Il arrive toujours ce moment où l'on ne se reconnaît plus dans le miroir à force de vivre sans reflet.
On ne se repose bien et on meurt content que là où l'on a vécu heureux.
On ne fuit jamais assez loin et on ne se fuit jamais assez longtemps ! Car toujours vous rejoint l'inadmissible.
On ne se méfie jamais assez des ambitieux qui gravitent autour d'un chef. Bien souvent, ce sont eux qui infléchissent ses actions et qui, à force de le protéger, finissent par l'isoler dangereusement.
On ne se doit qu'à l'enfant qu'on a été.
L'âme et la vie intérieure, c'est ce qu'il y a de plus profond et donc de plus difficile à exprimer. C'est inépuisable. On ne se voit pas tel que Dieu nous voit.
A notre époque, on ne se marie jamais très bien du premier coup, il faut s'y reprendre.
On se brise même quand on est jeune et on se refait, mais on ne se refait pas jusqu'à redevenir intact.
On ne se connaît pas vraiment quand on ignore les autres.
A vingt-six ans, on a tellement appétit du neuf et peur de se répéter qu'on ne se sert jamais de ses notes.
On ne se fait pas toujours une langue propre à son coeur.
On ne se résigne jamais. On décide de se taire, c'est tout.
Il y a une jouissance dans les ruptures, si on ne se laisse pas prendre par la pitié.
On ne se méfie jamais assez de son passé.
Chez nous, on ne se prend pas trop au sérieux, et le rire est la meilleure forme d'unité, je pense, dans un couple.
Qu'est-ce qu'une maîtresse ? Une femme près de laquelle on ne se souvient plus de ce qu'on sait par coeur, c'est-à-dire de tous les défauts de son sexe.
On se vaut, bien que l'on ne se convienne pas.
La plus proche parenté, c'est la seule parenté avec qui on ne se familiarise pas.
On ne peut pas réparer la chair qui a été blessée, on ne se console pas de l'absence de nos morts.
L'Antiquité conseille de se connaître, l'Eglise de s'oublier... Ce n'est pas contradictoire : on ne se possède qu'en se quittant, et c'est chez les autres qu'on se découvre.
Dix ans d'amour, cela n'est plus très exaltant. On ne se promène plus souvent sur les sommets. Il nous arrive à tous d'avoir envie de souffrir, une fois encore, le délire du commencement d'un amour.
L'âge mûr est celui où l'on ne se couche plus uniquement pour ne pas dormir.
Puisqu'on ne se souvient que des humiliations et des défaites, à quoi donc aura servi le reste ?
On ne se suicide qu'avant 30 ans, après on met fin à sa vie.
On s'habitue à une présence, à la présence d'un être qui vit là depuis longtemps mais dont on ne se lasse point, car pour l'essentiel, c'est bête à dire, il vit ailleurs.
Héraclite pleure parce qu'il sait qu'on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve.
Si l'on vit on ne se voit pas vivre (et on fait n'importe quoi) si l'on se regarde vivre on ne vit plus et il n'y a plus rien à regarder.
La mémoire a bien ses raisons que l'on ne se souvienne plus.
On ne se prépare pas à la mort. On se détache de la vie.
On ne se lasse pas de changer les institutions, ne pouvant changer les hommes.
Est-ce que ce n'est pas incroyable de rencontrer quelqu'un et de se dire : avec cette personne, je suis bien ? J'aime être avec toi parce que je ne m'ennuie jamais. Même quand on ne se parle pas, même quand on ne se touche pas....
De nos jours, on ne sait plus, on ne se rend plus compte de tout le bonheur de l'anthracite anglais ! Comment il nous réchauffait couilles et miches et pognes pendant ces hivers terribles. Aujourd'hui, rares ceux qui se souviennent... quelques édentés crachoteux en leur grabat.
On ne se range guère à un parti que pour sortir du rang.
A force de s'aimer l'on ne se connaît plus.
Ce n'est pas si désagréable de vieillir si l'on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c'est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
Qu'est-ce qu'on sent, quand on ne se sent pas bien ?
On ne se donna jamais la peine de retourner la-bas du vivant de grand père, même si papa n'arrêtait pas d'en parler et, à présent, il n'y avait plus rien là-bas,sinon des souvenirs ; mais peut-être qu'un jour, avant de mourir, je retournerai y vivre.
Avec Karine, on ne se cache rien donc il n'y a pas de problème.
L'ambition est la seule maîtresse dont l'homme ne se lasse jamais ; elle lui rend le goût de lui-même. Et quand même elle nous trompe, on ne se résout pas à la tromper.
L'héroïsme m'a toujours intrigué. Je suis persuadé qu'on ne se lève pas le matin en se disant : « Aujourd'hui, je vais être un héros. »
On ne prévoit que les dangers ordinaires. Les pires sont ceux dont on ne se méfie pas !
On ne se prépare pas plus à la mort qu'on ne s'était préparé à vivre.
On ne se moque bien que de ce qu'on aime.
La politique est l'art d'arriver par n'importe quel moyen à une fin dont on ne se vante pas.
On ne se trompe jamais en conférant à quelqu'un le grade qu'il n'a pas atteint. Celui qui bénéficie de cette erreur est tout prêt à la pardonner, en pensant que le flatteur a simplement un peu d'avance.
Passé un certain âge, on ne se sépare plus des morts, on reste dans leur temps, en leur compagnie.
Il est des trahisons dont on ne se remet pas. Des blessures morales dont on ne guérit jamais, celles qu'une mère inflige à son enfant, par exemple, ou un homme à une femme.
On ne se méfie jamais assez des contre-emplois qu'on croit jouer: ils deviennent un jour notre seconde nature, et la première n'existe plus.
Excuse-moi de ne t'avoir laissé que de l'argent et des terres. Je ne sais même pas si tu en voudras. J'aurais voulu te laisser de l'amour, mais quand on est, comme moi, dans l'enseignement depuis bientôt quarante ans, on ne se fait aucune illusion sur la dévaluation des sentiments qu'on peut offrir aux jeunes.
On ne se réconcilie facilement qu'avec un mort.