Le champion, élément fabuleux dans le paysage moderne, est un héros qui ne parvient pas à devenir un personnage.
Le loisir moderne ? L'art de brasser du vent travesti en surmenage.
Toute recherche d'un héros doit commencer par ce qui est indispensable à tout héros : un ennemi.
Un champion sait ce qu'il veut et va jusqu'au bout. Il ne fait plaisir que lorsque c'est mérité.
Le sport est l'espéranto des races.
Je pense que le tennis est un sport de dames.
Dans les romans, l'amour c'est merveilleux, parce que là, le héros a toujours toutes les qualités dont rêvait l'héroïne. Tandis que dans la vie !... Quelle déception !
Le drame de la belle-mère, ce personnage comique du répertoire, c'est qu'il est l'image de la durée...
La jeunesse masculine ne manquait ni de santé, ni de courage, mais d'allant et de passion. Ce qui lui faisait défaut, c'était ce jardin pour la culture de la volonté que constitue le sport organisé.
Le sport mesure la valeur humaine en millimètres et en centièmes de seconde.
La défonce est un sport de jeune. Tout est dans la récupération. C'est pour ça que les jeunes peuvent se permettre de prendre ce qu'ils veulent. Ils se refont dans la nuit et sont créatifs dès le lendemain. À notre âge, il faut un intervalle plus long.
L'homme, pendant des millénaires, est resté ce qu'il était pour Aristote : un animal vivant, et de plus capable d'une existence politique ; l'homme moderne est un animal dans la politique duquel sa vie d'être vivant est en question.
Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n'exprime finalement que son désir de dormir.
Les gens veulent que vous soyez un adolescent fou et incontrôlable. Ils vous veulent misérable, tout comme eux. Ils ne veulent pas de héros ; ce qu'ils veulent, c'est vous voir tomber.
Peut-être est-ce seulement depuis ces dernières semaines que je comprends que le mouvement profond de l'art moderne est l'intériorisation. L'art semble chargé aujourd'hui de compenser ce qui es tari dans les anciennes sources religieuses et l'abus d'extériorisation dans la vie de nos sociétés.
Au théâtre, les héros nous sont supérieurs. On ne croiserait pas Hamlet dans la rue.
Sur terre, dit le lama, l'homme est un personnage absurde, enclin à croire ce qui n'est pas, de préférence à ce qui est réellement. L'homme est porté à la superstition et aux croyances fausses.
Le socialisme est la forme moderne de la protestation qui, à toutes les époques d'activité intellectuelle, s'est élevée, plus ou moins vive, contre l'injuste répartition des avantages sociaux.
Mes filles voulaient être des Avengers. Maintenant elle veulent travailler dans la santé parce que « ce sont les vrais héros ». Mouais, dans 20 ans, qui sera là pour vaincre le méchant CGI sur fond de musique épique ? Je ne suis pas censé dire ça mais les enfants sont stupides.
Le plus grand succès de notre civilisation moderne est d'avoir su mettre au service de ses dirigeants une incomparable puissance d'illusion.
J'ai fait installer un système de sécurité chez moi et j'ai toujours un revolver chargé à portée de main. J'ai aussi un fusil M16. J'adore tirer au fusil. C'est le seul sport que je pratique.
Il existe aussi une liberté vide, une liberté d'ombres, une liberté qui ne consiste qu'à changer de prison, faite de vains combats entretenus par l'obscurantisme moderne et guidés par le faux jour.
Le vrai bourgeois, c'est-à-dire, dans un sens moderne et aussi général que possible, l'homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser et qui vit ou parait vivre sans avoir été sollicité, un seul jour, par le besoin de comprendre quoi que ce soit...
Je suis un écrivain et donc automatiquement un personnage suspect.
Je suis le champion de la décontraction apparente.
Nous entrons dans la vie avec la loi d'en sortir ; nous venons faire notre personnage et il nous faudra ensuite disparaître.
Le champion est le fruit d'une alchimie des 3 "C" : le coeur, le cerveau et les couilles.
Pour moi, la torture serait de regarder le sport à la télévision.
L'athlète d'aujourd'hui n'est pas un athlète seul. Il est le centre d'une équipe - médecins, scientifiques, entraîneurs, agents, etc.
Le vrai héros d'une fête est toujours celui qui paie.
Ce prétendu progrès moderne dans l'ordre politique n'est donc qu'une évolution, un accident de ce moment précis. Nous pouvons demain embrasser le despotisme avec la fureur que nous avons mise à nous rendre indépendants de tout frein.