À bien des égards, la tâche du critique est aisée. Nous ne risquons pas grand-choses, et pourtant, nous jouissons d 'une position de supériorité par rapport à ceux qui se soumettent avec leur travail, à notre jugement. Nous nous épanouissons dans la critique négative plaisante à écrire et à lire. Mais l'amère vérité, qu'il nous faut bien regarder en face, c'est que dans le grand ordre des choses, le mets le plus médiocre a sans doute plus de valeur que la critique qui le dénonce comme tel. Il est pourtant des circonstances où le critique prend un vrai risque : c'est lorsqu'il découvre et défend l'innovation. Le monde est souvent malveillant à l'encontre des nouveaux talents et de la création. Le nouveau a besoin d'amis. Hier soir, j'ai vécu une expérience inédite. J'ai dégusté un plat extraordinaire d'une origine singulière s'il en est. Avancer que son plat et son créateur ont radicalement changés l'idée que je faisait de la grande cuisine serait peu dire. Ils m'ont bouleversé au plus profond de mon être. Je n'ai jamais fais mystère du mépris que m'inspirait la devise d'Auguste Gusteau : « Tout le monde peut cuisiner ».
Mais ce n'est qu'aujourd'hui, aujourd'hui seulement que je comprends vraiment ce qu'il voulait dire. Tout le monde ne peut pas devenir un grand artiste. Mais un grand artiste peut surgir n'importe où. Il est difficile d'imaginer origine plus modeste que celle du génie qui officie maintenant chez Gusteau et qui est à nos yeux rien moins que le plus grand cuisinier de France. Je retournerai bientôt chez Gusteau, plus affamé que jamais.
Cette réplique est une confession et une déclaration. Le critique commence par admettre la facilité et la faiblesse de sa position habituelle : critiquer est sans risque et souvent malveillant, et sa critique négative a moins de valeur que l'œuvre la plus médiocre. Il souligne le seul risque honorable du critique : celui de défendre l'innovation et les nouveaux talents. Il raconte ensuite sa révélation après avoir goûté un plat extraordinaire chez Gusteau, réalisé par un « génie » d'origine modeste. Cette expérience a bouleversé sa conception de la grande cuisine. Il conclut par une nouvelle compréhension de la devise de Gusteau, « Tout le monde peut cuisiner », et érige ce nouveau chef au rang de plus grand cuisinier de France.
La réplique symbolise la rédemption du critique et le triomphe du talent pur sur les préjugés et l'élitisme. Elle déconstruit le rôle traditionnel du critique comme un juge hautain pour le transformer en un défenseur passionné de l'art véritable. Le plat extraordinaire n'est pas qu'une simple œuvre culinaire, c'est une œuvre d'art capable de provoquer un choc émotionnel profond, transcendant les barrières sociales. Le critique, par cette réplique, choisit de prendre le risque de l'honnêteté et de la sincérité, défendant l'innovation malgré la méfiance du monde.
Cette réplique, ou des extraits, est souvent utilisée pour :
La morale principale est que le talent et la créativité véritable transcendent les barrières sociales et les préjugés. Elle insiste sur le fait que la critique la plus significative est celle qui est constructive, défend l'innovation et reconnaît la valeur intrinsèque de l'acte de création. Le véritable courage du critique n'est pas dans la démolition, mais dans la défense sincère de la nouveauté et de l'excellence, quelle que soit son origine.
Cette réplique est issue du film d'animation Ratatouille (2007) produit par Pixar et réalisé par Brad Bird. C'est la critique gastronomique écrite par le personnage d'Anton Ego, publiée dans son journal, après sa dégustation du plat préparé par le chef Rémy.
La réplique est le texte de l'article écrit par Anton Ego après sa visite mystérieuse chez Gusteau's. Le contexte est que M. Ego, célèbre pour ses critiques acerbes ayant déjà contribué à la mort du chef Gusteau, vient de vivre une expérience culinaire qui le dépasse : il a dégusté une simple ratatouille préparée par un rat (Rémy, le véritable chef), ce qui lui a rappelé un souvenir d'enfance réconfortant. C'est l'article de cette critique positive inattendue et bouleversante qui est lu à la fin du film, juste avant le générique.
Le personnage d'Anton Ego est l'incarnation du critique élitiste, froid et redouté. La réplique représente son point culminant : sa transformation d'un juge amer en un avocat de la création. Son aveu d'avoir « vécu une expérience inédite » et son revirement sur la devise de Gusteau (« Tout le monde peut cuisiner ») montrent qu'il a été forcé de reconnaître l'existence d'un génie là où il s'y attendait le moins. Il prouve que, malgré sa froideur, il est capable de sincérité et de passion pour l'art véritable.
Le film Ratatouille a pour thème central :
La réplique a un fort impact car elle offre une conclusion émotionnelle au récit et :
Quand j'avais besoin de ne plus être seule, tu es arrivée. Nous ne savions pas que nous étions destinés à nous aimer et pourtant, quand nos yeux se sont rencontrés, nos coeurs ont été envahis par une intense émotion. Notre [...] â–º Lire la suite