est synonyme d'embellissement dramatique : c'est l'art de la réticence, celui de savoir faire une entrée, une sortie, c'est la poésie du théâtre.
J'ai hérité d'un tableau et d'un violon qui se sont révélés être un Rembrandt et un Stradivarius. Malheureusement Rembrandt faisait des violons qui ne valaient rien et Stradivarius était un peintre médiocre.
On voit ainsi se manifester à la fois la "rage de lire" des femmes et la réprobation de leurs contemporains masculins. L'adolescente qui s'adonne à la lecture de romans - mais la poésie peut être tout aussi pernicieuse - renie son innocence première et se fabrique un paradis artificiel.
La place du père dans la famille urbaine moderne est restreinte, particulièrement si ce dernier joue au golf.
La poésie dit l'Ineffable : on le lit, on le relie.
Il faut être un homme vivant et un artiste posthume.
Tous les ennuis que nous vaut la vie moderne sont dus à ce qu'il y a de divorce entre la nature et nous.
Que sait-on de la grâce ? C'est un désir, une tentation, une courbe élégante de l'âme. C'est indéfinissable. Un artiste la cherche toute sa vie. Il ne sait pas ce que c'est mais il la devine, il la sent.