Si le juste vit de sa foi, un philosophe doit vivre aussi de la sienne ; c'est à dire qu'il ne doit point faire dépendre de ce que penseront les autres hommes ce qu'il doit juger des choses. Il doit examiner profondément les objets.
Vous pouvez penser que le président est tout-puissant, mais il ne l'est pas. Il a besoin de beaucoup de conseils de la part du Seigneur.
Il ne sait plus que dire et formule, d'un air malheureux, des objections presque futiles, tant il en est d'autres plus lourdes.
Malheureusement pour Listz, pianiste prodigieux, tirant de l'instrument des effets inconnus, le transformant de fond en comble comme Paganini avait transformé le violon, il ne semblait pas qu'il pût s évader d'une aussi puissante spécialité.
L'amitié n'aime que ce qu'elle comprend ; l'amour peut aimer ce qu'il ne comprend pas.
Mon orgueil a été brisé, carrière et coeur, il ne m'a pas donné ma chance parce qu'il n'a jamais cru en moi.
Il y a deux trucs vraiment risqués et qu'il ne faut donc pas faire en France en ce début de XXIe siècle : dessiner Mahomet et dire que Brassens vous emmerde.
Il avait vécu et agi en supposant qu'il était seul, et maintenant il voyait qu'il ne l'avait pas été. Ce qu'il avait fait faisait souffrir les autres. Peu importe à quel point il désirait qu'ils l'oublient, ils n'en seraient pas capables. Sa famille faisait partie de lui, non seulement dans le sang, mais dans l'esprit.
La calomnie est comme la guêpe qui vous inquiète, et dont il ne vaut mieux chercher à se débarrasser que si vous êtes sûr de la tuer ; car autrement il revient à la charge plus furieux que jamais.
Lorsque l'amour est perdu, il ne faut surtout pas courber la tête. Il faut la lever haute et poser un regard vers le ciel, lieu où a été envoyé notre coeur pour guérir.
Le nihilisme n'a plus les couleurs sombres, wagnériennes, splengleriennes, fuligineuses, de la fin du siècle. Il ne procède plus d'une Weltanschauung de la décadence ni d'une radicalité métaphysique née de la mort de Dieu et de toutes les conséquences qu'il faut en tirer.
Chiang Kai-shek croyait aux villes, à l'armement moderne, à l'aide américaine. Mao croyait aux manants armés de piques et ne comptant que sur eux-mêmes. Paysan, il ne doute pas un instant de la prise du pouvoir par une armée paysanne. Dans cette foi de roc, réside le secret de sa victoire.
Il n'est pas bon, pour un médecin, d'admettre qu'il ne se sent pas bien.
Personne ne veut plus être tenu pour responsable ? Chacun aspire à passer pour un malheureux ? Même s'il ne traverse aucune épreuve particulière.
L'artiste doit regarder la vie comme il l'a fait quand il était enfant. S'il perd cette faculté, il ne peut pas s'exprimer d'une manière originale, c'est-à-dire personnelle.
Que ferait un conteur s'il ne trouvait parfois un peu d'appui dans le silence ?
Plus que la femme, l'homme est contraint au désir ; il ne l'est pas moins à l'amour.
Il ne suffit pas d'avoir horreur de la guerre. Il faut savoir organiser contre elle les éléments de défense indispensables. Mon pays peut le faire sans avoir à abandonner une politique de paix.
Le problème avec Yves Saint Laurent était que c'était un homme qui comprenait son époque mieux que quiconque, mais il ne l'aimait pas. De vrais artistes vivent leur propre vie en parallèle. C'est l'artiste qui transforme son époque.
Ce qui est le plus plaisant avec un chien c'est qu'on peut faire l'idiot avec lui et que non seulement il ne vous fera aucun reproche, mais il va faire l'idiot lui aussi.
Les gens aiment bien sentir la mort. Ils aiment voir crever un torero. S'ils savent qu'il ne va pas crever, ils ne vont pas à la corrida.
J'aime la nuit. Ses sanglots dans les tuyaux. Le frigo qui se remet en marche. L'eau qui coule du robinet pour le chat. Il ne boit qu'à l'eau fraîche qui l'éclabousse. Sa langue rose. Je revisite le silence. Les nuits du monde.
L'homme craint la vérité encore plus qu'il ne l'aime. Disons mieux ; il craint la vérité parce qu'il l'aime. Comme ces femmes trop belles qu'on se détourne de regarder beaucoup.
