Le défi de la politique, c'est de faire paraître l'impossible comme l'art du possible.
Le feu de la cheminée, ce petit théâtre où les flammes gesticulent comme des acteurs affairés.
Le théâtre permet de provoquer les gens intellectuellement.
Le possible est d'hier et il a eu lieu : l'impossible seul reste encore à naître.
La poésie est au théâtre une dentelle délicate impossible à voir de loin.
Les rois deviendront tyrans par politique lorsque les sujets seront rebelles par principe.
Tout désespoir en politique est une sottise absolue.
Lorsque le peuple régnera dans la poésie, il sera près de régner dans la politique aussi.
L'imagination est la reine du vrai, et le possible est une des provinces du vrai.
Tout le monde connaît, au moins de réputation, le théâtre national de l'Opéra. J'ai eu le regret de constater qu'il n'avait pas changé : pour le passant mal prévenu, ça ressemble toujours à une gare de chemin de fer; une fois entré, c'est à s'y méprendre une salle de bains turcs.
Tout art s'adresse aux sens, d'abord, plus qu'à l'esprit.
En politique on n'est pas ce qu'on est ; on est ce qu'on paraît être. La déconsidération, une fois acquise, ne se perd plus.
Le théâtre est une destination inconnue, mais suffisamment connue pour produire une inquiétude indicible, mais moins effrayante qu'elle ne devrait l'être grâce à la certitude de n'y arriver jamais.
Quand on s'habitue à chercher son bien-être dans ses propres efforts, on s'élève dans sa propre opinion comme dans celle des autres.
Celui pour qui le théâtre est la joie de la métamorphose mourra acteur, même dans la cellule d'un couvent.
La calomnie est en politique moins gênante que la manifestation de la vérité.
La lecture est un art et tout le monde n'est pas artiste.
Un homme politique doit faire du consensus.
Parmi les causes de ce qu'on appelle habituellement le « malaise » des esprits, l'une des plus caractéristiques me semble être l'évacuation progressive de la substance de l'Etat. L'Etat se dépolitise. Non au sens de la « politique politicienne », plus présente que jamais. Mais au sens du politique. De l'essence du politique.
La forme la plus exquise du comportement politicien consiste à utiliser un fait vrai pour en faire un mensonge.
Le théâtre est un temple du contact d'homme à homme, une dramaturgie de la rencontre.
Pourquoi donc n'est-il pas possible qu'après la mort nous gardions l'apparence parfaite des vivants, si les vivants peuvent dans le sommeil se faire semblables aux lugubres morts ?
De l'aphorisme obscur retiens la possible étincelle.
Un musicien qui joue "bien", un écrivain qui écrit "bien", un peintre qui peint "bien", sont faits pour enseigner, rarement pour être des artistes.
L'homme politique qui prétend ne jamais avoir menti ne fait qu'un mensonge de plus.
Qu'est-ce que le théâtre ? Un des témoignages les plus certains de ce besoin de l'homme d'éprouver à la fois le plus d'émotions possible.
J'arrêterais de faire de la politique quand les politiciens arrêterons de nous faire rire !
La plupart attrapent une opinion comme on attrape la rougeole, par contagion.
Ce qui est possible mérite d'avoir sa chance.
Le théâtre doit faire des propositions qui permettent d'appréhender le chaos de la langue des médias et des modes. Sa langue doit être un foyer de réflexion.
J'aurais dû peut-être être un peintre spécialisé dans les fleurs.