Le bonheur recèle toujours une part d'insouciance, le malheur de constance.
Mais qu'est-ce que le bonheur ? Il faudrait d'abord le définir et une définition du bonheur est encore moins évidente qu'une définition du progrès.
Le bonheur c'est un plat de frites supplémentaire.
Le bonheur est un bien que nous vend la nature.
La gravité est le bonheur des imbéciles.
Le commencement de la sagesse est dans la découverte qu'il existe des contradictions dont il faut vivre la tension permanente et qu'il ne faut surtout pas chercher à résoudre.
L'homme est le premier artisan de son bonheur comme il l'est de son tourment.
La fortune est une divinité qui ne connut jamais d'athées.
Cette tricherie salutaire, cette esquive, ce leurre magnifique, qui permet d'entendre la langue hors-pouvoir, dans la splendeur d'une révolution permanente du langage, je l'appelle pour ma part : littérature.
La poésie est une langue à part que les poètes peuvent parler sans crainte d'être entendus, puisque les peuples ont coutume de prendre pour cette langue une certaine manière d'employer la leur.
A force de plaisirs notre bonheur s'abîme.
La fortune se lasse de porter toujours un même homme sur son dos.
Dès qu'on aura bien conçu que tous doivent s'occuper du bonheur de tous, le plus difficile sera fait.
Je trouve le confort dangereux. Et le bonheur qu'on nous propose, très normé.
Il y a sûrement beaucoup de honte à être heureux, non pas à la vue de certaines misères mais lorsque le bonheur semble narguer. Ce défaut les Kabyles ne l'ont pas. Par pudeur le riche se cache pour bien manger et le pauvre pour avoir faim à son aise.
Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi, la société n'est qu'un rêve de prédateur.
Le bonheur n'est pas de chercher le bonheur, mais d'éviter l'ennui. C'est faisable avec de l'entêtement.
On ne fait pas son bonheur avec la place que l'on occupe, mais avec son caractère.
Le pays est peuplé d'exaltés convaincus que les morts sont parmi nous, que dans la forêt gambadent des créatures invisibles ou qu'en s'exposant aux ondes sonores adéquates on peut rétablir son champ magnétique... Il suffit de leur donner l'occasion de déballer leurs théories, et on part sur de drôles de routes.
Réalité sans tabou, sans théâtre: le malheur des uns fait le bonheur des autres.
Un amoureux qui ne fait pas lit à part est un gourmand qui coucherait dans son garde-manger.
Y a-t-il quelque part un ruisseau d'eau pure ? N'existe-t-il pas cet amour qui dure ? Le bonheur est-il bref comme un orage en ciel d'été ?
Nous n'aurons de chance d'être nous-mêmes que si nous ne répudions aucune part de l'héritage ancestral.
La science consiste à oublier ce qu'on croit savoir, et la sagesse à ne pas s'en soucier.
Hélas ! Telle est la triste condition des hommes que leur bonheur consiste dans la plus prompte consommation de la vie.
Quand on est sorti de l'enfance, il n'y a pas moyen d'aller quelque part sans s'écoeurer.
Dans le bonheur d'autrui, je cherche mon bonheur.
Il est bon quelquefois de s'aveugler soi-même. Et bien souvent l'erreur est le bonheur suprême.
Il y a une sagesse de tête et une sagesse de coeur.
Oui, il entre inévitablement dans la composition de tout bonheur parfait l'idée de l'avoir mérité.
Et si le temps domine encore sur nos désirs, Faisons que sur le temps la constance domine.