Le plus grand des affronts est celui qu'on reçoit lorsque ce qu'on a avancé est connu publiquement pour faux.
Un révolutionnaire est celui qui désire mettre au rancart l'ordre social existant, afin d'en essayer un autre.
Le provocateur est celui qui parvient à nous faire changer d'avis sur nos certitudes, nos sensations, notre vie.
Un chercheur est celui qui risque sa vérité et qui se casse la figure.
Un gentleman est celui qui ne fait jamais de mal aux sentiments de qui que ce soit.
Le vrai gourmet est celui qui se délecte d'une tartine de beurre comme d'un homard grillé.
Le plus libre de tous les hommes est celui qui peut être libre dans l'esclavage même.
Un amour idéal, c'est celui qui est mené par la poste.
Le critique est celui qui peut transposer d'une autre manière ou traduire en éléments nouveaux, son impression de la beauté.
A la limite, le seul écologiste irréprochable est celui qui met tout en oeuvre pour mourir sans laisser la moindre trace de son passage sur Terre.
Un incurable, c'est celui qui s'entête à revoir son médecin.
Le borné c'est celui qui voit de l'importance en ce qui n'en a pas.
Le véritable amour est celui qui embrasse toutes les créatures sans se limiter.
Qu'est-ce qu'un amant ? C'est celui qui s'attache aux femmes qui se détachent.
Dieu, c'est celui qui vient à nous, tous les jours, sans réserve. C'est l'avenir véritable en plein milieu de notre vie présente. C'est l'infini de notre fini. Il est présent au coeur des choses, au coeur des vivants. C'est le coeur du coeur.
Un grand auteur est celui dont on entend et reconnaît la voix dès qu'on ouvre l'un de ses livres. Il a réussi à fondre la parole et l'écriture.
L'homme libre est celui qui ne craint pas d'aller jusqu'au bout de sa raison.
Le plus doux de tous les sons est celui de la voix de la femme que nous aimons.
Il y a dans la vie du vagabond un besoin essentiel qui vient immédiatement après la faim, c'est celui des chaussures.
Votre véritable ami est celui qui ne vous passe rien et qui vous pardonne tout.
Le libéral est celui qui quitte la pièce quand la bataille commence.
Le bâton au milieu est celui qui est le plus tordu.
L'imbécile est celui qui ne sait se servir, qui n'a pas l'idée de se servir, de ce qu'il possède. Tout le monde en est là.
L'homme "sain" n'est pas tant celui qui a éliminé de lui-même les contradictions : c'est celui qui les utilise et les entraîne dans son travail.
Dans la guerre moderne, le vainqueur est celui qui consent à jeter l'argent par les fenêtres.
Le voyage le plus long est celui qui nous amène au-dedans de nous.
Un homme heureux est celui dont le bonheur est écrit là-haut ; et par conséquent celui dont le malheur est écrit là-haut, est un homme malheureux.
Le plus acceptable des systèmes est celui de n'en avoir par principe aucun.
L'habile homme est celui qui fait un grand usage de ce qu'il sait ; le capable peut, et l'habile exécute.
Un bon acteur, c'est celui qui a beaucoup vécu.
L'horizon qui cerne cette plaine, c'est celui qui cerne toute vie; il donne une place d'honneur à notre soif d'infini, en même temps qu'il nous rappelle nos limites.
Heureux est celui qui n'a jamais connu le goût de la renommée ; l'avoir, c'est le purgatoire ; le désirer, c'est l'enfer.
Le pessimiste est celui qui, entre deux maux, choisit les deux.
Le cri d'un peuple libre est celui de la gloire.
Plus malheureux que tous est celui qui n'aime plus et ne peut oublier qu'il a aimé.
Le plus riche est celui qui a le moins de désirs.
Tiens ferme et défends-toi comme un homme de coeur ! Le danger le plus grand est celui de la peur.
La société est un mur. L'idéaliste, c'est celui qui cherche à y percer des fenêtres.
Un bon mariage est celui où chacun des époux a la chance de pouvoir tolérer l'intolérable de l'autre.
Le vrai politique, c'est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions.
De tous les impôts, le vol est celui que les civilisés payent le plus douloureusement, mais le plus consciemment.
Voyez-vous, Pasquier, il n'y a pas de bon régime politique. Tous ont leurs vices et leurs inconvénients. Le meilleur, à mon sens, ou plutôt le moins mauvais, c'est celui qui gêne le moins l'individu, celui qui laisse l'individu libre d'exercer avec fruit ses vertus cardinales.
Un phénomène historique existe sur deux plans. Le premier est celui des réalités. L'autre celui des représentations ou l'imaginaire.
Le seul uniforme supportable est celui du bain de vapeur.
Le mari parfait est celui que toutes les amies de sa femme lui envient, sans parvenir à le lui enlever.
Le beau geste, c'est celui qui est si absolument juste, si précis, si parfait, qu'on le croit facile, oubliant la somme de pratique, de connaissance et d'intuition dont il est le signe.
Un bon compromis est celui où tout le monde apporte sa contribution.
Le vrai pauvre, le grand déshérité, c'est celui que personne n'écoute.
Le fou est celui qui perd son chemin sans pouvoir le retrouver.
Le parfait mari est celui qui fait à sa femme le sort promis à sa fiancée.