Interdire totalement la parole, c'est atrophier ou annihiler la pensée. Le tabou n'est pas qu'une interdiction de nommer. C'est une interdiction de concevoir qui, si elle est efficace, entraîne l'impossibilité de concevoir.
La véritable forme du sentiment, ce n'est pas la conscience qu'on en a, mais l'action qu'on en tire.
Il est des hommes et des femmes qui tirent gloire de leurs pensées élevées ; toutefois, si celles-ci ne se traduisent jamais en actes, elles sont inutiles, car le pouvoir de la pensée se mesure à ses effets pratiques.
Les réseaux sociaux ont donné le droit à la parole à des légions d'imbéciles qui avant ne parlaient qu'au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite. Aujourd'hui ils ont le même droit de parole qu'un prix Nobel.
La clarté ne naît pas de ce qu'on imagine le clair, mais de ce qu'on prend conscience de l'obscur.
Il en est peu d'entre nous qui n'aient été tentés à un moment donné de prendre pour la paix de leur conscience le confort et la sécurité de leur derrière.
Nous n'avons pas à envier certaines personnes à leur grande richesse ; ils l'ont acquis au prix fort, ce qui ne nous conviendrait pas ; ils ont misé leur repos, leur santé, leur honneur et leur conscience pour l'acquérir, le prix est trop élevé, et il n'y a rien à gagner à un tel marché.
Je t'aime, - loin de toi ma pensée obstinée,Et, par l'instinct d'amour à l'amour ramenée,Reviens vers toi, voltige alentour de ton cou,De tes yeux, de tes seins, comme un papillon fou,Et, grisé de tourner dans ton cercle de femme,Reste des jours entiers sans rentrer dans mon âme...
Quelque libertin et quelque abandonné qu'il puisse être, il y a toujours de secrets reproches de la conscience qui le troublent.
C'est bien une habitude de l'homme que de mettre de la pensée là où la nature avait jeté du hasard.
La mort ne peut être pensée puisqu'elle est absence de pensée. Il faut donc vivre comme si nous étions éternels. Ce qui, pour chacun de nous, mais pour lui seul, est vrai.
En somme, les plus purs chefs-d'oeuvre sont ceux où l'on ne trouve plus aucun déchet inexpressif de formes, de lignes et de couleurs, mais où tout, absolument tout se résout en pensée et en âme.
Oh ! Nature merveilleuse, profonde et énigmatique, tu donnes la parole aux hommes, mais l'éloquence du baiser aux jeunes filles !
En amour, tout est vrai, tout est faux ; c'est le seul sujet sur lequel on ne puisse exprimer une absurdité.
L'amour commence à l'instant où une femme s'inscrit par une parole dans notre mémoire poétique.
La prise de conscience que la vie est absurde ne peut pas être une fin, mais seulement un début.
L'artiste romantique doit se transcender. Il lui faut être plus qu'un créateur. Il lui faut être la conscience de la nation, un prophète, une institution sociale.
Le Soi n'est pas le corps ou le mental individuel mais plutôt ce qui, au fond de chacun, connaît la vérité.
Il y a plein de domaines où il vaut mieux la fermer parce que c'est ce qui correspond le mieux à la pensée commune.
La jeunesse, c'est plus qu'une peau fraîche ! C'est un état d'esprit ! C'est une vigueur, une pensée possiblement aussi fugitive que la beauté !
L'artiste par excellence est celui qui a pris comme matière à sculpter sa propre chair, comme toile à peindre son visage et son corps, comme terre à modeler sa pensée et ses sentiments.
Je pense être tombé dans la mouvance punk pour exprimer mon désarroi.
Nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent : la pensée demeure incommensurable avec le langage.
L'écriture est une parole maquillée par le dessin de la réflexion.
Le témoignage d'une bonne conscience nous porte à regarder avec mépris les folies du monde.
Hélas ! En amour, il ne suffit pas d'avoir les mêmes désirs ; faut-il encore les exprimer au même moment !
Il y a quelque chose d'odieux dans la beauté dès qu'elle prend conscience d'elle-même, dès qu'elle devient sensuelle.
Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes avec la même pensée que nous avons utilisée lorsque nous les avons créés.
L'âme peut se passer de toutes choses, excepté de la parole de Dieu, sans laquelle tout est inutile.
Je parle. Il le faut bien. L'action met les ardeurs en oeuvre. Mais c'est la parole qui les suscite.
L'aveugle garde le regard comme le muet la parole - l'un et l'autre dépositaires de l'invisible, de l'indicible... gardiens infirmes du rien.