- J'suis un vrai connard d'accord ? Non, j'suis bien conscient d'être un connard. Parce que, parce que je me suis jamais attaché à personne, ni à rien de toute ma vie et le truc c'est que tout le monde l'a plus ou moins accepté genre « Ça, c'est tout Jamie ». Il y a eu toi, nom de Dieu, toi ! Toi, toi,... toi tu m'as pas vu comme ça, j'avais jamais rencontré quelqu'un qui pensait sincèrement que j'étais pas si méchant. Jusqu'à ce que je te rencontre, t'as réussi à me convaincre aussi, alors malheureusement, j'ai besoin de toi, et t'as besoin de moi.
- Pas du tout.
- Je t'assure que si !
- Pas du tout.
- Je t'assure que si
- Arrête de me dire ça je t'en prie.
- T'as besoin qu'on prenne soin de toi !
- Pas du tout !
- Tout le monde en a besoin.
- J'aurai plus besoin de toi que toi de moi.
- Ça me va.
- Non ça va pas, c'est tellement injuste, j'avais pleins de voyages a faire !
- Tu vas les faire ! Je te porterai s'il le faut.
- Je peux pas te demander de faire ça.
- T'as rien demander... Hé, y a qu'a se dire que dans un univers parallèle y a un couple exactement comme nous, d'accord ? Sauf qu'elle, elle va bien, et lui, il est parfait. Et leur monde tourne autour de la somme d'argent qu'ils vont dépenser en vacances ou qui est de mauvaise humeur ce jour là ou si oui ou non ils se sentent coupables d'avoir une femme de ménage. Je veux pas être ce couple, je veux être nous. Toi, ça !
Cette réplique est un aveu de la part de Jamie, qui se qualifie lui-même de "connard" car il n'a jamais été capable de s'attacher émotionnellement. Il reconnaît que tout le monde, sauf Maggie, a accepté cette facette de sa personnalité. Maggie, en revanche, l'a vu différemment et a réussi à lui faire croire qu'il n'était pas si méchant. Ce changement le rend dépendant d'elle. La conversation s'oriente ensuite vers le besoin mutuel et la réalité de la maladie de Maggie (la maladie de Parkinson), qui complique leur relation. La réplique se conclut sur l'acceptation par Jamie de la difficulté de leur situation, préférant leur réalité imparfaite à l'idéal d'un couple parfait et superficiel.
Au niveau symbolique, cette réplique explore la thématique de l'authenticité face à la vulnérabilité. Jamie utilise l'auto-dénigrement ("connard") comme une carapace. Maggie est le catalyseur qui perce cette armure, symbolisant le pouvoir rédempteur de l'amour. Le "besoin" qu'ils reconnaissent l'un pour l'autre n'est pas seulement romantique, mais vital : un besoin de soutien face à la maladie (Maggie) et un besoin de connexion émotionnelle profonde face à la superficialité (Jamie). Le contraste avec le "couple parfait" dans un "univers parallèle" souligne la valeur de l'amour véritable, qui accepte et embrasse la douleur et les imperfections de la vie.
Dans le langage courant ou sur les réseaux sociaux, cette réplique est souvent utilisée pour illustrer :
L'idée principale à retenir est que l'amour véritable ne réside pas dans la perfection, mais dans l'acceptation totale de l'autre, y compris de ses fêlures et de sa souffrance. La plus puissante forme d'intimité n'est pas la ressemblance, mais le besoin réciproque et le courage de s'engager dans une relation difficile. En d'autres termes : « Aimer, c'est choisir l'imparfait, ensemble. »
Cette réplique provient du film américain "Love, et Autres Drogues" (titre original : Love and Other Drugs) sorti en 2010. Elle est prononcée par les personnages de Jamie Randall, joué par Jake Gyllenhaal, et Maggie Murdock, jouée par Anne Hathaway. Le film est réalisé par Edward Zwick et est adapté du livre Hard Sell: The Evolution of a Viagra Salesman de Jamie Reidy.
La scène se déroule à un moment crucial où la relation entre Jamie, un représentant pharmaceutique séducteur, et Maggie, une artiste atteinte d'une forme précoce de la maladie de Parkinson, devient sérieuse. Initialement, tous deux souhaitaient une relation purement physique et sans engagement. Cependant, Jamie, par amour, essaie de trouver un remède à la maladie de Maggie en l'emmenant consulter des spécialistes, ce qui met une pression énorme sur leur couple. Maggie, redoutant de devenir un fardeau, tente de rompre. C'est en réponse à cette tentative de séparation que Jamie fait cette déclaration passionnée, tentant de la convaincre de rester en acceptant explicitement la difficulté de leur avenir et le fait qu'il ne veut plus fuir.
Le film "Love, et Autres Drogues" explore la tension entre l'amour et la peur de l'engagement, tout en abordant des thèmes plus graves comme la maladie chronique et l'éthique de l'industrie pharmaceutique. Cette réplique est le cœur du film. Elle démontre que l'amour est la "drogue" la plus puissante, le seul remède contre la solitude et l'apathie. Elle impose aussi une question cruciale : une relation peut-elle survivre lorsque l'un des partenaires est confronté à une maladie dégénérative ? La réponse de Jamie est un "oui" retentissant, fondé sur la volonté de s'aimer malgré les épreuves.
La réplique a eu un fort impact car elle mélange la comédie romantique et le drame, offrant une déclaration d'amour réaliste et imparfaite. Elle est perçue comme un moment de grande honnêteté émotionnelle. L'impact culturel réside dans sa capacité à redéfinir la déclaration d'amour hollywoodienne classique, la remplaçant par une reconnaissance brute de l'imperfection, ce qui la rend plus authentique et pertinente pour un public qui se méfie des fins heureuses trop édulcorées. Elle a solidifié l'image de Jake Gyllenhaal et Anne Hathaway comme un couple capable de porter des rôles complexes mêlant humour, sexe et émotion.