La souffrance d'autrui, même lorsqu'on connaît la cause, est une porte verrouillée de l'intérieur contre laquelle on ne peut que frapper discrètement pour que l'autre sache qu'il n'est pas seul.
Personne n'a d'ami pour tout ce qu'il est : ce serait de la corruption.
Je crois au destin et je crois que les choses se passent pour une raison, mais je ne pense pas qu'il y ait forcément un pouvoir élevé. Je crois beaucoup au karma cependant.
J'aime la vie, qu'est-ce qu'il y a de plus?
Un état est d'autant plus fort qu'il peut conserver en lui ce qui vit et agit contre lui.
Etrange chose que l'homme qui souffre veuille faire souffrir ce qu'il aime !
La seule chose dont on soit sûr, en ce qui concerne l'avenir, c'est qu'il n'est jamais conforme à nos prévisions.
Miracle du vin qui refait de l'homme ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : l'ami de l'homme.
Rhinoféroce : gros mammifère corné et connu pour son extrême méchanceté dès qu'il attrape un rhume.
L'homme, pendant des millénaires, est resté ce qu'il était pour Aristote : un animal vivant, et de plus capable d'une existence politique ; l'homme moderne est un animal dans la politique duquel sa vie d'être vivant est en question.
Celui qui veut vivre en paix et à l'aise, ne doit pas dire tout ce qu'il sait ni juger tout ce qu'il voit.
L'optimisme c'est aussi de dire qu'il y a de la tristesse dans la vie, du malheur. Dire que tout va bien, que tout va bien se passer, ce n'est pas de l'optimisme, c'est de la bêtise.
Ce souci est au coeur de l'Introduction à l'Origine de la géométrie, texte que j'avais choisi de traduire en particulier parce que Husserl y bute sur l'écriture. J'avais alors insisté sur le statut de la chose écrite dans l'histoire de [...] ► Lire la suite
Croire en Dieu c'est avant tout et par dessus tout vouloir qu'il existe.
Le grand public pense que les livres, comme les oeufs, gagnent à être consommés frais. C'est pour cette raison qu'il choisit toujours la nouveauté.
Le jeûne a ceci de bon qu'il fait apprécier la moindre collation.
Celui qui ajoute du vert au printemps, des roses a' l'automne,du pourpre a' de jeunes lèvres, créé de la laideur parce qu' il ment.
C'est dans une prison que la musique a le plus de sens. On en a besoin pour ne pas oublier. Ne pas oublier qu'il y a des endroits dans le monde qui ne sont pas faits de mur et de [...] ► Lire la suite
Un homme mérite de passer pour sage, alors qu'il est à la recherche de la sagesse ; dès qu'il croit l'avoir acquise, il est un sot.
Le public n'a pas besoin de nouvelles pensées. Ce qui vaut le mieux pour le public, ce sont les bonnes vieilles pensées reconnues qu'il a déjà.
Il aimait tellement le son de sa propre voix que chaque fois qu'il sortait de chez lui, il se téléphonait pour s'entendre sur le répondeur.
L'homme asservit tout ce qu'il touche, la nature, ses semblables, et davantage encore celui qu'il accable de son amour, homme ou femme.
Pour se faire excuser ses bassesses, ou pour les justifier, l'homme a besoin de savoir qu'il y a pire que lui.
Je refuse de préférer Dieu à moi, je ne crois pas qu'il nous demande autre chose que le parfait et intégral développement de nous-mêmes.
Nous demandons à Dieu ce qu'il nous plaît, et il nous donne ce qu'il nous faut.
Il faut penser tout ce qu'il y a de pensable dans l'impensable.
Il faudrait retirer à l'Etat les choses qu'il ne sait pas faire ou qu'il fait mal. S'occuper des pauvres, par exemple.
- Qu'est ce que tu fais ? - Non, toi, qu'est ce que tu fais ? - C'est le capitaine qui donne les ordres ! - Et c'est ce qu'il vient de faire ! - Mais ! C'est mon Navire ! Et c'est mes cartes ! - Ce qui fait de toi... l'homme aux cartes !
- Tu connais les paris débiles genre Blaise Pascal ? - Nan j'crois qu'il connait pas...
Dans l'affection que je vous porte, il y a trop de passé pour qu'il n'y ait pas beaucoup d'avenir.
Jamais l'objet d'un poète n'est et ne peut être de nous apprendre qu'il pleut.
Le noyau de l'homme est ferme, dur, peut-être même invariable. Mais ce qu'il fait dépend pour 99 % du hasard.
La création ne peut être qu'un jeu ou l'on s'oublie. Le bon outil, le maître l'oublie lorsqu'il crée. Il n'y pense plus, et pourtant il ne l'abîme pas, parce qu'il sert.
Aimer, ce n'est pas emprunter des routes toutes tracées et balisées. C'est avancer en funambule au-dessus de précipices et savoir qu'il y a quelqu'un au bout qui dit d'une voix douce et calme : avance, continue d'avancer, n'aie pas peur, tu vas y arriver,
Si ton pote chie sur tout l'monde, c'est qu'il fait pareil sur toi.
Le baiser est un fruit qu'il faut cueillir sur l'arbre.
L'expérience nous apprend que lorsqu'on entend sonner à la porte, c'est qu'il n'y a jamais personne.
Il n'y a crise d'obéissance qu'après qu'il y ait eu crise d'autorité.
Pour qu'une liaison d'homme à femme soit vraiment intéressante, il faut qu'il y ait entre eux jouissance, mémoire ou désir.
"Qui se sent morveux qu'il se mouche" est un proverbe correct et régulier, car il n'y a aucune raison pour que j'aille moucher le nez d'un type que je ne connais pas, que je n'ai jamais vu et dont je n'ai strictement rien à foutre.
Le propre d'une épouse avisée est de démontrer, la vie durant, à son mari, qu'il est trop bête pour elle et trop intelligent pour son salaire.
En vérité, si un homme abandonnait un royaume et le monde entier et qu'il se garde lui-même, il n'aurait rien abandonné.
Nous comprendrons toujours assez difficilement qu'il soit nécessaire de mourir pour devenir immortel.
Lorsqu'arrive ce que nous ne voulons pas, alors arrive ce qu'il y a de meilleur pour nous.
Ce que j'aime dans la plage, c'est qu'il y a toujours quelques chose de très voyeuriste...
O la belle chose ! Pouvoir achever sa vie avant sa mort, tellement qu'il n'y ait plus rien à faire qu'à mourir.
Je vous offrirais bien un parachute... si j'étais sûr qu'il ne s'ouvre pas !
Quand il devient nécessaire d'inventer des lois pour sauver une langue et une culture, c'est parce qu'il est déjà trop tard !
La raison se compose de vérités qu'il faut dire et de vérités qu'il faut taire.
L'intensité du regard d'un bébé qui tète est vraiment poignante, c'est l'intensité de l'être qui est conscient qu'il contribue au vivre du monde entier.