Je comprend très bien que parfois on ait vraiment envie de presser la détente, mais quand on se perd soi même on perd tout en même temps.
Le christianisme fut, en un sens, favorable au monde du travail. Il valorisa le travail, aux dépens de la jouissance. Sans doute, il fit du paradis le royaume de la satisfaction immédiate - en même temps qu'éternelle... Mais il en fit pour commencer le dernier résultat d'un effort.
La jeunesse est une belle chose non parce qu'elle permet de faire des bêtises, mais parce qu'elle donne le temps de les réparer.
L'homme est toujours en retard sur son temps et quand il le rattrape, il est tout étonné de découvrir qu'il ne correspond pas ou plus à ce qu'il avait imaginé.
A mesure que nous vieillissons, les jours semblent devenir plus courts, et notre familiarité avec le temps diminue pour nous la perception de sa durée.
De temps en temps j'aurais voulu être un murmure,Interrompant le long silence du silex,Et le forçant enfin de m'expliquer pourquoi,Il a l'air malheureux comme un astre qui tombe.
Pour bien écrire il faut sauter les idées intermédiaires, assez pour ne pas être ennuyeux, pas trop de peur de n'être pas entendu.
Une chose que je ne ferai pas, c'est de rester en vie. Tu passes tellement de temps à chercher à rester en vie, tu ne vivras pas.
La misanthropie de la vieillesse est moins une haine qu'une indigestion des autres.
Des choses arrivent qui sont comme des questions. Une minute se passe, ou bien des années, puis la vie répond.
Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que déceptions et fatigues.
Dieu veut que nous vivions au milieu du temps dans l'attente perpétuelle de l'éternité.
L'illusion est trompeuse mais la réalité l'est bien davantage.
L'Etat, lorsqu'il choisit les hommes qui le serviront, ne tient aucun compte de leurs opinions. S'ils veulent bien lui être fidèles et le servir, cela suffit.
Si vous en prenez bien soin, votre corps vous durera toute votre vie.
Le temps n'est pas une grille permettant de mesurer le travail ; c'est le travail lui-même qui est la mesure.
La discrétion est la première des vertus ; on lui doit bien des instants de bonheur.
Mais l'isolement n'est pas possible en temps d'élections, pas plus que la solitude au milieu d'un champs de bataille.
Ce qu'on veut avoir demain, il faut bien le tenir aujourd'hui.
Il faut plutôt faire ce qu'on sera bien aise d'avoir fait, que ce que l'on est bien aise de faire.
Quand j'ai bien faim et que je mange et que j'ai bien de quoi choisir, je ressens autant de plaisir qu'à gratter ce qui me démange.
Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l'espoir d'un succès ! Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
Quand la haine ou la faveur de la multitude s'attache à un homme, il faut examiner pourquoi.
Parmi les romans-fleuves, bien peu sont navigables.
J'ai peur que l'Etat dépense moins bien mon argent que je ne le ferais.
Je crois qu'on meurt quand on n'a plus envie de vivre. Quelles que soient les circonstances de la mort. Beaucoup de ceux que j'ai connus et qui sont partis n'avaient plus envie de vivre.
Si quelque chose m'a toujours profondément écoeuré chez l'homme, c'est bien de voir comment sa cruauté, sa bassesse et son esprit borné parviennent à revêtir le masque du lyrisme.
On voit bien que l'optimisme veut un serment. Quelque étrange que cela paraisse d'abord, il faut jurer d'être heureux.
Quand une amitié s'achève, faut-il penser que les gens peuvent changer, ou bien qu'on s'était trompés depuis le début sur leur nature profonde ? C'est une question cruelle, car la réponse pourrait réduire une belle relation à l'illusion d'un faux-semblant...
Quand un homme est assez heureux pour avoir une belle-mère très bien conservée, il lui est facile de la tenir pendant un certain temps en échec, pour peu qu'il connaisse quelque jeune célibataire courageux.
Il y a pire que la haine ; il y a l'indifférence.