- Il n'y a rien de mal a ce qu'un homme prenne du plaisir dans son travail. Moi même je ne rejette pas mon désir de rejeter chaque péché contre son pécheur.
- Euh attends une minute t'as tué que des gens innocents jusqu'à maintenant...
- Innocents ? c'est supposé être drôle ? Un obèse répugnant, une créature qui pouvait à peine se tenir debout, si vous l'aviez croisé dans la rue vous l'auriez montré à vos amis et vous vous seriez tous moqué de lui. Si vous l'aviez vu pendant que vous mangiez, vous n'auriez pas pu terminer votre repas. Après lui je suis passé à l'avocat, vous avez du secrètement me remercier de m'en être occupé. Cet homme à consacré sa vie à faire de l'argent en mentant, il a menti pour assouvir son vice, grâce à lui les violeurs et les meurtriers cours les rues...
- Les meurtriers, les meurtriers comme toi...
- Une femme, si laide intérieurement qu'elle ne pouvait pas supporter de vivre s'il elle n'était pas belle extérieurement. Un, un dealeur de drogue, un dealeur et pédéraste de surcroit, sans oublier la prostituée qui transmet autour d'elle la maladie. Il n'y a que dans un monde aussi dégénéré que l'on peut dire la tête haute que ces rebuts étaient des pauvres innocents.
Sens littéral de la réplique
La réplique est un échange verbal entre deux personnages. Le premier, le tueur en série John Doe (personnage inconnu dans la réplique mais identifié comme étant l'auteur des meurtres et du discours), exprime son plaisir à exercer sa "justice" et son désir de punir les péchés par la mort. Il se défend d'avoir tué des "innocents" en décrivant ses victimes non pas comme des êtres humains dignes de respect, mais comme des symboles vivants des sept péchés capitaux, des "rebuts" de la société.
- Le tueur se justifie en affirmant que ses actes sont une forme de juste punition pour les vices de ses victimes (Gourmandise, Avarice, Orgueil, Paresse, Luxure).
- Le second personnage, l'inspecteur David Mills, l'interrompt pour souligner l'ironie et l'horreur de ses affirmations, rappelant que les victimes étaient des personnes innocentes du point de vue de la loi.
- Le tueur rejette avec mépris la notion d'innocence pour ces individus, utilisant des descriptions très crues et déshumanisantes pour les décrire (obèse répugnant, avocat véreux, femme superficielle, dealeur-pédéraste, prostituée).
- Il conclut en affirmant que c'est le monde lui-même qui est dégénéré s'il considère ces personnes comme de "pauvres innocents".
Sens symbolique ou profond
Au-delà de l'échange, la réplique est un manifeste du tueur John Doe sur la décadence morale de la société moderne. John Doe ne se considère pas comme un simple criminel, mais comme un instrument de purification ou un prédicateur par l'exemple. Il symbolise :
- La condamnation radicale d'une société jugée laxiste et hypocrite face au vice.
- La tentative de donner un sens grandiose et religieux à des actes de pure folie meurtrière.
- Le miroir tendu à la société (et aux inspecteurs), les forçant à se demander s'ils n'ont pas secrètement méprisé ou ignoré eux aussi la corruption de ces victimes.
Interprétations possibles
- La critique sociale : Le discours peut être interprété comme une critique acerbe de la superficialité, de la gourmandise, de l'avarice et de la paresse qui gangrènent la société urbaine moderne, rendant le tueur, bien que fou, porteur d'une vérité dérangeante.
- Le délire de persécution/grandeur : L'insistance de John Doe à affirmer le bien-fondé de ses crimes révèle un délire mégalomaniaque où il s'est auto-proclamé juge, jury et bourreau. Il a un besoin absolu de valider ses actes pour se sentir légitime.
- La manipulation psychologique : La réplique vise directement à déstabiliser l'inspecteur Mills, en le forçant à admettre une part de vérité dans le jugement moral des victimes, minant ainsi la certitude de la justice qu'il représente.
Usage ou référence dans la vie quotidienne
Bien que macabre, le fond de la réplique peut être utilisé pour faire référence à :
- L'expression d'un ras-le-bol face à l'immoralité ou à l'injustice perçue dans la société.
- Un débat sur la légitimité de la justice privée ou de l'auto-proclamation en justicier, souvent dans un contexte de fiction (films, séries).
- L'évocation de la cynisme ou de la misanthropie (mépris de l'humanité).
- Par extension, elle est devenue une référence culturelle pour évoquer l'idée qu'un mal extrême peut se présenter sous une justification morale.
Morale ou idée à retenir
L'idée principale à retenir n'est pas la morale du tueur, mais la tension qu'elle génère :
- Le danger de l'extrémisme moral : Tuer, même au nom d'une noble cause ou pour punir le vice, reste un acte de barbarie. La fin ne justifie jamais les moyens lorsqu'il s'agit de la vie humaine.
- L'importance de la dignité humaine : Même si les victimes étaient imparfaites ou moralement discutables, le droit à la vie et la présomption d'innocence prévalent sur tout jugement personnel.
Origine de la réplique
Cette réplique culte est tirée du film Seven (stylisé Se7en) sorti en 1995 et réalisé par David Fincher.
- Le dialogue est prononcé par le tueur en série, John Doe, interprété par l'acteur Kevin Spacey.
- Elle intervient vers la fin du film, lors de la confrontation dans le désert, après que John Doe se soit rendu aux inspecteurs Somerset (Morgan Freeman) et Mills (Brad Pitt).
Contexte de la scène
La scène se déroule après l'arrestation "volontaire" de John Doe. Les inspecteurs l'emmènent dans une zone désertique pour l'étape finale de son plan. Le tueur est dans un état de calme absolu et de supériorité intellectuelle, tandis que Mills est en pleine confusion et colère. Ce dialogue est l'apogée de l'explication de sa démarche et de sa philosophie macabre, juste avant l'arrivée de la fameuse boîte et l'accomplissement du dernier péché (la Colère) par Mills lui-même.
Lien avec le personnage
Le personnage de John Doe est un psychopathe mégalomane, extrêmement méthodique et intelligent. Cette réplique est sa signature idéologique :
- Elle confirme son rôle d'auto-proclamé justicier des Sept Péchés Capitaux.
- Elle révèle son mépris total pour la vie humaine et pour le système judiciaire qu'il juge inefficace.
- Elle met en lumière sa stratégie de la provocation, visant à faire basculer l'inspecteur Mills dans le dernier péché pour achever son œuvre.
Lien avec le thème du film
Le thème central de Seven est la confrontation entre le Bien et le Mal, non pas dans un sens absolu, mais dans le gris moral de la ville et de la nature humaine. La réplique est l'expression la plus pure de ce thème :
- Elle interroge le spectateur sur la définition de l'innocence et du péché dans un monde moderne.
- Elle met en scène l'idée que le mal le plus organisé et intelligent peut gagner contre le bien, ou du moins, qu'il peut forcer le bien à se corrompre (comme l'inspecteur Mills, qui cède à la Colère).
- Elle illustre la descente aux enfers moral et psychologique du héros.
Impact émotionnel ou culturel
Cette réplique, et la scène qui l'entoure, a eu un impact culturel et émotionnel immense :
- Elle est l'une des scènes les plus mémorables et dérangeantes de l'histoire du thriller et du film noir.
- Elle génère un profond malaise car elle force le spectateur à confronter, ne serait-ce que brièvement, les jugements de John Doe sur les victimes.
- Elle a établi le film comme une référence pour les thrillers psychologiques sombres, soulignant la puissance d'un méchant dont la force réside dans son idéologie dérangée et sa capacité à manipuler son environnement.