L'essentiel est d'être ce que nous fit la nature ; on n'est toujours que trop ce que les hommes veulent que l'on soit.
La vie éternelle ne commence-t-elle pas lorsque la dépouille se dissout,se laisse avaler par la terre, digérer par elle, et retourne ainsi dans le grand cycle de la nature ?
Dès que l'individu ressent, la communauté est sur un sol glissant.
La nature n'est ni morale ni immorale, elle est radieusement, glorieusement, amorale.
Le corps s'en va, le coeur séjourne.
Les gens lisaient partout, à chaque moment de leur journée, à chaque heure de la vie, pour se raconter une autre histoire, pour fuir le réel ou le vivre plus intensément, pour comprendre les hommes ou pour les détester, ou simplement pour passer le temps.
L'éloquence est la poésie de la prose.
Ni le désaveu de l'histoire, ni l'impatience des citoyens n'entament le sentiment d'infaillibilité qui imprègne l'administration : cette conviction vertigineuse que les hommes qui se trouvent au sommet de la hiérarchie savent seuls ce qui est bon pour les hommes qui peuplent les degrés inférieurs.
Il a toujours profondément méprisé la nature humaine, en raison même de l'échantillon que lui renvoyait son miroir.
On compare souvent le mariage à une loterie. C'est une erreur car, à la loterie, on peut parfois gagner.
L'espérance ne compte pas pour rien dans le fonctionnement de l'économie.
La poésie n'a lieu que pour quelques-uns. Et pourtant, elle se manifeste partout.
Les seins et les trains électriques sont faits pour les enfants et ce sont les hommes qui jouent avec.
Tous les pays se ressemblent quand on les regarde, avec les yeux de l'amour puisque tous les pays portent en eux, maintenant, la marque des hommes et du temps.
Certains hommes promettent de garder votre secret et pourtant le révèlent sans savoir qu'ils le font ; ils ne remuent pas les lèvres, et pourtant ils sont compris ; elle se lit sur leur front et dans leurs yeux ; on le voit à travers leur poitrine ; ils sont transparents.
Tout pouvoir qui cultive l'hypocrisie de sa perfection ne tombe pas seulement dans le ridicule et dans les excès de la dévotion à lui-même ; il détruit l'espoir de la nature humaine en la continuité du progrès.
Selon l'opinion des hommes éclairés, il n'y a que la médiocrité qui ne soit pas exposée à l'envie.
La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné, où gisent sans honneurs des morts qu'ils ont cessé de chérir.
Si on nomme pays le sol que nous foulons tous les jours, l'ornière de nos pas risque de devenir des frontières infranchissables.
Comme une pollution nocturne, le rêve érotique témoigne de la passion rêvée.
L'affreux cuistre Schopenhauer, qui passa sa vie à observer l'horizon du fond d'un puits, était certes bien incapable de soupçonner l'origine surnaturelle du sentiment dominateur qui précipite les hommes les plus forts sous les pieds des femmes, et la chiennerie contemporaine a glorifié sans hésitation ce blasphémateur de l'Amour.
C'est là qu'on enfermait les hommes perdus, dans une solitude préalable à celle du tombeau.
Jeûnez et vous acquerrez la santé. Il est un repos qu'on assigne à l'appareil digestif, il débarrasse le corps de parasites, assainit les intestins...
On ne peut poser les pieds sur le sol tant qu'on n'a pas touché le ciel.
Rares sont les hommes qui additionnent les bonheurs. C'est à peine s'ils peuvent s'approcher d'une femme à la fois.
Les hommes ne sont pas des fourmis. Ils préfèrent la mort à une existence de fourmilière.
Ceux qui recherchent les lois de la Nature comme support pour leurs nouvelles oeuvres collaborent avec le créateur.
Les hommes ont plus d'imagination pour tuer que pour sauver.
Il n'y a pas d'autre moyen de se prémunir contre la flatterie qu'en faisant comprendre aux hommes que vous dire la vérité ne vous offensera pas.
C'est le propre de la nature humaine que de haïr celui qui a offensé.
Les hommes ont ceci de commun, ils se rencontrent là où la politique les divise.