Citation de Félix Lobo sur Monde, Mal et Marche

Nous vivons dans un monde où ceux qui gagnent 100 000 € par mois persuadent ceux qui en gagnent 1 800 que tout va mal à cause de ceux qui vivent avec 535 €. Et ça marche...

Explications

Sens de la citation

Cette citation met en lumière un mécanisme de manipulation et de division au sein de la société. Elle décrit comment la classe la plus riche (ceux qui gagnent 100 000 € par mois) parvient à convaincre la classe moyenne ou populaire (ceux qui gagnent 1 800 €) que la source de leurs problèmes et des maux de la société réside dans la classe la plus précaire (ceux qui vivent avec 535 €), plutôt que dans les inégalités générées par les plus aisés.

En substance, elle dénonce l'art de détourner l'attention des véritables enjeux économiques et sociaux en désignant un bouc émissaire parmi les plus vulnérables.

Interprétations possibles

  • Détournement de l'attention : Les plus fortunés s'assurent que la colère et les revendications de la classe moyenne ne se dirigent pas vers eux (et leur niveau de richesse), mais vers ceux qui dépendent des aides sociales, perçus comme un « fardeau » ou des « profiteurs ».
  • Justification des inégalités : En focalisant la critique sur les plus pauvres (souvent liés aux dépenses sociales), les plus riches contribuent à légitimer le maintien, voire l'accroissement, de leurs propres avantages fiscaux et sociaux, en évitant le débat sur la redistribution.
  • Fragmentation sociale : La citation illustre une stratégie efficace pour briser la solidarité entre les différentes strates des classes populaires et moyennes, empêchant ainsi une convergence des luttes sociales contre les plus nantis.

Application dans la vie quotidienne

Ce schéma se manifeste dans de nombreux débats publics :

  • La critique des aides sociales (comme le RSA, dont 535 € est une référence) et des bénéficiaires, souvent accusés de « profiter du système » ou d'être « fainéants », tandis que les allègements fiscaux pour les entreprises ou les plus grandes fortunes passent inaperçus ou sont justifiés comme nécessaires à l'économie.
  • Les discours politiques ou médiatiques qui mettent en opposition les travailleurs modestes (1 800 €) et les assistés (535 €), créant un sentiment d'injustice entre eux plutôt qu'une indignation commune contre les disparités extrêmes.
  • Le blâme porté sur la « mauvaise gestion » des deniers publics en se concentrant sur les petites dépenses ou fraudes sociales, tout en ignorant les évasions fiscales massives ou les montants colossaux des subventions aux grandes entreprises.

Critiques ou limites

  • Simplification : La citation utilise des chiffres précis (100 000 €, 1 800 €, 535 €) qui, s'ils sont percutants, simplifient la complexité des structures sociales. La réalité des revenus et des motivations des acteurs est bien plus nuancée.
  • Intentionnalité : Elle présuppose une manipulation consciente et organisée par les plus riches. Si l'effet de division est réel, il peut aussi être la conséquence d'un système économique et de discours médiatiques sans qu'il y ait nécessairement un « complot » organisé.
  • Responsabilité de l'individu : Elle minore la responsabilité des individus qui gagnent 1 800 € dans le fait d'accepter cette rhétorique et de se détourner de l'analyse critique. L'influence des biais cognitifs et des médias joue un rôle majeur.

Morale ou résumé à retenir

Le message central est un appel à la lucidité :

Ne vous trompez pas d'ennemi. La véritable injustice n'est pas celle qui oppose le travailleur modeste au bénéficiaire d'aides sociales, mais celle qui découle de l'écart abyssal entre les très grandes fortunes et le reste de la population. La stratégie de la division est un outil puissant utilisé pour maintenir le statu quo des inégalités.

Analyse du vocabulaire et du style

  • Chiffres frappants : L'utilisation de montants précis (100 000 €, 1 800 €, 535 €) donne un aspect concret et factuel à l'argumentation, rendant le contraste des inégalités immédiatement intelligible.
  • Structure ternaire : La citation repose sur un triptyque de classes de revenus, créant un récit clair avec un manipulateur (100 000 €), une cible/victime (1 800 €) et un bouc émissaire (535 €).
  • Formule choc : La phrase de conclusion, «

    Et ça marche...

    », est particulièrement cynique et efficace. Elle souligne la réussite de la manipulation, laissant l'internaute sur une note de frustration et d'appel à l'éveil.

Lien avec d’autres pensées

  • Marxisme et lutte des classes : La citation s'inscrit dans l'analyse de la lutte des classes, décrivant comment la classe dominante (la bourgeoisie ou les ultra-riches) exerce son pouvoir idéologique pour perpétuer sa domination économique en divisant la classe subalterne.
  • Théories du bouc émissaire : Elle rappelle les mécanismes décrits par René Girard, où une communauté en crise cherche à canaliser ses tensions vers une victime innocente (les plus pauvres), permettant une unité superficielle contre cette cible désignée.
  • Critique médiatique et politique : Elle fait écho aux analyses de Noam Chomsky sur la fabrication du consentement et les stratégies de diversion utilisées par les élites pour contrôler l'opinion publique.

Origine de la citation

Cette citation est largement diffusée sur les réseaux sociaux et sur divers blogs. Elle est attribuée à Félix Lobo et a gagné en popularité en particulier dans des contextes de débats sociaux et de mouvements contestataires (comme les Gilets Jaunes, où elle a souvent été citée). Bien qu'elle soit très citée, son origine précise (un livre, un article, une interview) reste difficile à retracer avec certitude et semble être une formule populaire synthétisant une pensée critique sur les inégalités.

Auteur de la citation

La citation est attribuée à Félix Lobo. Cependant, il est important de noter que l'identité de cet « Félix Lobo » reste floue dans le contexte francophone. Il pourrait s'agir d'une personnalité ou d'un auteur moins connu, ou potentiellement d'un pseudonyme, ce qui est fréquent pour des citations à forte portée politique et sociale diffusées sur internet.

Contexte historique ou culturel

La citation est particulièrement pertinente dans le contexte socio-économique des pays occidentaux depuis le début du XXIe siècle, marqué par :

  • L'augmentation croissante des inégalités de richesse, avec l'enrichissement rapide d'une petite minorité.
  • Une pression fiscale et économique accrue sur les classes moyennes et populaires.
  • Des débats publics récurrents sur le coût des politiques sociales et l'« assistanat », souvent alimentés par certains médias et partis politiques pour justifier des coupes budgétaires.
  • L'ère des réseaux sociaux, qui facilite la diffusion rapide de formules chocs et de narratifs simplifiés, qu'ils soient mobilisateurs ou polarisants.

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