La mémoire est un livre qui ne se ferme jamais.
La radio marque les minutes de la vie ; le journal, les heures ; le livre les jours.
Le babil du texte, c'est seulement cette écume de langage qui se forme sous l'effet d'un simple besoin d'écriture
Le langage des philosophes est un langage déjà déformé comme des chaussures trop étroites.
Le livre d'un grand homme est un compromis entre le lecteur et lui.
Le vrai héros est celui qui livre bataille avec l'esprit ouvert et sans partialité et qui pourtant mène une vie de paix et de liberté.
Jamais, en effet, un livre plus indigent par la forme autant que par le fond, plus scélératement bête, plus menteur, ne menaça une société aussi salope d'un plus effroyable danger ; et jamais, à coup sûr, un aussi terrifiant holocauste d'âmes ne fut ordonné par un Hérode plus goujat et chétif.
Je garde en mémoire ces instants qui ont marqué ma vie Et me la font apprécier doublement depuis.
Le plaisir d'un texte, le ravissement d'une interprétation ne sont pas liés au prix du livre ou de la chaine hi-fi.
Terminer un livre c'est comme traîner un gamin dans l'arrière-cour pour lui tirer dessus.
C'est le langage qui a besoin d'être simple et les opinions un peu compliquées.
Le vent pleurait les oiseaux de passage,Berçant les mers sur ses ailes de sel,Je prends l'étoile avec un beau nuage,Quand la page blanche a bu tout le ciel.
Mon père restait silencieux même dans ces moments où il fallait s'exclamer et rire. Comme dans les rues de la promenade, comme au jardin, son regard semblait détourné du lieu proche, cherchant ailleurs.Son destin, une enveloppe restée vide. Cette vie, une page blanche.
Tout être émet un climat, une humeur générale qui est sa longueur d'onde. Elle le suit pas à pas, quoi qu'il fasse, et s'inscrit dans la mémoire comme la synthèse de son passage.
Le langage est le seuil du silence que je puis franchir. Il est l'épreuve de l'infini.
Sous le couvert d'un langage qu'on prend soin d'épurer de manière qu'il n'y soit plus nommé directement, le sexe est pris en charge, et comme traqué, par un discours qui prétend ne lui laisser ni obscurité ni répit.
La nuit je ferme les yeux et je laisse commencer la vraie vie.
La mémoire est toujours déjà imagination.
Au fil du temps, les blessures de la mémoire cicatrisent et s'estompent. L'oubli est un muscle qu'il faut entretenir.
Les arcanes de notre mémoire sont comme d'immenses souterrains où la lumière de l'esprit ne pénètre jamais mieux que lorsqu'elle a cessé de briller au-dehors.
Est-il encore permis, au pays de Voltaire, d'énoncer que le Coran, tout comme l'Ancien Testament, et sans doute un peu plus que l'Ancien Testament, est un livre chargé d'abominations ? Non. Telle est la confusion mentale dans laquelle nous baignons.
Le langage est l'équivalent pour la bouche vide du rêve pour les yeux fermés.
Il y a des visions qui se sont gravées dans ma mémoire et beaucoup a été oublié, mais la méfiance est restée inscrite dans mon corps, et aujourd'hui encore je m'arrête tous les quelques pas pour écouter.
La gentillesse est le langage que les sourds peuvent entendre et que les aveugles peuvent voir.
Tenir le langage est, pour le gouvernement, nécessité.
Plus un livre est gros, et plus il pèse dans les mains, mais il n'en est pas meilleur.
Peser de tout son poids sur le mot le plus faible pour qu'il s'ouvre et livre son ciel.
La mémoire est un geste en soi.
Ainsi dans le noir, dans le gris, avec parfois de brillantes, de brèves éclaircies, j'enfile les semaines, les mois, je tourne les pages du livre du temps et de l'oubli.
C'est le devoir de mémoire qui nous parle du passé.
Le bon vieux temps : tout ce que la mémoire range dans ses débarras en gommant le médiocre pour ne retenir que le meilleur.