La grâce de ton moindre geste est toujours nouvelle pour moi. Il me semble que je passerais les nuits à respirer ton souffle; je voudrais me glisser dans tous les actes de ta vie, être la substance même de tes pensées; je voudrais être toi-même. Mettre mon coeur à nu, te dire toute l'ardeur de mes rêves, te dévoiler la chaude ambition de mes sens enflammés par l'attente du bonheur, et réveillés par toi, par toi si douce de formes, si attrayante en tes manières ! Chérie aimée, je t'aime.
Cette citation de Balzac est une déclaration d'amour passionnée et d'admiration totale. Elle exprime un désir profond de fusionner avec l'être aimé, de s'intégrer complètement à sa vie, à ses pensées et à son être même. Le narrateur est captivé par la grâce, la beauté, et l'attrait de la personne aimée, voyant en elle la source d'un bonheur ardent et longuement espéré.
L'amour véritable est une admiration constante pour l'être aimé, qui se renouvelle à chaque instant. Il est caractérisé par une passion ardente et un désir sincère de fusion, mais il doit aussi trouver un équilibre entre cette aspiration à l'union totale et le respect de l'individualité de chacun. C'est un hymne à la beauté physique et spirituelle comme source du bonheur.
Cette citation fait écho à des thèmes chers à la littérature romantique, notamment la notion d'âme sœur et le désir de l'union mystique avec l'autre, que l'on retrouve chez des auteurs comme Victor Hugo ou George Sand. Elle peut aussi être rapprochée de la pensée platonicienne de l'amour, où la beauté de l'être aimé est un reflet du Beau absolu et une étape vers l'élévation spirituelle. La fusion passionnelle rappelle également les mythes de l'Androgyne (Platon) ou de Tristan et Iseut.
Bien que cette citation soit très souvent attribuée à Honoré de Balzac et soit largement diffusée, il est important de noter qu'elle est difficile à identifier avec certitude dans l'une de ses œuvres majeures (romans, nouvelles, pièces de théâtre). Il est possible qu'elle provienne d'une correspondance personnelle ou qu'elle soit une adaptation ou un extrait d'une œuvre moins connue ou apocryphe (dont l'authenticité est douteuse) circulant sous son nom. Elle est typique de l'emphase romantique.
L'auteur est Honoré de Balzac (1799-1850), l'un des plus grands romanciers français. Balzac est le père de La Comédie humaine, une œuvre monumentale qui dépeint de manière réaliste et exhaustive la société française de son temps (notamment sous la Restauration et la Monarchie de Juillet). Bien que principalement associé au mouvement réaliste, il n'en reste pas moins un écrivain chez qui la passion, l'ambition et les sentiments exacerbés occupent une place centrale.
Cette citation s'inscrit dans le mouvement romantique qui domine le début du XIXe siècle en France. Cette période valorise l'exaltation des sentiments, la puissance de la passion individuelle, l'expression du moi et le culte de l'idéal, en réaction au rationalisme du siècle des Lumières. L'amour est alors perçu comme une force destructrice et magnifique, un moteur de la vie et un sujet central de l'art, ce qui explique le langage intense et démesuré de cette déclaration.
Tout est combat, lutte : seul mérite l'amour et la vie celui qui quotidiennement doit les conquérir.