Après cinquante ans, l'homme ne doit user que très sobrement du coït et certains auteurs affirment que chaque rapport sexuel est une pelletée de terre qu'on se jette sur la tête.
Si l'animal est reconnaissant, comment l'homme ne le serait-il pas ?
Dans sa grande ambition, à cause de son goût du pouvoir et de la domination, l'homme ne cesse de lutter pour regagner ce que l'homme ne cesse de lui ôter.
L'homme ne peut rien faire en bien ou en mal qu'en s'associant. Il n'y a pas d'armure plus solide contre l'oppression ni d'outils plus merveilleux pour les grandes oeuvres.
L'homme ne cherche que des prétextes à vivre, c'est-à-dire à dresser une image de son orgueil.
Quand l'homme ne pense pas à faire du mal au tigre, le tigre pense à faire du mal à l'homme.
Devant le trône du Tout-Puissant, l'homme ne sera pas jugé sur ses actes mais sur ses intentions. Car Dieu seul lit dans nos coeurs.
L'homme ne peut pas plus séparer la vieillesse de l'avarice qu'il ne peut chasser l'amour d'un corps jeune et vigoureux.
L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
L'homme ne demande à sa femme d'être intelligente que lorsqu'elle ne l'est pas. Quand elle l'est, il en prend une autre.
L'homme ne pardonne pas à la femme aimée d'être le témoin de sa défaite. C'est le premier pas de l'amour vers la haine...
L'homme ne cesse pas d'être un enfant même à l'âge adulte et il a besoin de la certitude que la compagne choisie ne lui réserve pas seulement l'amour d'une épouse, mais aussi un peu de cet amour maternel que toute femme porte en elle.
L'homme ne peut jamais savoir ce qu'il faut vouloir car il n'a qu'une vie et il ne peut la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures.
L'homme ne sait rien de l'homme ; presque rien du monde qu'il habite et de l'univers qui l'entoure ; moins que rien de sa provenance et de sa destination.
L'homme ne doit pas mépriser l'homme.
En déchiffrant les secrets de la nature, l'homme ne prouve nullement que Dieu n'existe pas, il cesse d'éprouver le besoin de Dieu.
L'homme ne devient homme que dans la poursuite de sa voie la plus haute.
L'homme ne peut pas être heureux, parce qu'il ne sait pas être simple.
L'homme ne peut se dire libre si sa liberté s'appuie sur l'oppression d'autrui.
L'homme ne peut pas vivre sans feu, et l'on ne fait pas de feu sans brûler quelque chose.
Les femmes se forgent à elles-mêmes les chaînes dont l'homme ne souhaite pas les charger.
L'homme ne peut agir que parce qu'il peut ignorer. Mais il ne voudrait agir qu'en connaissance de cause.
L'homme ne grandit pas quand la nation décline.
L'homme ne s'avise jamais de se mesurer à son cercueil, qui seul néanmoins le mesure au juste.
L'homme ne survit que dans ce qu'il crée, par une oeuvre, les objets façonnés, ses écrits, ses enseignements.
L'homme ne vit pas seulement de pain.
L'homme né pour la liberté, sentant qu'on cherche à l'asservir, aime souvent mieux se faire corsaire que de devenir esclave.
L'homme ne saurait apercevoir l'ordre qui règne dans la création, sans éprouver quelque chose de la joie d'un fils qui retrouverait la trace de son père.
Le temps est notre supplice. L'homme ne cherche qu'à y échapper, c'est-à-dire échapper au passé et à l'avenir en s'enfonçant dans le présent, ou se fabriquer un passé ou un avenir à sa guise.
L'homme ne rit plus dès qu'il se sait chose comique.
L'homme ne doute de sa liberté que parce qu'il ignore l'étendue immense du pouvoir de l'amour.
Les gens ne se guérissent jamais de l'illusion qu'ils se forgent du bonheur d'autrui. L'homme ne se trouve-t-il pas toujours seul à souffrir ?
L'homme ne s'explique, logiquement, qu'immortel. La vie n'a de sens que si elle s'annexe l'éternité.
Si l'homme ne s'inquiète pas de ce qui est loin, le malheur est nécessairement près de lui.
Mais l'homme ne crée pas... il découvre.
L'homme ne sait pas ce qu'il veut, mais il sait très bien qu'il ne veut pas ce qu'il a.
L'homme ne se construit qu'en poursuivant ce qui le dépasse.
Sans doute l'homme ne mérite-t-il d'être intégralement ni un objet d'amour ni un objet de haine pour l'homme. Bien connaître quelqu'un, c'est l'avoir tour à tour aimé et haï. Aimer et haïr, ce n'est qu'éprouver avec passion l'être d'un être.
La vie de l'homme ne dure pas cent ans, mais il porte dans son intérieur le malheur de mille ans.
Dans les choses l'homme ne peut que se perdre et se disperser.
La vie de l'homme ne dure pas même soixante-dix ans ; que le temps soit beau ou mauvais, les heures ne se ressemblent pas.
Dieu est à la fois l'objet du regard et le mystère du non-regard. En vérité pourtant, ni le regard de l'homme ne l'atteint, ni son non-regard, ni son agir, ni son cesser d'agir. Dieu est l'Au-delà.
L'homme ne croit pas en Dieu : il craint en Dieu.
La réalité, elle serait très bonne et très simple, si l'homme ne s'était pas mis en tête de vouloir expliquer ce qu'elle est.
L'essence de l'homme ne serait-elle pas d'être un être qui peut témoigner ?
Quelle misérable chose que l'homme ! Ne pas pouvoir seulement sauter par sa fenêtre sans se casser les jambes ! Être obligé de jouer du violon à dix ans pour devenir un musicien passable ! Apprendre pour faire une omelette !
Les actes de Dieu qui paraissent injustes à l'homme sont probablement ceux qui sont les plus justes. L'homme ne peut comprendre la justice parce qu'il est lui-même trop peu capable de justice.
Il n'y a pas de péché sur la Terre pourvu que Dieu ne pardonne à celui qui se repent sincèrement. L'homme ne peut pas commettre de péché capable d'épuiser l'amour infini de Dieu.
Aucun effort ne peut aboutir si la divinité en a décidé autrement mais l'inverse n'est pas vrai : aucune victoire ne peut être obtenue, quand les dieux lui sont favorables. Si l'homme ne va pas, le tout premier, au-devant de leurs désirs.
Il n'y a pas une seule culture au monde où il soit permis de tout faire. ET on sait bien depuis longtemps que l'homme ne commence pas avec la liberté mais avec la limite et la ligne de l'infranchissable.