Je retourne en Espagne, le roi répudie la reine, la vieille épouse le perroquet, César devient roi, j'épouse César et je deviens reine !
La réplique exprime, sur un ton fantasque et précipité, un plan complexe et hautement improbable pour échapper à une situation fâcheuse et atteindre le pouvoir suprême. Elle énumère une série d'événements :
Cette tirade symbolise l'ambition démesurée, la soif de pouvoir et l'imagination sans limites face à l'adversité. Le plan, par son enchaînement d'événements invraisemblables, traduit une pensée qui s'affranchit totalement de la logique, de la morale ou de la réalité. C'est l'expression d'un désir fou de tout chambouler pour se hisser au sommet, quitte à imaginer des scénarios dignes d'un conte absurde.
Bien que peu citée dans son intégralité, l'esprit de cette réplique se retrouve dans l'expression populaire de plans farfelus ou trop optimistes. On pourrait y faire référence (souvent de manière abrégée ou allusionnelle) pour se moquer d'un plan machiavélique ou d'une ambition déraisonnable, en soulignant l'aspect « coup de théâtre en série » qui devrait mener à un triomphe personnel : « C'est un peu ton plan 'je deviens roi, j'épouse la reine' là ! »
L'idée principale à retenir est que l'espoir, même sous sa forme la plus délirante, est un moteur pour l'action. Par ailleurs, la réplique nous rappelle, par l'humour, la nature souvent démesurée et grotesque de la folie des grandeurs. Elle suggère que l'ambition, poussée à l'extrême, devient ridicule et déconnectée du réel.
Cette célèbre réplique est tirée du film culte français La Folie Des Grandeurs, réalisé par Gérard Oury en 1971. Le film est une adaptation très libre et burlesque de la pièce Ruy Blas de Victor Hugo. L'action se déroule dans l'Espagne du XVIIe siècle.
La réplique est prononcée par le personnage de Don Salluste de Bazan, interprété par le légendaire Louis de Funès, et non par un personnage inconnu. Il la lance à son valet, Blaze (Yves Montand), alors qu'ils sont dans une situation critique, souvent une arrestation ou une impasse. Le ministre déchu Don Salluste, obsédé par la vengeance contre la Reine qui l'a fait disgracier, expose frénétiquement ce « petit plan » à son compagnon d'infortune, manifestant ainsi son incapacité à accepter la défaite et sa détermination à tout reprendre, quitte à faire appel aux pires coups du sort.
La réplique est intrinsèquement liée au caractère de Don Salluste. Ce dernier est l'incarnation de la cupidité, de la tyrannie et de la mégalomanie. Toute sa vie n'est qu'une suite de machinations visant à accumuler pouvoir et richesse. Cette tirade illustre parfaitement sa nature machiavélique et son génie du complot, même s'il est ici poussé jusqu'à l'absurdité totale. Son plan est un raccourci comique pour exprimer sa certitude de toujours retomber sur ses pieds et de triompher, peu importe la logique.
Le film lui-même s'appelle La Folie Des Grandeurs. La réplique est la parfaite illustration du thème central. Elle représente la déraison, l'orgueil démesuré et l'ambition sans limites des Grands d'Espagne. Elle met en lumière, par le burlesque, le contraste entre la misère réelle des personnages et leurs aspirations monarchiques et délirantes. Le film dénonce ainsi, sur un ton comique, la corruption et l'hypocrisie de la cour d'Espagne.
Cette réplique a un fort impact comique. Elle est souvent citée comme l'une des tirades mémorables de Louis de Funès, représentative de son jeu ultra-nerveux et de son débit précipité, rendant l'énumération des catastrophes et des succès particulièrement hilarante. Culturellement, elle est un classique du cinéma comique français, associée au génie de l'acteur pour incarner le personnage acariâtre et ambitieux. Elle évoque un moment de pure folie verbale, typique de l'humour du film.