Au sens littéral, ce proverbe juif exprime l'idée que Dieu, en tant qu'Être suprême, ne peut pas physiquement être présent à chaque instant et en tout lieu pour veiller sur l'humanité entière. Par conséquent, il a délégué une partie de cette mission universelle et constante de sollicitude et de protection aux mères. La mère est donc perçue comme un substitut divin sur terre, un être créé spécifiquement pour incarner et exercer cette attention et ce soin omniprésents qui, autrement, feraient défaut.
De manière symbolique, le proverbe souligne que la mère est l'incarnation terrestre des qualités attribuées traditionnellement au divin, telles que :
La création de la mère est ainsi vue comme un acte de miséricorde divine, offrant à l'homme un lien tangible et immédiat avec la bienveillance universelle.
Ce proverbe est typiquement utilisé pour :
La principale leçon morale à retenir est la reconnaissance de la valeur sacrée et de la noblesse du rôle maternel. Le proverbe nous enseigne à :
Le style du proverbe est direct et plein de bon sens populaire, mais aussi chargé d'une grande poésie et de profondeur théologique. Il utilise un dispositif de cause à effet : l'impossibilité (l'omniprésence de Dieu) mène à la nécessité (la création des mères). La brièveté de la formule la rend mémorable, tandis que son anthropomorphisme – le fait que Dieu soit contraint par une « limite » – la rend plus accessible et émotionnellement percutante.
En résumé, ce proverbe signifie que la mère est le don le plus précieux de Dieu à l'humanité. C'est elle qui assure la permanence de l'amour, de l'attention et de la protection divins dans notre quotidien. Elle est, par excellence, le bras droit de l'Éternel sur Terre.
Ce proverbe est classiquement attribué à la tradition juive. Bien qu'il soit difficile d'en localiser l'auteur exact ou la première occurrence écrite, il est souvent catégorisé comme un proverbe yiddish (langue germanique parlée par les Juifs ashkénazes) ou un vieux dicton juif. Son origine populaire et orale témoigne de la place centrale et très honorée de la mère dans la culture et la tradition juives.
Dans la culture juive, la mère (ou Éma en hébreu) joue un rôle fondamental. C'est elle qui transmet l'identité juive (selon la Loi juive, on est Juif si sa mère l'est) et qui est le pilier du foyer, garantissant l'observance des traditions, du Chabbat et de la Cacherout. Le proverbe reflète cette réalité culturelle où la mère est la gardienne spirituelle et pratique de la famille, assumant un rôle de supervision et de soin qui exige une présence quasi constante et infaillible.
Une variante fréquente, notamment dans la sphère yiddish, est : « Dieu ne pouvait être partout, alors il a créé la mère. »
Bien que non-juives, des pensées équivalentes se retrouvent dans d'autres cultures ou chez des auteurs célèbres, soulignant l'importance de la figure maternelle. Parfois, le proverbe est même erronément attribué à Rudyard Kipling, témoignant de sa popularité universelle.
Ce proverbe résonne avec plusieurs thèmes et dictons universels :