Ah ! Misérables coeurs que nous sommes ! C'est un peu fort pourtant que le mépris ne puisse pas tuer l'amour !...
Il y a parfois du courage à fuir...
Tout bonheur est fait d'une foule de joies menues et inracontables.
Le houblon, qu'il avait planté lui-même, enguirlandait maintenant les fenêtres jusqu'au toit.
Ah ! Gringoire, qu'elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin ! qu'elle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande !...
M. Seguin n'avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres. Il les perdait toutes de la même façon: un beau matin, elles cassaient leur corde, s'en allaient dans la montagne, et là-haut le loup les mangeait.
Ces vieux ! Ça n'a qu'une goutte de sang dans les veines, et à la moindre émotion elle leur saute au visage...
Cet homme, c'était Tartarin, Tartarin de Tarascon, l'intrépide, le grand, l'incomparable Tartarin de Tarascon.
Une visite de M. le sous-préfet présageait évidemment quelque chose d'extraordinaire.
Et la légende court, se répand, s'enjolive, un vrai roman de George Sand.
L'amour est toujours dévoué, toujours héroïque, toujours capable de grandes choses.
Un de ces êtres minutieux qui installent dans toute leur vie l'exactitude de l'heure du bureau et l'ordre des cartons étiquetés.
On cause du passé, couleur de deuil, de l'avenir, couleur de rose.
Nous allons d'une enjambée franchir quatre ou cinq années de sa vie.
Ils avaient fini par croire que la race des meuniers était éteinte.
Il faut faire parfois de singuliers métiers pour gagner sa vie.
À tâtons, de ses vieilles mains qui tremblent, elle cherche le loquet... Une fenêtre qui s'ouvre, le bruit d'un corps sur les dalles de la cour, et c'est tout...
Relire un livre, aux différents âges de la vie, c'est réviser un procès dont le juge a vieilli et qui se juge lui-même.
C'était une figure éteinte et triste, avec de petits yeux fanés. Il y avait des larmes dans ces yeux, mais dans sa voix il y avait de la haine. La haine, c'est la colère des faibles !... Si j'étais rémouleuse, je me méfierais.
Ding ! dong ! Levez-vous. Ding ! dong ! Couchez-vous. Ding ! dong ! Instruisez-vous ! Ding ! dong ! Amusez-vous. Et cela pour toute l'année.
C'est qu'ils ne me sortaient plus de la tête, ces grands démons d'yeux noirs. Je les retrouvais partout. J'y pensais toujours, en travaillant, en dormant... C'était une obsession.
Les francs-tireurs étaient là avec leurs petits cabans, accroupis au fond d'une fosse pleine d'eau, tout le long du chemin de fer de Soissons.
Plus de printemps, plus de jeunesse. Ou du moins tous deux aigres, durs, âpres, sans bonté, sans douceur.
Le dimanche nous allions aux moulins, par bandes. Là-haut, les meuniers payaient le muscat. Les meunières étaient belles comme des reines, avec leurs fichus de dentelles et leurs croix d'or.
Quand on est bien lesté, on se lève, on siffle les chiens, on arme les fusils, et on se met en chasse.
Les hommes vieillissent, mais ne mûrissent pas.
Les grands comédiens ne meurent ni de maladie ni de vieillesse ; ils cessent d'exister quand on ne les applaudit plus.
Les crânes bouillaient sous le soleil à faire sauter tous leurs couvercles.
Est-ce horrible, tant de vies humaines sacrifiées, tant d'efforts, de courage, d'intelligence inutiles ?
La fabrique avait repris son aspect florissant d'autrefois et son grand bourdonnement de ruche.
La marche devient impossible sous peine de s'égarer.
Whymper, le célèbre ascensionniste, lui envoya ses livres, croyant que le célèbre romancier était aussi un confrère en ascensions.
Cette vie de petite ville lui pesait, l'étouffait. Le grand homme de Tarascon s'ennuyait à Tarascon.
C'est une justice à nous rendre : à partir de ce jour-là nous ne laissâmes le vieux meunier manquer d'ouvrage. Puis, un matin, maître Cornille mourut, et les ailes de notre dernier moulin cessèrent de virer, pour toujours cette fois...
Ces visages détendus, abandonnés dans le sommeil.
Les larmes entretiennent les plaies, elles ne les cicatrisent pas.
La mauvaise fortune, au lieu de l'abattre, l'exaspéra. Du soir au matin, ce fut une colère formidable qui, ne sachant à qui s'en prendre, s'attaquait à tout, au soleil, au mistral.
J'essayai de dégager ma main de celle de mon père; lui croyant que j'avais glissé, me serra plus fort.
Ah ! Ces anciennes maitresses, une fois mariées, il n'y a pas plus bégueules qu'elles.
Avec cette rage d'aventures, ce besoin d'émotions fortes, cette folie de voyages, de courses, de diable au vert, comment diantre se trouvait-il que Tartarin de Tarascon n'eût jamais quitté Tarascon ?
Souvent, paraît-il, il suffit d'un grand bruit, d'un frémissement sonore de l'air, pour éloigner les sauterelles, les empêcher de descendre.
Moi, je répondais de mon mieux à toutes leurs questions, donnant sur mon ami les détails que je savais, inventant effrontément ceux que je ne savais pas.
C'est une vérité, je suis la mauvaise étoile de mes parents.
Il était si bien dans le dorlotement de cette chambre voluptueuse, si délicieusement étourdi.
La vie l'épouvantait à présent; il se sentait faible et désarmé devant elle, et il pleurait, pleurait.
Et l'ange ouvre et feuillette son grand livre, mouillant son doigt de salive pour que le feuillet glisse mieux...
Jacques se met à border le lit activement, avec un soin de vieille fille.
Après quoi, je descendis lentement, regardant attentif autour de moi, comme pour emporter dans mes yeux l'image, toute l'image, de ces lieux que je ne devais plus jamais revoir.
Morte !... morte !... Il y a de ces mots qu'on prononce sans pouvoir les comprendre.
Les mauvais écrivains croient que le divorce des mots n'est pas permis.
♥ 100364
♥ 48828
♥ 38353
♥ 31625
♥ 29068
♥ 21636
♥ 21076
♥ 14140
♥ 11559
♥ 10950
♥ 9798
♥ 9743
♥ 9573
♥ 8268
♥ 7614
♥ 7247
♥ 6778
♥ 6328
♥ 6116
♥ 5689
♥ 4951
♥ 4760
♥ 4595
♥ 4560
♥ 3708
♥ 2062
♥ 1865
♥ 1707
♥ 1680
♥ 1569
♥ 1499
♥ 1482
♥ 1478
♥ 1409
♥ 1407
♥ 1308
♥ 13576
♥ 10608
♥ 6358
♥ 6074
♥ 5050
♥ 4202
♥ 4196
♥ 4120
♥ 3798
♥ 3750
♥ 3587
♥ 3562
Vous souhaitez en savoir plus sur la vie de Alphonse Daudet, il suffit de lire sa biographie grâce à notre partenaire JeSuisMort.com, spécialiste des célébrités disparues et 1er cimetière virtuel du Web.