Les cimetières, ces musées de menhirs.
Les cimetières sont des alignements de fétiches.
Un jour, il y aura des cimetières pour non-fumeurs.
Il y a des cimetières tellement tristes que ça donne pas envie de mourir.
Les cimetières sont des portefeuilles où toutes les valeurs humaines en s'y plaçant se réduisent à zéro.
Ah ! Quelle nécropole que le coeur humain ! Pourquoi aller aux cimetières ? Ouvrons nos souvenirs, que de tombeaux !
Les cimetières sont les boîtes de nuit du néant.
Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés.
Dans certains cimetières américains, certains défunts demandent que l'on plante un arbre sur leur tombe. Sans doute ces gens pensent-ils qu'ils ne mourront pas tout à fait si leur ADN passe dans l'arbre dont les racines vont s'enfoncer dans la tombe, proliférer, faire des rejetons... Le fantasme de l'immortalité revisité par la science !
Je suis las des musées, cimetières des arts.
On pourrait citer de nombreux exemples de dépenses inutiles. Les murs des cimetières : ceux qui sont dedans ne peuvent pas en sortir, et ceux qui sont à l'extérieur ne veulent pas y entrer.
Nos coeurs et nos greniers sont des cimetières d'objets.
Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables et qu'on n'a pas remplacés.
Les hommes ont créé des cimetières afin de se fixer dans le temps et, malgré la décomposition dans l'espace.
Pourquoi construire des déchetteries quand les musées d'art contemporain font l'affaire ?
Les cimetières sont remplis de gens qui se croyaient indispensables.
J'ai passé une heure à regarder des pots et des tapis dans les musées l'autre jour, jusqu'à ce que le désir de les décrire devienne comme le désir des convoitises de la chair.
Non, jamais dans la balance de la connaissance, le poids de tous les musées du monde ne pèsera autant qu'une étincelle de sympathie humaine.
Pour qui s'emmerde au trou perdu, la mort du voisin ranime toujours un peu la vie, mettant la joie dans les chaumières où le père noue sa cravate noire des cimetières en fredonnant des javas usées.
Les cimetières sont pleins de gens arrivés.
Les cimetières sont les vestiaires de la résurrection.
Les musées d'art de Paris contiennent les plus belles collections de cadres jamais vues.
Les seuls espaces libres sont les cimetières dont la superficie dépasse presque, dans Paris même, la superficie des jardins. Honneur à la ville qui prévoit plus d'oxygène pour ses morts que pour ses vivants.
Les cimetières sont les témoins flagrants de la défaite de l'homme face au temps et à lui-même.
Des houles de l'Arctique à celles du désert, des ossuaires de France aux cimetières des sables, la seule foi qu'ils confessent, c'est leur foi dans la France écartelée mais unanime.
Il ne reste rien de nos lettres d'amour...de grands cimetières sous la plume.
Les musées sont les endroits les plus vivants du monde. On dirait une concentration d'humanité.
Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables.
Les bibliothèques, ces cimetières de l'esprit humain, où dorment tant de morts qu'on n'évoquera plus.
Les plus grands musées du monde ne contiennent que des butins.