On revient de sa jeunesse comme d'un pays étranger. Le poème, le livre est la relation du voyage.
La littérature ne permet pas de marcher, mais elle permet de respirer.
Quand on voyage beaucoup, quand on revient, on est beaucoup moins arrogant.
Celui qui aime la littérature n'aime ni l'argent, ni les tableaux, ni les bibelots, ni le reste.
La littérature est un fleuve.
La jeunesse montre l'homme comme le matin montre le jour.
Chaque grand poète intègre le monde d'une façon qui n'est qu'à lui.
Les plaisirs de la jeunesse reproduits par la mémoire sont des ruines vues au flambeau.
Mais ce que j'aime en vous surtout, c'est que vous n'êtes pas seulement un professeur, qui se grise à expliquer les choses mais vous les montrez, vous les faites voir, et pour cela vous devenez poète et visionnaire.
On naît tous avec un certain fonds de folie à dépenser ; heureux qui le dépense en détail dans sa jeunesse !
Il est vital pour le poète de lever des échos, et de le savoir. Nul mieux que lui ne s'accorde aux solitudes ; mais aussi, nul n'a plus besoin que sa terre soit visitée.
Dis-moi quelle jeunesse tu as et je te dirai quel pays tu seras.
Le fou, l'amant et le poète sont d'imagination toute compacte.
Il est rare que les hommes politiques pensent autrement que le peuple. Premièrement ils y ont leurs racines, ils sont politiquement et intellectuellement marqués des mêmes préjugés. Deuxièmement, le peuple se compose d'électeurs.
Leur mariage avait été un poème bizarre et mélancolique. Dès le lendemain de la mort de son protecteur, Clotilde était retombée dans la misère.
Un écrivain, un poète en particulier, est quelqu'un qui travaille toute sa vie à faire de soi un être sans défense.
Vouloir expliquer un poème est aussi vain que d'espérer découvrir le secret du temps en démontant une horloge.
La jeunesse veut l'espace ; la vieillesse, le temps.
Je veux passer ma vie à lire des poèmes en attendant que le grand Poète me cueille.
Les soupçons ne sont autre chose que des rides ; la première jeunesse n'en a pas.
Un poète est un monde enfermé dans un homme.
Ce n'est pas si désagréable de vieillir si l'on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c'est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
La littérature mène à tout pourvu qu'on ne s'en serve pas.
Le secret du voyage est dans l'attente et nulle part ailleurs.
L'homme ne peut pas plus séparer la vieillesse de l'avarice qu'il ne peut chasser l'amour d'un corps jeune et vigoureux.
Je fais partie de ceux qui ne connaissent jamais la direction de leur voyage avant d'être presque arrivés.
La jeunesse est ainsi, elle établit ses propres limites sans demander si le corps supporte.
Le poète m'aide à faire le lien entre cette douleur qui me déchire et le subtil sourire de mon père.
Le poète en mélancolie Pleure de n'être plus enfant.
Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve.
Que peut faire un poète sans souffrance ? il a autant besoin d'elle que d'une machine à écrire.