Aucun État ne doit croire son sort, c'est-à-dire toute son existence, attachée à l'issue d'une seule bataille, fût-elle des plus décisives. Dans le cas d'une défaite, la reproduction de nouvelles forces, ou l'affaiblissement naturel qu'éprouve l'attaque à la longue, peut amener un revirement dans les événements, ou bien il peut arriver des secours extérieurs. Il n'est jamais trop tard pour périr; et de même que celui qui se noie saisit instinctivement jusqu'à un fétu de paille, de même il est dans l'ordre naturel du monde moral qu'une nation épuise jusqu'au dernier moyen de salut, lorsqu'elle se voit lancée au bord de l'abîme.
Le monde est devenu cruellement complexe. On ne sait plus ce qui est bon ou ce qui est mauvais. On ne sait plus qui dit juste ou qui dit faux. A la fin, il ne faut pas que l'on se [...] ► Lire la suite