La trentaine est un âge difficile. La vie est finie, l'existence commence.
Entre la mouche et l'homme, il n'y a que la distance d'un orgueil démesuré, sacrilège, finalement illusoire et sans doute catastrophique.
Un jeune homme qui n'est pas socialiste n'a pas de coeur ; un vieil homme socialiste n'a pas de tête.
On veut toujours croire que son père va régler tous les problèmes, va abattre toutes les murailles et, brusquement, on voit son père s'excuser, on le voit baisser la tête, on le voit devenir un enfant. Et plus enfant que nous.
Pour un jeune coeur, tout est amusant.
Le souvenir d'avoir été jeune ne produit que du regret.
L'amour d'une mère pour son enfant ne connaît ni loi, ni pitié, ni limite. Il pourrait anéantir impitoyablement tout ce qui se trouve en travers de son chemin.
L'inquiétude amène la vieillesse avant le temps.
Le regard chez une jeune femme est un interprète toujours charmant qui se charge de dire avec complaisance ce que la bouche n'ose prononcer.
O rage ! O désespoir ! O vieillesse ennemie ! N'ai-je donc tant tant vécu que pour cette infamie ?