Rien n'est plus trompeur qu'un sourire. Et nul ne le sait mieux que celles et ceux qui se cachent derrière lui. Certaines montrent leurs dents comme pour mettre poliment en garde leurs ennemis, d'autres arborent une mine radieuse pour empêcher leurs larmes de couler. D'autres encore grimacent bêtement pour masquer leurs peurs. Et puis il y a ce sourire rare, totalement sincère. C'est le sourire qui sait que les ennuis seront bientôt terminés.
L'auteure, Mary Alice Young, établit d'emblée un paradoxe : le sourire, habituellement signe de joie, est en réalité l'expression la plus trompeuse qui soit. La réplique décrit ensuite une typologie des masques que constitue le sourire : une mise en garde (montrer les dents), un barrage contre la tristesse (mine radieuse pour cacher des larmes) ou un camouflage de l'anxiété (grimacer bêtement). L'exception à cette règle est le "sourire rare, totalement sincère", celui qui annonce la fin imminente des difficultés.
Le sourire symbolise la façade sociale que chaque individu s'efforce de maintenir, en particulier dans un environnement où l'apparence est primordiale, comme Wisteria Lane. Ce n'est pas un signe d'état d'âme, mais un outil de communication et de survie.
Plusieurs lectures peuvent être faites de cette réflexion :
Cette réplique trouve un écho puissant dans la vie de tous les jours, notamment :
L'idée principale à retenir est qu'il faut se méfier des apparences et apprendre à lire au-delà des façades. Le véritable bonheur ne se manifeste pas dans l'exubérance forcée, mais dans un calme et une sérénité profonde, représentée par ce sourire final, dénué de toute nécessité de cacher quoi que ce soit. En tant qu'internaute, vous êtes invité à la prudence dans vos jugements et à l'empathie envers ceux qui sourient.
Cette citation est l'une des célèbres narrations d'ouverture ou de clôture de la série télévisée américaine à succès Desperate Housewives. Elle est prononcée par le personnage de Mary Alice Young, qui sert de narratrice omnisciente aux événements de Wisteria Lane. La série a été créée par Marc Cherry et a été diffusée à partir de 2004.
Mary Alice Young n'est pas physiquement présente pour délivrer cette pensée, car la série débute par son suicide. La réplique est donc énoncée par sa voix off. Ces monologues servent à introduire ou à conclure les épisodes en apportant une réflexion philosophique ou une morale sur le thème abordé, souvent les secrets, le mariage, la maternité ou les faux-semblants. Dans ce contexte précis, la réplique vise à établir le ton de la série : derrière les sourires des banlieusardes parfaites se cachent des drames et des secrets inavouables.
Le lien avec Mary Alice est extrêmement fort et tragique. Mary Alice est le symbole même de la femme qui se cache derrière un sourire parfait. Son suicide, qui est le point de départ de toute la série, est l'acte final d'une femme qui n'a plus réussi à maintenir la façade. Son "sourire rare, totalement sincère" de fin peut être interprété comme celui de la délivrance par la mort, l'ultime moyen de faire cesser ses "ennuis" liés à un secret terrible.
La réplique résume à elle seule le thème central de Desperate Housewives, qui est la dissimulation et le contraste entre l'apparence et la réalité. La série dépeint une banlieue idéale où les maisons sont impeccables et les sourires éclatants, mais où l'hypocrisie, l'infidélité, les crimes et les secrets les plus sombres pullulent. Le sourire est donc le leitmotiv visuel de cette tromperie.
L'impact de cette citation est qu'elle a contribué à populariser l'idée que les vies les plus parfaites en apparence sont souvent les plus complexes et douloureuses en réalité.