L'être humain est un animal qui multiplie les déceptions. Plus on le connaît, plus on vieillit, plus on est déçu par lui. Je pense qu'il n'y a pas grand chose à sauver chez lui. Même s'il est séduisant.
L'amour ressemble étrangement à la mer : il n'y a que ceux qui ne l'aiment pas qui trouvent que c'est toujours pareil.
Je n'ai jamais abusé de l'alcool, il a toujours été consentant.
Mais rien de tout cela ne peut rendre compte du lien invisible par lequel nous nous sommes sentis unis dès le début. Nous avions beau être profondément dissemblables, je n'en sentais pas moins que quelque chose de fondamental nous était commun, une sorte de blessure originaire.
La mort n'arrive qu'une fois, et se fait sentir à tous les moments de la vie : il est plus dur de l'appréhender que de la souffrir.
On ne met pas son passé dans sa poche ; il faut avoir une maison pour l'y ranger.
Il ne faut pas "lire" la parole de Dieu, il faut l'écouter.
Mais les étoiles qui ont marqué notre départ tombent. Nous devons aller plus loin dans une plus grande douleur, car il n'est pas permis que nous restions.
Je pense que pour qu'une pièce vive, revive, il faut une adhésion profonde du metteur en scène et des comédiens.
Parmi dix sortes de confitures et dix sortes de potages, il est permis d'être gourmand d'une seule.
Les mathématiciens sont comme les français : quoique vous leur dites ils le traduisent dans leur propre langue et le transforme en quelque chose de totalement différent.
C'était une bonne chose que cette habitude ancienne de transmission des portraits de famille. Les morts n'étaient enterrés que jusqu'à la ceinture.
Si le Canada veut survivre, il ne peut survivre que dans le respect mutuel et l'amour les uns pour les autres.
De tous temps, le théâtre a cherché à se transformer. C'est ce qu'on appelle les crises. Tant que le théâtre est en crise, il se porte bien.
Si l'image que l'on se fait de soi contient des éléments qui ne cadrent pas avec la réalité, il vaut mieux s'en débarrasser, aussi difficile que cela puisse être.
Créer une entreprise, c'est comme préparer un gâteau : il faut doser chaque ingrédient dans les bonnes proportions.
De nos jours, on ne sait plus, on ne se rend plus compte de tout le bonheur de l'anthracite anglais ! Comment il nous réchauffait couilles et miches et pognes pendant ces hivers terribles. Aujourd'hui, rares ceux qui se souviennent... quelques édentés crachoteux en leur grabat.
Reine. Femme par qui le royaume est dirigé quand il y a un roi, et à travers qui il est dirigé quand il n'y en a pas.
Songez bien que la littérature n'a pas été créée pour servir la vie, ni même la traduire, mais pour lui échapper.
Le mot amour est devenu vieux Il veut plus qu'on l'embête Trop de gens l'on gardé pour eux Il a mal dans sa tête.
L'autre jour j'ai rêvé que je me trouvais devant les portes du paradis. Et saint Pierre me disait : "Retourne sur Terre, il n'y a pas de bidonville ici".
Faut-il qu'une chose soit exagérée pour être belle ?
Quand mille personnes prennent la route, il en faut une pour prendre la tête.
Le pessimiste ? Un homme qui en veut à tous les autres hommes parce qu'il les trouve aussi dégoûtants que lui !
Je ne pense jamais au futur. Il vient bien assez tôt.
La politesse de l'Anglais, c'est l'impassibilité du visage et de la voix. Il trouve autant d'impudeur à montrer ses émotions qu'en éprouverait une nonne à exhiber ses jambes aux passants.
Le langage, loin de combler l'abîme qui sépare les êtres, creuse la distance, il met en évidence la solitude et l'impossibilité de communiquer.
Toutes les vérités sont faciles à comprendre une fois qu'elles sont découvertes ; il s'agit de les découvrir.
Une fois qu'on a donné son opinion, il serait logique qu'on ne l'ait plus.
Même pour jouer son propre rôle, il faut se maquiller.
J'ai rempli toute ma vie à essayer de préserver la mémoire de la vie, dans la lutte contre la mort. Peut-être que la seule chose que j'ai faite, puisqu'il est impossible d'arrêter la mort, c'est de montrer ce combat. Le combat en lui-même ne nous satisfait pas non plus.