Je veux être l'arbre, si tu es la fleur ; la fleur si tu es la rosée; la rosée, si tu es le rayon de soleil, pour qu'à jamais tous deux nous soyons unis. Si tu es, jeune fille, le royaume des cieux, je veux être alors une brillante étoile, et si tu deviens demain l'enfer, je veux être damné, pourvu que nous soyons unis.
Cette puissante déclaration du poète hongrois Sandor Petőfi exprime un désir absolu et inconditionnel d'union éternelle avec l'être aimé. À travers une série de métaphores basées sur des éléments naturels et des concepts spirituels extrêmes, l'auteur affirme qu'il est prêt à adopter n'importe quel rôle – même le plus humble, le plus éphémère, ou le plus redouté – pourvu qu'il reste indissociablement lié à sa bien-aimée. C'est l'affirmation d'un amour qui transcende la nature, le destin, et même la distinction entre le paradis et l'enfer.
Bien que les termes soient extrêmes, le message peut être appliqué à la vie quotidienne comme un rappel de l'engagement profond dans une relation :
La morale principale de la citation est que le véritable amour est une force unificatrice et inconditionnelle. Il exige une dévotion totale et un engagement à partager la destinée de l'être aimé, quelles que soient les épreuves. En fin de compte, l'union des deux êtres est la seule chose qui compte. L'amour est le seul "royaume des cieux" qui vaille la peine d'être recherché.
Cette pensée se rapproche du concept romantique du Grand Amour ou de l'Âme Sœur, où deux personnes sont destinées à ne faire qu'un. Elle fait écho aux idées de poètes romantiques qui voyaient l'amour comme une force cosmique capable de briser les barrières terrestres et spirituelles. On peut aussi y voir un lien avec la philosophie existentialiste dans la mesure où l'amour devient le choix existentiel suprême, qui prime même sur le salut personnel.
Cette citation est un extrait du poème célèbre de Sandor Petőfi intitulé Je veux être (titre original hongrois : Szeretnék lenni), publié en 1847. C'est l'une des pièces les plus connues de la poésie amoureuse hongroise.
L'auteur est Sandor Petőfi (1823-1849), un poète et révolutionnaire hongrois. Il est considéré comme l'un des plus grands poètes romantiques de la Hongrie. Il est une figure emblématique du mouvement national et révolutionnaire de 1848, célèbre pour ses poèmes lyriques et ses chants patriotiques.
La citation s'inscrit dans la période du Romantisme (première moitié du XIXe siècle), un mouvement artistique et intellectuel caractérisé par la primauté de l'émotion, de l'individu, de l'imagination et de la passion. En Hongrie, cette période est également marquée par un fort sentiment nationaliste et une soif de liberté, culminant avec la Révolution de 1848. Bien que ce poème soit lyrique et amoureux, il est empreint de l'esprit d'absolu et de dévouement total caractéristique de l'époque, un dévouement que Petőfi appliquait aussi bien à sa nation qu'à son amour personnel (sa femme, Júlia Szendrey, étant la muse de nombreux poèmes).