Le grand talent accepte les critiques.
Il n'y a que le père qui n'envie pas le talent de son fils.
Est-on poète ou bien le devient-on ? Ou bien passe-t-on pour tel ?
A travers les ténèbres du passé futur, le magicien aspire à voir, on chante entre deux mondes, marche avec moi sur le feu !
Lorsque l'homme s'habitue à voir les autres porter les chaînes de l'esclavage, c'est qu'il accepte lui-même un jour de les porter.
Le poète n'a pas d'âge. Il naît.
Ah ! quel talent je vais avoir demain.
Le talent est important mais ce n'est pas le point clé.
L'inertie seule est menaçante. Poète est celui-là qui rompt pour nous l'accoutumance.
Un peintre a l'âge de ses tableaux ; un poète a l'âge de ses poèmes ; un scénariste a l'âge de ses films. Seuls les imbéciles ont l'âge de leurs artères.
Si les jeunes avaient accepté lâchement la sagesse de leurs anciens, il y a beau temps que l'univers serait invivable.
Le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l'humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions.
Mais ce que j'aime en vous surtout, c'est que vous n'êtes pas seulement un professeur, qui se grise à expliquer les choses mais vous les montrez, vous les faites voir, et pour cela vous devenez poète et visionnaire.
Le poète émet, transmet, il est une voix qui se découvre et s'affirme.
Pour un artiste, la liberté est aussi indispensable que le talent et l'intelligence.
Ne confondez pas le sombre avec l'obscur. L'obscur accepte l'idée de bonheur ; le sombre accepte l'idée de grandeur.
Celui qui accepte avec le sourire d'être volé vole lui-même quelque chose à son voleur.
Ce sont les critiques qui font la littérature.
L'envergure, ça se mérite, ça s'apprend, le talent ne suffit pas.
Personne n'est jamais maître du génie ; certains cerveaux en subissent les manifestations mais le talent obéit à une culture, à une discipline. Il se maîtrise. Le talent perfectionne. Le génie consume.
Un critique littéraire, c'est une mémoire livresque considérable, plus une culture tous azimuts, plus l'esprit de découverte, plus un fort pouvoir d'analyse, plus un vrai talent d'écrivain.
Le poète se souvient de l'avenir.
Nous vivons tous des tragédies, nous avons tous des secrets, les errements de l'âme unissent l'humain. Nous avons ça en commun, nous voudrions être le seul à être la mémoire de la femme aimée, nous voudrions être des amants, avec des étreintes et du jus, entendre "encore, encore". Nous finissons sans talent !
Vous pouvez voir le mauvais critique à ce qu'il commence par parler du poète et non du poème.
Je vais vous donner trois gars qui avaient plus de talent que Karl Malone : Chris Webber, Derrick Coleman et Charles Barkley. Ils avaient plus de talent. Mais ils n'ont pas travaillé plus que moi.
Les paroles d'un poète sont déjà ses actions.
Si tu veux le chien, accepte les puces.
Le poète se consacre et se consume à définir et à construire un langage dans le langage.
Mais on supporte moins facilement pour autrui ce qu'on accepte assez convenablement pour soi-même.
Le poème est enfant conçu au plus obscur de la nuit, à qui le poète a donné sa propre existence, consciente et inconsciente.
Celui qui a dit « Je préfère la chance au talent » avait un regard pénétrant sur la vie. Les gens n'osent pas admettre combien leurs vies dépendent de la chance, ça fait peur de penser que tant de chose échappe à notre contrôle...