Il est tellement timide, il ne parle même pas à lui-même dans sa tête.
Une société qui interdit à outrance pour protéger chacun contre soi est une société qui n'a pas une très grande idée de l'homme et qui tôt ou tard se demandera s'il ne faut pas penser à sa place.
Un amant est un homme qui essaie d'être plus aimable qu'il ne lui est possible de l'être.
Et pourtant ce tyran, seul, il n'est pas besoin de le combattre, ni même de s'en défendre il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à la servitude. Il ne s'agit pas de lui rien arracher, mais seulement de ne lui rien donner.
On peut s'habiller dans toutes les matières, aussi invraisemblables soient-elles. Lorsque nous serons 20 milliards d'individus sur Terre, il n'y aura plus de laine, plus de coton, il n'y aura plus rien ! Il ne restera plus que les choses de la minière et nos ordures à recycler pour pouvoir faire des vêtements.
On nous dit : il ne faut pas frapper son ennemi à terre. Bon...Mais alors quand ?
L'homme est plus sage le matin qu'il ne l'a été la veille.
Il ne faut pas tuer les illusions nobles.
Pour être avare, il ne faut que la paresse, l'inaction. C'est pour cela que l'avarice est contagieuse.
Tant que de l'autre en tant qu'autre n'aura pas été de quelque façon "accueilli" dans l'épiphanie, dans le retrait ou la visitation de son visage, il ne saurait y avoir de sens à parler de paix. Avec le même on n'est jamais en paix.
Des machines à calculer, les hommes ne sont rien d'autre. Le monde ne sera bientôt plus qu'un unique ordinateur. Il ne nous sert à rien de ne pas y prendre part, nous sommes enfermés dans tout et nous ne pouvons plus en sortir.
J'aimais mon père et le haïssais tout à la fois. C'était un chiffonnier, il conduisait une carriole et il ne savait ni lire ni écrire. Mais pour moi, c'était un grand homme. Il était si fort. C'était un homme. J'avais envie qu'il m'accepte, qu'il me fasse des compliments.
Jamais il ne s'était vu un coeur plus simple. Le langage moderne a déshonoré, autant qu'il a pu, la simplicité. C'est au point qu on ne sait même plus ce que c'est. On se représente vaguement une espèce de corridor ou de tunnel entre la stupidité et l'idiotie.
L'écologie doit urgemment être retirée des griffes des politiciens qui la prenne en otage. Il ne devrait pas y avoir de parti écologiste, seulement des spécialistes de l'écologie dans tous les partis.
Le Niçois Kanté, qu'on annonçait chez nous, a signé à Olympiakos. Il nous a demandé 120 000 euros mensuels. Je lui ai demandé s'il ne se touchait pas un peu.
Pourquoi donc, en effet, le riche serait-il plus heureux que le pauvre ? Il ne travaille point ; eh bien ! il n'a pas le plaisir de se reposer.
Je suis devenu végétarienne après le 11 septembre. Un de mes amis est revenu de New York et a dit qu'il ne supportait pas l'odeur de la chair brûlée. Il m'a immédiatement rappelé un barbecue.
Pour y arriver, il ne faut surtout pas se dire qu'on a déjà fait ça et ça. Non, je crois qu'on a jamais rien fait. Et c'est cela qui pousse à aller plus loin.
Aime ton père, s'il est juste, et s'il ne l'est pas, supporte-le.
Il ne peut y avoir de prospérité sans sécurité.
il ne s'agit pas d'aimer bien, il faut être ému.
La créativité est un cadeau. Il ne passe pas si l'air est encombré.
- C'est la chambre à coucher, mais là il ne s'est jamais rien passé. - Vraiment ? Dommage...
Le peuple n'est pas meilleur que les riches, mais, comme il est moins riche, il ne peut pas tout se permettre.
Il ne faut point parler de corde dans la maison d'un pendu.
La France est multiraciale, et elle le restera. C'est une évidence. Mais il ne faut pas se tromper de leçon. Elle l'est grâce à sa passion d'unité. Elle a pu être multiraciale parce qu'elle a toujours refusé d'être « pluriculturelle » ou « polyethnique ».
Certains gestes deviennent redoutables dans la solitude parce qu'ils acquièrent une valeur finale. Quand un homme tombe et qu'il est tout seul dans un champ, il ne sait pas à qui dédier sa chute.